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Timothée Paton radié par WEC France pour abus sur mineur

Figure connue de l’évangélisme francophone, Timothée Paton a été radié par WEC France après la révélation d’abus sexuel sur mineur. L’affaire a été signalée à la justice.
Vue aérienne de Phnom Penh, où Timothée Paton a travaillé durant quatorze ans.
Eva Berlinson – Wikimedia / Vue aérienne de Phnom Penh, où Timothée Paton a travaillé durant quatorze ans.

Timothée Paton, missionnaire modèle de l’évangélisme francophone, orateur vibrant de Bouge ta France ou de Ze Rencontre, auteur, chroniqueur et évangéliste a été radié de son organisme missionnaire, WEC France, pour «faute grave à l’encontre de la politique de protection des enfants et adultes vulnérables de WEC International».

Une «faute grave» au regard de la politique de protection des mineurs

Le CNEF (Conseil national des évangéliques de France) a informé ses membres de la décision de l’organisation missionnaire le 20 octobre. Une communication faite «dans le respect de l’engagement à lutter contre les abus sexuels dans les Eglises et les œuvres protestantes évangéliques voté par les membres du CNEF». «En conséquence, WEC France informe qu’elle n’est plus en situation de recommander [le] ministère» de Timothée Paton.

Un an auparavant, fin octobre 2024, la direction de WEC France a reçu un témoignage accablant contre l’évangéliste Timothée Paton, membre de son agence missionnaire, l’accusant d’actes de nature sexuelle sur un mineur. Ce dernier avait en effet exercé comme missionnaire à Phnom Penh (Cambodge) pendant quatorze ans avant un burn-out en 2013. Jusqu’en 2010, il était membre de la WEC.

Puis, selon la biographie de son site internet personnel, Timothée Paton a passé sept ans entre l’Asie et l’Europe, comme missionnaire et évangéliste, notamment en lien avec une Eglise internationale de Phnom Penh. De retour en France en 2022, il a de nouveau rejoint la WEC via sa branche locale. L’organisme missionnaire précise par ailleurs que les faits allégués se sont produits alors que Timothée Paton n’était pas missionnaire de cette organisation. «Si elle en avait eu connaissance préalablement, WEC France aurait refusé l’autorisation d’adhésion.»

Des faits survenus hors du cadre formel de WEC France

Selon une de nos sources (non membre de WEC France) qui désire rester anonyme, c’est au cours de cette période de sept ans qu’auraient eu lieu «des actes de nature sexuelle sur mineur» (la victime présumée étant adolescente au moment des faits). Une réunion de crise a eu lieu à l’automne 2024 avec des responsables de la WEC pour confronter le missionnaire aux accusations et statuer sur son sort. Ce dernier a reconnu les faits, sans toutefois accepter de répondre s’il était impliqué dans d’autres cas similaires. La radiation de la WEC a été formalisée fin novembre 2024.

Deux fois, dans le cadre de formations internes de prévention des violences sexuelles, Timothée Paton a signé un document attestant qu’il n’avait pas commis d’abus sur mineurs et personnes vulnérables. D’après nos informations, conformément à l’obligation légale de dénonciation aux autorités de faits préoccupants, WEC France a saisi le procureur en octobre 2025 pour signaler les faits ou allégations dont elle a eu connaissance. La victime présumée, mineure au moment des faits présumés, ne souhaite pas porter plainte à ce jour. Si elle change d’avis, elle dispose de trente ans à partir de sa majorité pour le faire.

WEC France n’a pas connaissance d’autres victimes potentielles et n’a pas commenté les différentes allégations sur un comportement inapproprié (envoi de photos intimes non sollicitées, etc.) de l’ancien missionnaire. Contacté à plusieurs reprises par la rédaction pour recueillir sa version des faits, Timothée Paton n’a pas répondu à nos sollicitations.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Décembre 2025

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