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L’élan contre la drogue s’est-il complètement essouflé?

© Istockphoto
Alors que la drogue continue de ravager des vies dans un monde prompt à l’anxiété et à la perte de sens, les Eglises se mobilisent auprès des laissés-pour-compte. Cet engagement social et missionnaire, cet amour partagé, cet Evangile proposé aux prisonniers de la drogue, est vital. Il libère, change des vies. Cependant, il semble que cette mission soit moins visible chez les chrétiens. Quelques initiatives ailleurs permettent de s’inspirer et de se mobiliser. Dossier
David Métreau

Il s’agit de l’autre crise sanitaire que les chrétiens ne devraient pas ignorer. Celle-ci n’a rien de nouveau mais divers éléments lui donnent une actualité préoccupante: la consommation de drogue. En dix ans, le nombre de dépendants aux stupéfiants dans le monde a augmenté de 25%, selon le dernier rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, soit plus que la croissance démographique.

Sur le vieux continent, le port belge d’Anvers est devenu une plaque tournante du trafic de cocaïne, autrefois prisée dans les milieux mondains et de la nuit et qui s’est largement démocratisée ces dernières années. Rien que dans cette ville, le trafic de cocaïne est estimé à plus de cinquante milliards d’euros par an ou l’équivalent de 10% du PIB de la Belgique. En Europe, ses ventes ont doublé en dix ans.

La cocaïne n’est pas la seule drogue à faire des ravages. Si le crack n’est pas non plus une nouveauté, «l’ampleur de sa diffusion (…) est inédite», rapporte le quotidien romand 24heures. Cette substance est désormais vendue dans la rue prête à l’emploi par les dealers qui la fabriquent. Dans le nord-est de Paris, comme à Genève, Lausanne ou même Yverdon, où un marché du crack émerge. De nouvelles drogues de synthèse se développent et se présentent sous la forme de liquides qui se vapotent dans une cigarette électronique, comme le Buddha blues, très justement appelé aussi PTC pour «Pète Ton Crâne». Trois lycéens ont été hospitalisés en Ile-de-France au début du mois de février après avoir consommé ce cannabis de synthèse.

Face à cette réalité, les familles et même les autorités sont souvent dépassées et il semble lointain, le temps où les Eglises s’emparaient de ce sujet pour sensibiliser, écouter, témoigner ou accompagner. Et quand c’était possible, guérir. Certes des ministères spécialisés existent toujours et des communautés locales sont toujours engagées face à ce fléau qu’est la drogue, mais de manière générale, l’élan pour rejoindre ces addicts plus ou moins marginaux semble s’être essoufflé.

Pourtant il y a de la place pour eux dans l’Eglise. Une place à part, spéciale, celle qu’ils n’ont nulle part ailleurs. Mais oserons-nous être dérangés dans notre confort? Les deux exemples ailleurs dans le monde cités en fin de dossier le montrent: ces anciens drogués une fois touchés et transformés par Jésus peuvent devenir des piliers de leurs Eglises et apporter le zèle qui manque trop souvent.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Mars 2023

Dossier: Drogue: les Eglises ont de quoi faire
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