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Un coup d’œil dans la vie de ceux qui étudient Dieu

© GettyImages
A quoi ressemblent les formations bibliques au-delà de leurs sites internet et de leurs curriculums? Coup de projecteur sur la vie de neuf étudiants en théologie.
Maude Burkhalter

Raoul, Institut biblique de Nogent

Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier la théologie?
Un profond désir de servir encore mieux dans l’Eglise. J’étais actif dans des œuvres mais je voulais irrésistiblement m’engager davantage. Comme poussé par Dieu, à l’image du prophète Esaïe, j’ai répondu en quelque sorte: «Me voici, envoie-moi.»

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Quel est votre plus grand défi dans ces études?
L’âge… j’étais le doyen de ma promotion mais je pense que je m’en suis plutôt bien sorti, grâce à Dieu. Même si au départ, cela a demandé de vrais efforts physiques et intellectuels dont mes camarades plus jeunes n’ont pas forcément eu besoin.

Qu’est-ce qui encourage votre foi dans vos études?
Premièrement, Dieu apporte toujours son appui à celui qui s’engage. J’ai perçu concrètement l’œuvre de Dieu dans ma vie:  l’engagement dans les études de théologie constitue un acte de foi, que ce soit pour l’étudiant comme pour sa famille. Deuxièmement, la vie en communion avec des frères et sœurs de différentes dénominations d’Eglises mais aussi de différentes origines et arrière-plans permet de visualiser concrètement l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants.

Comment envisagez-vous l’avenir?
Actuellement en fin de cursus, je termine ma troisième année académique en filière pastorale. Je souhaite poursuivre ma formation par un stage pastoral d’une année auprès d’un berger qui a la charge d’une Eglise. L’objectif est de pouvoir servir et nourrir les brebis vers lesquelles Dieu m’enverra.

Audrey, Institut biblique de Genève

Pourquoi avoir choisi d’étudier la théologie?
Je me suis rendu compte que malgré des années passées dans l’Eglise, il y a beaucoup de choses que j’ignorais sur Dieu et cela m’a un peu frustrée. Je sentais que pour approfondir ma foi il fallait que j’aille plus loin, que je connaisse mieux Dieu. J’avais toujours pensé que ce serait bien de se former, mais une fois en poste fixe et les années passant, je pensais que c’était trop tard. Parallèlement à cela, j’ai commencé la formation de counseling biblique avec l’Institut, pour pouvoir accompagner des personnes dans leur marche avec Dieu et pour obtenir le certificat il faut une partie de cours de théologie.

Quel est le plus grand défi de vos études?
La reprise des cours. Cela fait plus de vingt ans que je n’ai pas été à l’école et que je ne suis pas restée assise, à apprendre des choses, à faire des devoirs… Mais Dieu donne les forces et les ressources à celui qu’il appelle.

Pouvez-vous citer quelques éléments qui ont encouragé votre foi dans le cadre de vos études?
J’ai été encouragée par l’histoire de l’Eglise, qui avance malgré des hommes faillibles. Si Dieu n’était pas aux commandes, elle n’aurait pas survécu au fil des siècles. J’ai également été touchée par le survol de l’Ancien Testament que nous avons eu en début d’année; les trésors de patience dont fait preuve notre Dieu pour son peuple sont sans égal. Il avait un plan qu’il a réalisé en utilisant des hommes faillibles comme nous, même si chaque homme intervenant dans son plan aurait pu y mettre fin par leurs manquements. Dieu réalise son plan malgré nous, c’est encore vrai aujourd’hui et cela m’encourage beaucoup. J’ai également été encouragée par le cours sur l’herméneutique et le fait qu’en passant plusieurs heures sur un passage, on continue à apprendre quelque chose.

Quels sont vos plans pour le futur?
Beaucoup de questions se posent sur l’avenir mais il me semble que je ne pourrai pas revenir dans ma vie comme avant. Tout d’abord parce que ma relation avec Dieu a évolué, mais également parce qu’il me semble que ce que nous avons appris, il est bon de le vivre et de le transmettre. Cette année a changé ma relation avec Dieu mais également mon caractère.

Jonathan, HET-PRO

Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier la théologie?
Une expérience très concrète de Dieu doublée d’un tempérament intellectuel et d’une tendance à vouloir aller au fond des choses.

