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Chronique d’Hugues Not

À Grégory
Hugues Not

On lui apporta un dépliant publicitaire de la chaîne de librairies Cultura et on lui montra, plein d’indignation, le slogan: «Pas besoin d’être croyant pour aider son prochain». Alors, Jésus leur parla en
parabole.
«Il y avait un jeune homme habité de la rage de vivre. Il fut révélé sur TF1 par sa victoire éclatante à la Star’Ac 4. Il chantait avec une telle force, une telle qualité, capable de surfer sur quatre octaves, que personne ne pouvait imaginer, en l’écoutant, qu’il était frappé d’une maladie incurable des poumons. Or, il n’avait que deux ans lorsque ses parents découvrait qu’il était atteint de la mucoviscidose. Cependant, ils décidèrent d’élever leur petit comme n’importe quel enfant normal. De fait, Grégory se joua de la maladie toute sa jeunesse, faisant fi d’elle pour démontrer qu’on pouvait vivre avec, presque normalement. Il devint champion de France de rock acrobatique. Puis, adolescent, il découvrit le plaisir de chanter.
À vingt ans, il participa aux sélections pour une émission de variétés. C’est ainsi que Grégory devint, en quelques mois, une véritable star. Or, dans ce genre de jeu, les étoiles sont, la plupart du temps, très filantes. Grégory, lui, devint un phénomène, bouleversant tous ceux qui l’écoutaient et donnant à tous des leçons de courage, de persévérance et d’opiniâtreté dans les difficultés.
Mais la maladie ne dormait pas; elle poursuivait son œuvre destructrice. Le jeune chanteur devait subir le supplice avant et après la scène, endurant des soins astreignants et douloureux. Peu en étaient conscients alors que Grégory se montrait transcendé par la scène, exalté par le public et stimulé par la musique. Hélas, épuisé, il est mort brusquement à vingt-trois ans, alors qu’il avait sans doute atteint ses rêves les plus fous.
Dans un vaste hommage rendu par la France entière, un appel fut lancé en son nom afin de trouver des finances pour la recherche contre la mucoviscidose. En l’espace d’une soirée et d’un programme de télévision, plus de sept millions et demi d’euros furent collectés. Grégory gagnait encore une bataille, à titre posthume.
Il avait toute sa vie voulu vaincre la fatalité et désirait montrer qu’il fallait oser rêver pour surmonter, voire supplanter les épreuves. Son désir de vivre a fait de lui un être fort, généreux, à l’écoute des souffrances d’autrui.»
Puis Jésus regarda ceux qui avaient apporté le dépliant publicitaire et ajouta: «Alors, faut-il être croyant pour aider son prochain?»
Hugues Not

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Juin 2007

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