L'article

Chrétien, blanc et raciste, la noirceur des suprémacistes

Chrétien, blanc et raciste, la noirceur des suprémacistes
 
18.09.17 - Les suprémacistes blancs clament la défense de leur identité occidentale «chrétienne». Un enracinement controversé. Le point.

Photo: Le 12 août dernier, un jeune militant d’extrême droite a foncé avec sa voiture dans un groupe de contre-manifestants d’un rassemblement suprémaciste d’envergure à Charlottesville. Une femme est morte sur place et une vingtaine de personnes ont été blessées.
Voiture bélier à Charlottesville, manifestations suprémacistes, destructions des statues des confédérés: force est de constater que la question raciale aux Etats-Unis ne semble de loin pas réglée.

Selon le politologue Stéphane François, «l’extrême droite américaine s’est même considérablement radicalisée depuis l’élection de Barack Obama». Les chiffres que donne ce chercheur du CNRS font froid dans le dos: «En 2008, on dénombrait environ 250 mouvements d’extrême droite aux Etats-Unis, en 2012, plus de 1300, soit une augmentation de 750% depuis l’élection de Barack Obama!»
Les années 2000 ont également été marquées par le retour des théoriciens de la supériorité de la race blanche, tels que Jared Taylor, Richard B. Spencer (à l’origine de l’expression «La droite alternative») ou encore l’ancien conseiller de Donald Trump Stephen Bannon, limogé à la fin du mois d’août.


Deux tendances
Ce qui frappe, au-delà de la continuation de ces idées racistes, est le fait que de nombreux suprémacistes blancs se définissent également par leur identité chrétienne.
Suite à une tuerie ayant eu lieu au même endroit en 2015, Stéphane François avait déclaré: «Il y a deux tendances radicales d’extrême-droite aux Etats-Unis. La première, c’est la tendance néo-nazie, plutôt “aryanisante” et païenne, qui comprend les skinheads. La seconde, c’est celle des suprémacistes blancs, nés de confessions protestantes, soit un racisme sur une toile de fond chrétienne.»

Blanc et chrétien
«Les suprémacistes blancs sont les héritiers de plusieurs traditions spirituelles qui se sont sédimentées au fil du temps», explique l’historien Frank Labarbe.
Ce dernier, spécialiste des protestantismes évangéliques, situe leur émergence «au revivalisme américain des 17e et 18e siècles»: «Le suprémacisme américain propose, dans son radicalisme, l’instauration d’une société chrétienne utopique.» Dès lors, l’identité américaine s’affirme (et se rêve) blanche et chrétienne.

Un appui biblique bancal
«Dans le contexte américain, beaucoup ont cherché à justifier le suprémacisme blanc par des argument prétendument théologiques», atteste le pasteur Matthieu Sanders, licencié de Sciences Po. «De façon plus nette encore, la question “identitaire” pèse, car les chrétiens conservateurs se sentent souvent menacés par une société cosmopolite et sécularisée. Dans leur réaction contre l’évolution de la société, certains chrétiens en viennent malheureusement à défendre un “ordre ancien” qui était notamment marqué par le racisme.
(...)
Lire la suite Commander ce numéro S'abonner

Alliance Presse est un groupe de presse indépendant, spécialisé dans la presse chrétienne.

Pour accomplir sa mission d'information de façon professionnelle, Alliance Presse dépend de la générosité de celles et ceux qui apprécient ses magazines et ses sites internet.

Je manifeste mon soutien à Alliance Presse en ajoutant un don de
    
 
Une faute d'orthographe, une erreur ou un abus dans les réactions: signalez-le à la rédaction.


Pas de réactions pour l'instant: soyez le premier à réagir sur cette page.

Saisir votre réaction

Se connecter/S'inscrire pour réagir
 
Crédits
Illustration/Photo: NBC News
 

x