Qu’est-ce qui vous défie le plus dans ces études?
Je pense que ce qui défie le plus est de ne pas oublier que tout travail théologique devrait être soutenu par une vie de prière. On peut parfois être débordé par le travail et faire simplement «ses devoirs» ce qui, selon moi, n’a plus vraiment d’intérêt.

Vos études ont-elles encouragé votre foi? Si oui, dans quelle mesure?
L’histoire de l’Eglise me rappelle la fragilité de l’homme et la grandeur d’un Dieu qui sait faire avec les circonstances. Cela m’aide à me situer dans une perspective plus large que ma vie ou mon époque et à porter mon regard plus loin vers l’avenir. Je suis également particulièrement investi dans l’étude du grec. Le travail sur le texte original, loin de me faire percer de «grands secrets», me conduit à mesurer la distance temporelle et culturelle qui me sépare de lui. Approcher le texte en langue originale me rappelle que ce que je lis n’est pas un dû mais un «donné» et me conduit à une plus grande humilité dans mon étude.

Avez-vous des plans pour l’avenir?
Après de sérieux doutes en fin de première année, je suis désormais convaincu que ces études contribuent à une future vocation. Je ne sais cependant pas comment cela se concrétisera. Comme beaucoup de mes camarades, j’ai du mal à me projeter dans un ministère tels que ceux que je côtoie. Je me projette plus dans des domaines: enseignement, accompagnement, écriture… et je compte sur Dieu pour me tracer un chemin et me donner l’audace de frapper aux bonnes portes!

Estelle, JEM Mexique, Thaïlande et Cambodge

Que retenez-vous de votre école de disciples?
Je retiens que Dieu gardera toujours mon départ et mon arrivée, que rien n’arrive par hasard et qu’il peut toujours transformer mon cœur pour m’apprendre de nouvelles choses. J’ai également découvert une manière d’aimer qui dépasse toute forme d’amour. A travers ce voyage, Dieu a aussi brisé mon cœur pour les personnes qui ne le connaissent pas encore.

Quels ont été les défis de cette formation?
Ce n’était pas facile de ne pas toujours avoir ma liberté, car l’école avait une structure avec des règles très précises. Il m’était aussi difficile de ne pas tout savoir et ne pas pouvoir être au contrôle. J’ai dû apprendre à lâcher prise en faisant confiance à Dieu et à mes responsables. J’ai aussi dû choisir le pardon lorsque des tensions se créaient dans les relations.

Qu’est-ce qui vous a motivée à faire cette formation?
Ma formation professionnelle était très exigeante et j’avais besoin d’un but pour tenir le coup. De me dire qu’un jour, j’allais pouvoir partir pour servir Dieu, c’était ma plus grande joie. J’ai décidé de vivre ce temps car Dieu avait déjà tellement touché mon cœur que je voulais le partager autour de moi.

Maintenant que vous êtes de retour, comment envisagez-vous l’avenir?
Je souhaite mettre de l’argent de côté tout en restant à l’écoute de ce que Dieu veut pour moi et pour les personnes qui m’entourent. Je sais que le temps et mon avenir sont entre ses mains.

Nicolas, Institut biblique de Genève

Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier la théologie? 
Ayant grandi au sein d’une famille chrétienne, j’ai toujours observé mes parents servir avec un grand engagement dans l’Eglise. Ainsi, j’ai intégré l’idée que s’engager et servir Dieu ainsi que ses frères et sœurs était une démarche normale. Au fond de moi a toujours résidé l’idée que je me formerais un jour davantage pour le servir dans un ministère à plein temps. Des années plus tard, j’ai pris conscience que pour mieux servir Dieu, il était nécessaire de le connaître davantage ainsi que sa Parole. Cela permettrait une meilleure conduite et accompagnement des personnes que je guidais. De plus, certains de mes amis ainsi que mon pasteur m’ont encouragé et incité à réfléchir à un ministère pastoral. Avec mon épouse, nous avons alors décidé de prendre une année sabbatique de l’éducation nationale pour méditer sur cette question tout en continuant à servir Dieu dans la mission. Nous sommes donc partis une année en Angleterre avec OM. Là-bas, en échangeant avec nos mentors, nous avons été convaincus que notre vocation était pour l’Eglise en France et que nous avions besoin de nous former et d’approfondir nos connaissances bibliques. Nous avons donc opté pour l’IBG, qui correspondait parfaitement à nos attentes de formation, alliant étude théologique et mise en pratique de la foi.

