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La difficile mise en boîte des protestants d’aujourd’hui

La difficile mise en boîte des protestants d’aujourd’hui
 
22.01.18 - Protestants, évangéliques, réformés, baptistes ou encore pentecôtistes, les étiquettes ne manquent pas pour classer les communautés selon divers critères. Ne serait-il pas temps d’intégrer un vocabulaire plus actuel pour désigner nos Eglises?
Une contribution de l’historien Sébastien Fath.
Combien? Chaque nouvelle année invite aux mises à jour des statistiques. Le monde protestant n’échappe pas à la règle. Deux débats reviennent souvent, dans la francophonie et au-delà: Premièrement, faut-il compter tous les évangéliques parmi les protestants? Deuxièmement, doit-on comptabiliser les courants pentecôtistes et charismatiques parmi les évangéliques?
Derrière ces questions d’étiquetage se tiennent des enjeux de légitimité et de visibilité dans l’espace public. Pour une Eglise locale, l’impact n’est pas le même si elle passe pour «protestante», pour «évangélique» ou pour «pentecôtiste». Comment s’y retrouver?

La Bible au centre
La première interrogation trouve assez vite sa réponse. Le protestantisme est un christianisme décentralisé, dont l’identité s’organise non pas autour d’une institution, mais autour de la transmission communautaire d’un enseignement biblique christocentré.
Le Sola Scriptura remplace l’institution comme pivot du système.
Sur la base de cette définition, l’identification protestante des évangéliques ne fait pas de doute. Les dernières enquêtes IFOP et IPSOS nous rappellent, en France, que les protestants évangéliques lisent bien davantage la Bible que les autres. On peut, certes, contester à certains groupes la référence protestante, au motif que la Bible serait davantage un «texte-prétexte» qu’une référence centrale. Mais à ce compte-là, de nombreuses communautés réformées et luthériennes passeraient aussi à la trappe!

Séparation claire
La seconde question est plus délicate. Les évangéliques de type piétiste-orthodoxe mettent l’accent sur la «saine doctrine» et l’orthopraxie. En dépit de relations qui s’améliorent, ils ne font pas toujours bon ménage avec les héritiers du pentecôtisme, qui placent au centre le rôle miraculeux du Saint-Esprit. D’autant plus que le charismatisme «Troisième vague» ou le néopentecôtisme, paraissent, pour certains, donner dans la surenchère.
Pourquoi ne pas proposer une comptabilisation séparée? Le découpage suivant semble satisfaisant: d’un côté, un pôle protestant de luthériens, réformés, anglicans et évangéliques et de l’autre, un pôle spirito-centré avec charismatiques et pentecôtistes. Dans cette hypothèse, chaque ensemble représenterait entre 400 et 450 millions de croyants, pour un total compris entre 800 et 900 millions de chrétiens.

Des passerelles plutôt que des murs
Bien que séduisante, cette option n’est pas vraiment convaincante. Car ce qui rapproche reste plus important que ce qui sépare.
(...)
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Illustration/Photo: © iStockphoto
 

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