Thérapies de conversion: réformés et catholiques suisses montent au front
Le Conseil de l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS) et la Conférence des évêques suisses (CES) ont publié le 26 mai des prises de position convergentes sur les «mesures de conversion» (ou «thérapies de conversion»), alors que leur interdiction est débattue au Parlement fédéral et dans plusieurs cantons, rapporte Idea Schweiz. Les deux instances rejettent ces pratiques, définies comme une tentative de modifier ou de refouler l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne. Elles demandent l’interdiction de proposer, promouvoir ou servir d’intermédiaire pour de telles démarches.
La CES souligne toutefois la nécessité d’un cadre juridique précis. Elle estime qu’une interdiction doit reposer sur une définition claire des pratiques visées, sans criminaliser l’accompagnement spirituel, le conseil ou la psychothérapie, tout en garantissant l’accès à l’aide et aux recours.
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Pour l’EERS, ces pratiques peuvent provoquer de graves conséquences, relevant de l’abus spirituel lorsque l’homosexualité ou l’identité transgenre est dévalorisée. Les Eglises réformées affirment devoir offrir aux personnes en questionnement un accompagnement respectueux de leur dignité, fidèle à l’Evangile et conscient des limites du pouvoir ecclésial.
Une position différente des évangéliques
Cette position diffère de celle adoptée en 2022 par le Réseau évangélique suisse allemand (SEA). Tout en prenant ses distances avec ces pratiques, celui-ci s’était opposé à une interdiction, craignant qu’elle ne jette le soupçon sur certains accompagnements librement sollicités. La fédération Freikirchen.ch s’était quant à elle dite ouverte en 2025 à une interdiction, à condition qu’elle repose sur des définitions juridiquement claires et n’entraîne pas de suspicion généralisée.
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