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«Une reconnaissance pour les handicapés qui remplissent un service»

«Une reconnaissance pour les handicapés qui remplissent un service»
 
23.09.19 - La Flamande Thérèse Swinters (photo en médaillon) a été distinguée par l’Alliance évangélique européenne pour son travail auprès des personnes en situation de handicap. Pour elle, il reste des efforts à fournir de la part des Eglises. Entretien.

Supplément: Eglises et handicap
En tant qu’animatrice du Réseau européen des personnes handicapées, vous avez reçu en juin dernier le prix HOPE 2019 de l’Alliance évangélique européenne. Que représente cette récompense?
Je connaissais ce prix, remis chaque année, j’ai été très surprise de le recevoir. Les mots agréables qui l’accompagnaient («pour votre gentillesse envers les personnes en pleine possession de leurs moyens») m’ont profondément frappée.
J’ai toujours eu l’impression – et je pense que c’est le cas de beaucoup d’autres personnes handicapées – d’être un obstacle et un fardeau. C’était donc une bénédiction personnelle, mais plus encore: cette récompense a rendu hommage à l’ensemble du travail du Réseau européen des personnes handicapées et à tous nos partenaires – non seulement ceux qui ont à cœur notre travail, mais aussi ceux qui vivent avec toutes sortes de handicaps et tentent de réaliser quelque chose dans le Royaume de Dieu.

Quel regard souhaiteriez-vous que l'on porte sur les personnes en situation de handicap?
L’attitude envers les personnes handicapées est très souvent enracinée dans la pitié et la prévenance, or cela peut nous enfermer dans un aspect, le handicap, qui ne constitue qu’une partie de notre personnalité.
Comme les personnes et groupes de personnes sont aussi divers que les citoyens d'un pays, cette diversité se retrouvera dans les groupes de personnes handicapées et donc dans les Eglises.
On distingue cinq différents groupes: les personnes handicapées physiques – Je suis moi-même née avec un spina bifida, je ne peux pas marcher plus de 80 mètres – celles qui ont une déficience intellectuelle ou de l’apprentissage; les personnes sourdes ou malentendantes; les personnes aveugles ou malvoyantes.
Il y a aussi les personnes qui ont des difficultés psychologiques.
J'aime ajouter un sixième groupe: les enfants, parents, frères et sœurs d’une famille où un membre est handicapé. Dans ce groupe, nous oublions très souvent d’autres soignants ayant des besoins spécifiques.

Les Eglises sont-elles suffisamment accueillantes envers toutes ces personnes?
Pour répondre très simplement : cela ne suffira jamais – sauf si les personnes non-handicapées acceptent davantage certaines des difficultés dans leur propre vie.
Mon idée est que les personnes handicapées se plaignent très souvent sans considérer que, dans d’autres parties du monde, les situations sont beaucoup plus difficiles. Le handicap est une chose, ne reconnaître aucun type de difficultés en est une autre. Nous n’avons pas le droit de fermer les yeux et de rester muets. Parlons!

En Eglise, on pense d'abord aux aménagements pratiques, rampes et ascenseurs, boucles magnétiques et autres endroits réservés. Quelle est la partie immergée de l’iceberg?
De telles mesures sont très importantes et simples à repérer mais souvent coûteuses à fournir.
(...)
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