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Laissé pour mort…

Un silence pesant s’abattit sur la foule. Peu à peu, les gens refluèrent, honteux, prenant conscience du drame qui venait de se jouer et dont ils avaient été les acteurs. Quelques pierres jaillirent encore. Lancées sans conviction, presque au hasard, elles n’atteignirent pas leur but. La forme allongée sur le…
Pierre-Yves Zwahlen

Un silence pesant s’abattit sur la foule. Peu à peu, les gens refluèrent, honteux, prenant conscience du drame qui venait de se jouer et dont ils avaient été les acteurs. Quelques pierres jaillirent encore. Lancées sans conviction, presque au hasard, elles n’atteignirent pas leur but. La forme allongée sur le sol ne bougeait plus. Tout autour, des traces sanglantes maculaient la poussière, des pierres rougies parsemaient le lieu, formant un dessin tragique qui racontait l’agonie de celui qui gisait là.À l’écart, presque caché derrière le pan de mur d’une des dernière maisons de la ville, un groupe d’hommes et de femmes se serrait peureusement. Ils regardaient, sans oser s’approcher, le corps désarticulé du supplicié immobile.
– Il est mort ! Ils l’ont tué !
– Lapidé comme un chien, voilà ce qu’ils ont fait ! Et nous, nous n’avons su que nous cacher, fuir, l’abandonner!
– Que voulais-tu faire ? Cela t’aurait avancé à quoi de te faire lyncher avec lui ?
– Tout de même, on aurait dû essayer de le sauver !
– Regardez ! Il a bougé, il est encore vivant !
–CREDIT–
Oubliant la peur qui les paralysait quelques instants plus tôt, ils se précipitèrent vers le corps de leur ami, bousculant
au passage les derniers badauds qui s’attardaient encore. Ils se penchèrent sur la masse sanglante, écartèrent précautionneusement les débris de tissu, révélant peu à peu le corps martyrisé de leur ami. Il n’était que plaies, blessures d’où le sang s’écoulait librement. Un râle profond
s’échappa des lèvres éclatées. Le visage du supplicié n’était plus qu’une masse informe, déchirée, tuméfiée. Il entrouvrit cependant les yeux, fixant sur ses amis un regard étonnamment clair et serein.
– Où est Barnabas ?, demanda-t-il dans un souffle. Nous devons partir pour Derbe et porter l’Évangile à ceux qui nous attendent !
– Mais Paul, s’exclama un de ses amis, tu n’y penses pas, tu es mourant, gravement blessé ! Tu dois te soigner !
– Je me soignerai en route. Ma vie, ma joie, c’est de porter la Bonne Nouvelle du salut ! Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile !Épuisé par l’effort, l’apôtre perdit connaissance. Autour de lui, les disciples s’activaient, nettoyant les plaies, pansant les blessures, préparant une civière pour porter le serviteur de Dieu vers une nouvelle étape de sa mission au service de son Maître.

Pierre-Yves Zwahlen

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Décembre 2008

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