Quel est votre plus grand défi dans vos études?
La capacité à intégrer la connaissance dans ma vie spirituelle quotidienne. Il est crucial de consacrer du temps à la méditation personnelle, à la prière et à la communion avec Dieu en dehors des cours. Ces moments de culte personnel permettent de renforcer notre relation avec Dieu, de laisser la Bible prendre racine dans notre cœur et de nous transformer.

Quels éléments ont encouragé votre foi dans le cadre de vos études?
L’étude de thèmes comme le salut, la mission, la présence de Dieu dans le grand plan divin et tout au long de la Bible est très intéressante et a permis de vraiment prendre conscience que le plan de Dieu est parfait, cohérent depuis la Création jusqu’au retour de Christ. De même, les cours sur les livres de l’Ancien Testament m’ont beaucoup encouragé, en montrant comment Dieu ne change pas et reste fidèle envers son peuple. Enfin, la formation en counseling biblique a également été intéressante; nous avons eu l’occasion de travailler en traitant une problématique réelle de nos vies à la lumière de la Bible.

Comment envisagez-vous l’avenir?
L’année prochaine, je vise à poursuivre avec un stage pour approfondir ma compréhension du ministère pastoral sous la tutelle d’un formateur compétent. Mon objectif est aussi, si telle est la volonté divine, de consolider mon appel dans ce domaine. Je ressens désormais une meilleure préparation en ce qui concerne la théologie pratique, ce qui me permettra d’accompagner et de mettre en pratique le discipulat de manière plus efficace. De plus, mes connaissances des livres bibliques se sont approfondies, ce qui renforce ma capacité à les enseigner. Parallèlement, ma foi personnelle s’est enracinée davantage, me procurant une plus grande assurance en Dieu pour l’avenir; mais je reste conscient que j’ai encore beaucoup à apprendre et que le ministère pastoral n’est pas un ministère facile.

Stacy, Institut biblique de Nogent

Qu’est-ce qui vous a poussée à étudier la théologie?
En 2022, je suis allée à Evangile 21, organisé à l’Institut biblique de Genève, et j’y ai suivi tous les enseignements tirés du livre de l’Exode. J’en suis sortie vraiment encouragée et stimulée. J’étais émerveillée de voir tout ce que l’on pouvait tirer de la Parole! J’avais conscience jusque-là d’être limitée dans ma lecture personnelle de la Bible et peu disciplinée. Je pense que participer à un tel évènement a été décisif car ça a fait naître en moi l’envie de vivre au quotidien ce que je venais de vivre en l’espace de quatre jours: des moments forts, tant avec Dieu qu’avec d’autres chrétiens. L’été suivant, j’ai participé au CFB (Cycle de Formation Biblique) au Centre de Jeunes à Saint-Lunaire. J’ai pu y suivre des cours de théologie sur une semaine, et ça renforcé mon envie d’en savoir plus. J’avais vraiment soif de plus; j’avais soif d’un quotidien centré sur Dieu. Je suis rentrée de ce camp déterminée à me former en théologie, à creuser la Bible, à cultiver ma relation avec Dieu, à vraiment le prioriser dans tous les aspects de ma vie. Un an plus tard, je faisais ma rentrée à l’Institut Biblique de Nogent.

Qu’est-ce qui vous défie le plus dans ces études?
Je suis venue à l’Institut avec l’objectif de mieux connaître Dieu, mais dans ce processus, je me retrouve étonnamment à en apprendre davantage sur moi-même; je dois avouer que je ne m’attendais pas à cela. Pourtant, ça semble maintenant évident qu’à mesure qu’on en apprend plus sur Dieu, on se laisse aussi transformer et renouveler par lui. Mais à bien des égards, j’ai eu la sensation que côtoyer Dieu dans mon quotidien, que ce soit par la vie en communauté ou par l’étude de sa Parole, n’a eu de cesse de me renvoyer à la face tout ce je suis et ce que je ne suis pas: tous mes travers, toutes mes failles, mes insécurités, mes manquements, mes péchés, mes blessures, mes incohérences… Le défi, pour moi, c’est de réussir à examiner tout cela à la lumière de la Parole, de questionner mes réactions et mes réflexions, de déconstruire certains schémas de pensée erronés pour mieux reconstruire sur la base solide qu’est Dieu. Au début, j’avais l’impression que c’était quelque chose qui me tombait dessus, en plus de tous les devoirs à faire et des cours à suivre ; un peu comme un travail supplémentaire qui vient parasiter mon planning, comme un obstacle qui m’éloigne de mon objectif. Je comprends maintenant, avec du recul, que ce n’est que la conséquence logique d’une meilleure connaissance de Dieu, de laquelle découle une vraie transformation de l’être. L’un ne va pas sans l’autre. Moi, je voulais l’un, mais l’autre s’est aussi naturellement imposé à moi. Me retrouver régulièrement face à moi-même et accepter que Dieu me modèle et me sculpte à sa façon, c’est un défi doublé d’une grâce qui m’émerveille au quotidien. Ce n’est pas toujours agréable, mais c’est salutaire et tellement formateur!

