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Chronique d’Hugues Not, « Sarkozy 1er le rassembleur »

Publicité Lorsqu’il était en campagne électorale, le futur président de la République française avait dit qu’il ferait appel aux compétences pour reconstruire le pays. Il ne voulait plus se laisser guider par les seules amitiés ni par les obligations habituelles qui consistent à placer les membres de son parti…
Hugues Not

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Lorsqu’il était en campagne électorale, le futur président de la République française avait dit qu’il ferait appel aux compétences pour reconstruire le pays. Il ne voulait plus se laisser guider par les seules amitiés ni par les obligations habituelles qui consistent à placer les membres de son parti aux postes les plus importants.
Tout en veillant à la formation du gouvernement de son Premier ministre, il n’a cessé de parler de l’ouverture nécessaire. Il a martelé que l’idée de la France à redresser n’était pas affaire d’un groupe politique, mais de toutes personnes faisant passer le sens de l’État avant des promotions personnelles et idéologiques. Il a ainsi introduit dans son gouvernement des personnes issues de l’opposition. Puis il a œuvré pour mettre en place, dans des commissions et instances nationales ou internationales, des personnes qu’il piochait dans le camp de ses adversaires.
–CREDIT–
Pour certains, il y a là manœuvre politique qui consiste à neutraliser les ennemis potentiels en les flattant et en les incorporant dans son sérail. Ainsi, les éléments les plus dangereux, dans l’opposition, deviennent des partenaires muselés dans la majorité.
Pour d’autres, une telle procédure prouve que l’on peut mettre ensemble des personnes réellement de bonne volonté, capables de s’unir pour mettre en place un programme difficile mais indispensable, au nom de la République, pour elle et seulement pour elle. Ceux qui refusent un tel programme sont alors désignés comme des franc-tireurs et des opportunistes, utilisant les ressorts de leur mouvement pour atteindre des places honorifiques.
Chacun aura donc des arguments pour construire ou pour démolir, pour encenser ou pour critiquer. Car les Français sont les champions du monde dans les bleus qu’ils assènent toujours autour d’eux.
Quoiqu’il en soit, il semble bien que l’état de grâce présidentielle qui a frappé Nicolas Sarkozy s’installe dans une ambiance de séduction tous azimuts, avec des effets évidents. On présente désormais le locataire de l’Élysée comme un être qui plaît absolument ou qui déplaît absolument. Tel un phénomène charismatique, voire œcuménique!
Un rassembleur ? Voilà aussi ce dont aurait besoin l’Église de Jésus-Christ, laquelle s’épuise dans une mosaïque de plus en plus inspirée et de moins en moins cohérente ? Tous les chrétiens parlent de la belle et noble Église Universelle, tout en refusant à une multitude de frères d’en faire partie ; tout en la découpant en microcosmes religieux ; tout en claironnant une séparation nécessaire au nom d’une sainte doctrine dont plus personne ne connaît grand-chose.
Imaginons qu’un rassembleur, même inspiré, plaçant le message de Jésus-Christ au-dessus des étiquettes ecclésiales et des croisades personnelles, vienne à proclamer le besoin impérieux de reconstruire l’Église, trouverait-il grâce aux yeux des spécialistes de la louange et de la critique ? Rien n’est moins sûr ! Certains parleraient de manœuvre, d’autres de mégalomanie, d’autres d’attitude arrogante?! Il est vrai aussi que si l’idée d’un rassembleur est séduisante, elle n’est pas assez protestante pour paraître chrétienne !
Hugues Not

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Novembre 2007

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