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Wycliffe France fête son cinquantenaire et se réinvente

© DR
Wycliffe France, filiale de l’organisme international de traduction biblique depuis cinquante ans, fait peau neuve. Stewart Johnson, son nouveau directeur, partage avec énergie et passion sa nouvelle vision. Rencontre.
John Bainbridge

Presque tout est nouveau chez l’association de traduction de la Bible Wycliffe France (WF) qui a passé le cap des cinquante ans en fin d’année 2021: directeur, équipe, définition de la vision, site internet, etc. Surtout, on constate un nouvel accent sur la collaboration avec les Eglises françaises pour avancer vers la vision d’«un monde où chaque homme, femme et enfant peut apprendre à connaître Jésus parce qu’il a une Bible dans la langue qui parle à son cœur», souligne Stewart Johnson, son nouveau directeur (avec son épouse Jo sur la photo). D’origine anglaise, ce dernier ne cesse d’insister sur une nouvelle particularité de la mission, celle de ne plus simplement chercher à intéresser ou à recruter, mais à développer de véritables relations à double-sens pour «aider les Eglises françaises à saisir le privilège offert par Dieu de participer à la Mission».

A l’origine de sa passion

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Stewart Johnson prône ainsi la réintégration des Eglises dans l’œuvre missionnaire dont la traduction biblique fait partie intégrante et souhaite ne plus se laisser guider par les «pratiques d’antan» qui séparaient Eglises et mission. Il note d’ailleurs un changement d’attitude et de motivation de ces Eglises françaises et un besoin de redéfinir comment fonctionner ensemble.
Ayant grandi dans une cité HLM de Nottingham en Angleterre, Stewart Johnson a découvert un amour pour les langues et les cultures lors de son premier cours de français à l’école. Simultanément, «un attachement à la parole de Dieu s’est créé», témoigne-t-il. Ainsi, lors des crises de la vie les plus sévères, il ne s’est pas tourné vers les addictions mais vers les textes de la Bible. De son expérience est née la déduction logique suivante: «Si la Bible a été suffisamment bonne pour moi, pourquoi ne suffirait-elle pas pour chaque personne du monde?»

La pointe de l’iceberg

Quelques années plus tard, son amour pour la Bible et sa passion pour les peuples ont pu se concilier quand un représentant de Wycliffe a fini par lui proposer un travail. Déjà responsable de la section de langues modernes dans un collège, il ne pensait pas changer de travail mais plutôt à s’investir dans du bénévolat. Mais il s’est donc réorienté. Un changement de cap qui lui a permis de rencontrer des personnes extraordinaires, qui le marquent par une humilité bouleversante. Stewart Johnson apprécie aussi que toute personne puisse trouver sa place au sein de Wycliffe pour exercer une fonction utile et spécifique à ses compétences.
Après avoir œuvré en Afrique francophone puis comme directeur de coordination avec les Eglises au sein de Wycliffe Angleterre, Stewart Johnson est donc devenu directeur de la mission. Comme la vie de son nouveau directeur, l’organisation évolue donc avec des repères stables et la traduction de la Bible demeure son but premier. Mais comment cette mission se manifeste-t-elle? L’image la plus parlante pour Stewart Johnson est celle de l’iceberg: «On ne voit qu’une petite partie, ce qui est visible par-dessus l’eau: les textes traduits. En dessous on y retrouve toute l’énormité du travail dans sa réalité: linguistique, littérature, partenariat avec les Eglises, utilisation de la Bible traduite, recherches, vérifications, supports techniques et travail interdisciplinaire.
Si on rappelle que le langage est intime à chaque culture et que les personnes locales doivent sentir que Dieu parle leur langue, qu’il comprend leurs cœurs, et qu’il a des solutions pour elles, on commence à percevoir toute l’attention nécessaire à articuler tous les éléments de cet iceberg dont maintenant les Eglises françaises font pleinement partie», décrit le directeur de la mission.

Si travailler seul ou sans les Eglises ne fait ni accélérer ni ralentir la traduction (un Nouveau Testament peut toujours prendre dix ans et un Ancien Testament, trente ans), travailler ensemble en traduction biblique est pour Stewart Johnson plus qu’un simple vœu pieux. «Il faut prévenir ensemble contre tout manque de compréhensibilité, de cohérence et surtout de représenter un Dieu qui n’est pas des leurs.» «Wycliffe France se joint avant tout à la mission de Dieu», rappelle Stewart Johnson. Il ajoute que sa mission aide les Eglises à être des membres participant à part entière à la mission de Dieu. Autre nouveauté depuis 2019: la mission n’envoie plus les personnes: ce sont les Eglises qui envoient. Wycliffe France souhaite permettre aux Eglises de prendre conscience de groupes linguistiques non-atteints et d’être impliquées dans cette mission. 

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Février 2022

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