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Les esclaves du 21e siècle en Europe: une situation d’urgence

Les esclaves du 21e siècle en Europe: une situation d’urgence
 
20.05.19 - L’esclavage moderne est souvent assimilé à la prostitution forcée mais il concerne aussi d’autres secteurs. Les migrants sont particulièrement vulnérables. Quel rôle pour les chrétiens? Dossier.
Quarante millions de personnes ont subi une situation d’esclavage moderne dans le monde en 2016, selon les chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT). La traite des êtres humains représente un véritable marché mondial à hauteur de trente-deux milliards de dollars, selon l’ONU. En Europe et en Asie centrale (Turquie et pays d’ex-URSS) ces victimes de l’esclavage seraient plus de 3,5 millions d’après l’index global de l’esclavage 2018 de la fondation australienne Walk Free. En France, ces victimes seraient 129 000 et 14 000 en Suisse. Ces chiffres cachent pourtant des réalités très diverses. Se pose alors la question de la définition: de quoi parle-t-on exactement?

Pas seulement la prostitution
La Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée signée à Palerme en 2000 définit la traite de personnes comme le fait de «recruter, transporter, transférer, héberger ou accueillir une personne en ayant recours à la force, à la contrainte, à la tromperie ou à d’autres moyens, en vue de l’exploiter». Cela comprend l’exploitation de la prostitution d’autrui, le travail ou les services forcés, l’esclavage, la servitude et le prélèvement d’organes. Cela inclut aussi les mariages forcés.
Si, en Europe occidentale, la prostitution est la forme de traite des êtres humains la plus répandue et la plus connue du grand public, elle n’est pas la seule.
«Le travail forcé ou indigne est principalement présent dans les secteurs de la construction, de l’agriculture, de la pêche, de l’industrie - textile en particulier - et du travail domestique», indique Aziz Ahammout, directeur opérationnel au sein de l’ONG Ressources Humaines Sans Frontières (RHSF). Basée à Toulouse, celle-ci agit pour identifier les causes et les conséquences qui mènent au travail forcé. Elle intervient avec ses partenaires, associations, syndicats, Etats et entreprises, pour lutter contre toute forme de travaux forcés, notamment dans la sous-traitance afin que «chacun puisse vivre dignement ici et là-bas».

Les réfugiés pris pour cible
Le travail forcé - hors exploitation sexuelle - a augmenté en Europe ces dernières années. Aziz Ahammout voit cela comme une conséquence de la crise migratoire du Moyen-Orient et d’Afrique, et l’arrivée de personnes vulnérables. «Beaucoup de migrants se trouvent en situation irrégulière.
(...)
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