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Les évangéliques, tous créationnistes?

© Alliance Presse
La question du créationnisme est revenue sur le devant de la scène à propos de son enseignement dans certaines écoles. Mais au fait, c’est quoi, le créationnisme?
Sandrine Roulet

«Il faut intervenir dans les écoles qui enseignent le créationnisme». C’est ainsi que le conseiller national PDC Jacques Neyrinck réagissait sur La Télé à la polémique sur le supposé enseignement du créationnisme dans certaines écoles (voir encadré).

Prendre en compte l’évolution?
Mais en marge de ce débat, une question se pose: les évangéliques sont-ils tous créationnistes? «Dans un sens absolu, oui, car ils croient que Dieu a créé les cieux et la terre, indépendamment de la manière par lequel il aurait procédé», répond Robin Reeve, professeur de théologie systématique à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs. Mais il précise qu’on appelle souvent à tort créationnistes uniquement «les partisans de la géologie diluvienne ou terre jeune, un modèle en conflit avec les thèses majoritaires de la science».
Car ces créationnistes-là croient que le monde a été créé en six jours littéraux et que la terre a moins de dix mille ans. Une option minoritaire parmi les évangéliques et a fortiori chez les scientifiques évangéliques. Sur son site, le Réseau des Scientifiques Evangéliques (RSE) affirme vouloir prendre en compte «le sérieux et l’honnêteté de milliers de biologistes adoptant l’évolution comme explication de la diversité des êtres vivants» et juge nécessaire de ne pas «éviter les interrogations que l’évolution suscite dans une perspective chrétienne». En même temps, le RSE refuse le terrorisme intellectuel que font régner les idéologues évolutionnistes: «Un travail scientifique honnête doit aussi reconnaître les limites de l’évolution et des questions qui restent (encore ou pour toujours) ouvertes.»
Se positionner selon la foi
Entre ces deux approches, Robin Reeve distingue différentes interprétations du récit de Genèse 1. Les tenants d’un créationnisme terre-ancienne acceptent l’idée d’une création sur une longue période mais récusent l’évolution des espèces selon la loi du hasard et de la nécessité. Les concordistes sont partisans d’une évolution guidée par Dieu et jugent que l’ordre d’apparition de la vie selon la Genèse correspond à celui décrit par la science. Enfin, la théorie du cadre (hypothèse littéraire), soutenue entre autres par Henri Blocher, considère que Genèse 1 est avant tout théologique: non-chronologique, le texte a été agencé de manière poétique et symbolique. «Ce qui n’enlève rien à l’historicité de la création et de la chute, ni à l’idée que la nature humaine ait la qualité spécifique d’image de Dieu», précise Robin Reeve.
L’enjeu, selon le théologien, est de savoir si l’on se positionne sur le plan scientifique ou sur celui de la foi. «L’opposition ne se situe pas entre création et évolution, mais plutôt entre création et athéisme ou encore entre création immédiate ou longue». Pour lui, un chrétien n’est pas contraint par la Bible de croire à une création en six jours de 24 heures. Il peut accepter l’idée d’une évolution dirigée. Et celui qui accorde de l’importance à l’évolution n’est pas forcément athée.
Sandrine Roulet

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – mars 2014


Ecoles inspectées

Les trois écoles chrétiennes vaudoises seront inspectées par le Canton. Tout est parti d’un article de la journaliste Laurence Villoz dans Protestinfo. Elle y affirmait que «la particularité de ces écoles est l’enseignement des thèses créationnistes comme véridique, dans leur programme». Cet article a suscité un tollé dans les médias, qui ont par ailleurs assailli les directeurs des écoles. Le député Martial de Montmollin a déposé une interpellation au Grand Conseil vaudois pour savoir si les écoles privées pouvaient enseigner des thèses «non-scientifiques».
Directeur d’Instruire.ch, association fédérant les écoles chrétiennes romandes, Eric Tendon assure que les écoles chrétiennes suivent les obligations légales des cantons. Les directeurs de l’école Timothée et Léman International Académy confirment ne pas enseigner le créationnisme.

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