Comment vos études vous ont-elles encouragée dans votre foi?
Pour cette première année d’institut, le programme nous fait parcourir une bonne partie de l’Ancien et du Nouveau Testament. Nous devons donc lire les livres bibliques que nous étudions ensuite en cours. C’est tout simple, et pourtant essentiel. L’apport en cours d’un contexte historique, culturel, social, religieux, doublé d’une lecture attentive de ces livres, m’aident énormément à mieux connaître la Parole. En soi, c’est à la portée de tout un chacun, moyennant beaucoup de temps, de recherches personnelles de données historiques et de discipline spirituelle. Mais l’intérêt de le faire au travers d’un cursus de formation théologique, c’est d’avoir un cadre d’enseignement solide, d’apprentissage intensif, d’accompagnement personnel, d’encouragement et de redevabilité que je n’avais pas jusqu’alors. Je suis vraiment émerveillée de voir l’impact que le simple fait de mieux connaître la Bible et de mieux la comprendre a dans ma foi.

Au début de l’année, la charge académique était dense et j’avais aussi un bon nombre d’engagements extérieurs para-ecclésiaux. J’avais donc beaucoup à faire et je me suis par moment égarée, voulant tellement en faire «pour le Seigneur», mais paradoxalement, négligeant ma vie de prière et mon culte personnel. Cette phrase du directeur de l’IBN m’est revenue et résonne constamment dans ma tête depuis: «Dans le ministère, on peut faire beaucoup de choses pour Dieu, sans Dieu.» Je travaillais sans relâche et je me mettais une pression monstre pour être au four et au moulin, tout ça pour la cause de Dieu, je me disais, mais rarement en incluant Dieu dans mes projets. En fait, au lieu de dépendre entièrement de Dieu pour toutes ces choses, tant pour les petites que pour les grandes, je dépendais de mes propres forces et je ne m’en rendais pas compte. Je m’épuisais physiquement et spirituellement. Quand j’en ai pris conscience, je me suis mise à inclure Dieu dans tous les aspects de ma vie, à le prier bien plus que je ne l’avais fait jusque-là et à apprendre à lui laisser les rênes de ma vie. Ça m’a aussi permis de réfléchir à la valeur peu équilibrée que je mettais dans le «faire», oubliant souvent que ma valeur ne dépend pas de ce que je fais, ou de mes accomplissements, mais de qui je suis et de ce que le Seigneur m’appelle à être avant tout.

Enfin, dans le cadre des études à l’IBN, nous avons eu l’opportunité de participer à un stage choral (qui a débouché sur une tournée en Normandie) ainsi qu’à un stage d’évangélisation, que j’ai eu le plaisir d’effectuer dans une Eglise à Alès. Ça a été des occasions de vivre des moments très forts, d’apprendre à connaître plus intimement certains de mes camarades et plus généralement, de nouvelles personnes issues d’Eglises et d’unions différentes. J’ai pu découvrir des manières diverses et variées de vivre sa foi, et ça a été un vrai encouragement pour moi ; ça m’a poussée à développer une discipline spirituelle plus cadrée, à vivre la prière de manière plus intime et plus authentique. Ces différents évènements nous ont permis de voir du pays et de visiter des Eglises, de rencontrer des gens. Je me suis rendu compte que c’était cela, le corps du Christ: toutes ces Eglises, toutes ces personnes, toute cette diversité, toutes ces différences, et pourtant, une telle unité dans le Seigneur. Je n’avais jamais autant appelé des personnes mes frères et mes sœurs.

Avez-vous des plans pour l’avenir?
Je suis initialement enseignante d’anglais. Après mes études, j’aimerais continuer à enseigner tout en ayant un ministère. Ce qui est sûr, c’est que je garderai un pied dans la jeunesse, notamment par le biais de colonies de vacances. Si je peux obtenir un temps partiel, j’aimerais mettre mon temps au service d’une Eglise ou d’une organisation évangélique. J’étudie aussi le grec et l’hébreu et je vois qu’il y a tout un champ des possibles avec les langues bibliques. Je ne me ferme aucune porte. Quand je vois comment Dieu a guidé ma vie jusque-là, je ne m’inquiète pas vraiment pour la suite.

