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Faut-il protéger l'appellation «évangélique»?

Faut-il protéger l'appellation «évangélique»?
 
24.03.14 - A partir de quand fait-on (ou ne fait-on plus) partie des évangéliques? Suffit-il de se réclamer du mouvement évangélique pour en être ou faudrait-il établir une «Appellation d’origine contrôlée»?
Cet article d'enquête fait partie de notre dossier consacré à l'identité évangélique.
Chaque semaine, de nouvelles Eglises évangéliques voient le jour en Europe. On ne peut empêcher personne de lancer une Eglise dite «évangélique». L’appellation n’est en effet pas protégée. La conséquence, c’est une très grande diversité théologique et culturelle, qui n’est un secret pour personne. Demandez à un pasteur évangélique conservateur ce qu’il pense des responsables ou Eglises charismatiques les plus bouillonnants! Ou l’inverse... La reconnaissance mutuelle n’est de loin pas toujours de mise.
Faudrait-il donc une régulation pour annihiler cette difficulté à définir et à lire les contours du mouvement évangélique? C’est en tout cas l’avis du sociologue Philippe Gonzalez, dans son récent ouvrage polémique Que ton règne vienne.
A sa suite, d’autres aspirent à la création d’une sorte d’AOC, comme pour les bons fromages. Le théologien baptiste Henri Blocher fait partie de ceux-là: «L’utilité en serait avérée, mais le projet est simplement irréaliste.»

Quelle identité commune?
Poser la question d’une AOC, c’est s’interroger sur les «caractéristiques» constitutives du label évangélique. Concrètement, existe-t-il un socle d’identité commun qui permette de dessiner les contours du protestantisme évangélique et de définir qui pourrait bénéficier du label? Non, car, comme le rappelle régulièrement l’historien Sébastien Fath, le terme «évangélique» ne se rapporte à aucune Eglise particulière, écrit-il: «On peut être presbytérien et évangélique, ou presbytérien mais pas évangélique. Même chose pour le méthodisme, le baptisme et de multiples courants protestants. Les évangéliques se retrouvent dans de nombreuses Eglises, dénominations, mouvements, sectes. Ce qui compte pour eux, ce n’est pas l’étiquette confessionnelle, mais d’être convertis et “engagés pour Jésus”.»
On en revient donc aux quatre critères constitutifs de l’identité évangélique, proposés par l’historien David Bebbington. Il définit le protestantisme évangélique par le biblicisme (référence incontournable de la Bible), le crucicentrisme (rôle salvateur de la croix du Christ pour l’humanité), la conversion, l’engagement militant (changement de vie suscité par «la nouvelle naissance»).
(...)
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Dérives possibles

Parmi les dérives évoquées le plus souvent, on trouve le culte de la personnalité du pasteur de l’Eglise, un autoritarisme trop marqué de ce dernier, une prise de contrôle sur la vie du fidèle, une pression financière démesurée et l’enseignement de l’Evangile de la prospérité. Autre signal d’alarme, l’isolement de l’Eglise par rapport aux autres communautés chrétiennes, notamment par la critique systématique des autres Eglises.
 

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