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Partir en mission… en bas de son immeuble

«A des moments donnés, l’Eglise a eu des difficultés à définir le rapport entre l’évangélisation et l’œuvre sociale dans le monde. L’engagement à proclamer l’Evangile a parfois été réduit aux campagnes d’évangélisation sans un souci concomitant pour les pauvres, les sans-abris et les laissés-pour-compte», résumaient ainsi Margunn Serigstad Dahle, Lars Dahle and Knud Jorgensen dans l’ouvrage The Lausanne Movement (éd. Regnum Books), paru en 2014.
David Métreau

«L’Eglise a reconnu le témoignage vibrant de Billy Graham et de Mère Teresa, par exemple, mais n’a pas toujours su comment les deux témoins étaient liés l’un à l’autre. Certains évangéliques voient l’œuvre sociale comme un pont pour l’évangélisation. D’autres la conceptualisent comme étant la conséquence naturelle de l’évangélisation. Cependant, d’autres essayent de voir les deux comme des partenaires complémentaires», poursuivaient les trois auteurs.

Cette tension entre évangélisation et action sociale subsiste et l’équilibre n’est pas simple à trouver. Combien d’œuvres, dans un souci de crédibilité, de professionnalisme et pour toucher davantage de bénéficiaires en se trouvant des financements auprès de fonds publics ou de fondations, ont fini par nuancer ou mettre au second plan leur nature chrétienne? A l’inverse, des grands rassemblements insistent sur la foi personnelle et le salut individuel tout en omettant qu’une partie considérable du ministère de Jésus était de guérir les malades, partager son pain avec des gens de la rue (pas forcément désargentés): prostituées, collecteurs d’impôts.

Dans une ère où l’engagement est désacralisé, une autre tension demeure: celle entre engagement missionnaire au loin, dans des pays étrangers, dans des cultures et langues différentes et engagement local en Eglise, au près. Comme si les deux réalités étaient dissociables, comme si les appels étaient concurrents et qu’il s’agissait de mettre l’accent sur l’un plutôt que sur l’autre. Et pourquoi pas les deux mon général?

Cependant, la crise du covid a changé la donne. Les difficultés pour voyager et parfois pour aller au-delà d’un périmètre kilométrique imposé ont mis en lumière des réalités sociales difficiles en bas de son immeuble ou devant la gare de sa localité. Et si la mission était aussi au coin de sa propre rue? C’est le sens de ce dossier qui met en lumière cette mission auprès des personnes de la rue. L’individualisme, l’exode rural et la modernité ont érodé la dimension «lieu de sociabilité» de la rue. Pour certains c’est leur habitat, leur lieu d’errance ou de travail. Et si nous, chrétiens, réinvestissions la rue et l’enchantions tout à nouveau avec un sourire, une parole apaisante, une prière, un don, du temps?

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Septembre 2022

Dossier: La mission au coin de la rue
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