William, Institut biblique de Genève

Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier la théologie?
Etant plus jeune, je pensais sérieusement m’engager dans la voie du ministère pastoral et je considérais en quelque sorte les études de théologie comme le «passage obligatoire» pour pouvoir atteindre ce ministère. Ce désir a évolué et je n’étais finalement plus convaincu de vouloir partir dans cette direction. Cependant, je gardais à l’esprit l’idée de mener des études de théologie et mon pasteur m’a proposé de m’accompagner en parallèle de ces études de théologie pour que je puisse m’engager et servir davantage au sein de l’Eglise, en m’occupant quelques fois de la présidence du culte et en assistant les responsables du groupe de jeunes. Cela a fortement contribué à me décider à consacrer cette année pour étudier la théologie et ne pas rater cette occasion qui se présentait de pouvoir vraiment servir l’Eglise à mon niveau.

J’ai donc pu étudier à distance à la faculté de théologie Jean Calvin pendant un an, à mi-temps, tout en effectuant un service civique à côté. J’ai pu apprendre et découvrir de nombreuses choses sur la Bible en général, des livres bibliques, l’histoire de l’Eglise ou encore sur la personne de Jésus dans les évangiles. Bien que ces études m’aient paru vraiment utiles pour parfaire ma connaissance, elles ne m’ont pas semblé adaptées au niveau où j’en étais de mon engagement. Je considère qu’elles sont vraiment utiles pour des pasteurs souhaitant développer une connaissance profonde et solide dans le cadre de leur ministère, mais pour moi qui sortait du lycée, je souhaitais posséder des outils utiles et pratiques que je pourrais utiliser concrètement dans l’Eglise.

Au cours de cette année d’études, j’ai pu participer au week-end Leaders Jeunesse organisé par l’Institut Biblique de Genève, où j’ai notamment pu découvrir les caractéristiques spécifiques de cet institut de théologie qui insistait particulièrement sur l’équilibre entre la théorie et la pratique dans l’apprentissage de la théologie. Au fil des réflexions, j’ai finalement décidé de m’inscrire à l’IBG dans le but de recevoir et développer des compétences et des outils solides et utiles pour le service dans l’Eglise.

Qu’est-ce qui vous défie le plus dans ces études?
Tout en étant vraiment équilibrées et accessibles à tous les profils, ces études exigent néanmoins du sérieux et de la discipline dans son travail. Personnellement, je rencontre des difficultés à faire preuve d’une bonne organisation et gestion de mon temps, ce qui entraîne des retards et un stress qui n’auraient pas forcément lieu d’être si je m’organisais mieux et accordais moins de place à la procrastination. Une autre difficulté qui s’en rapproche réside dans l’exercice de la piété au quotidien, et le fait de vivre dans une réelle et totale dépendance à Dieu. Le fait de se trouver dans un institut biblique n’enlève pas cette difficulté. Cependant, je me réjouis de ce que cette année est vécue au contact de frères et de sœurs fidèles et désireux de grandir eux aussi: leur comportement et les échanges que nous pouvons avoir m’encouragent à persévérer moi-même et faire preuve de sérieux dans ces domaines.

Vos études ont-elles encouragé votre foi? Si oui, comment?
Nous avons eu dernièrement un cours sur la volonté de Dieu. Nous avons notamment distingué l’idée d’une volonté spécifique de Dieu et l’idée de la volonté morale de Dieu. Selon certains – et j’ai découvert que je pensais ainsi jusqu’ici –, Dieu aurait une volonté spécifique et unique pour chaque situation dans laquelle nous nous trouvons. Toute notre attitude et chacun de nos choix devraient correspondre à cette volonté spécifique de Dieu dans cette situation précise. Mais j’ai compris que cela ne pouvait raisonnablement pas être accepté, car cela impliquerait que Dieu ait aussi une volonté spécifique pour des choix tels que: «Quel parfum de glace devrais-je prendre? Dois-je d’abord effectuer tel devoir ou tel autre en premier?» Et le fait de faire le mauvais choix dans de telles situations constituerait un péché! Cela semble plutôt absurde…

Considérer que nous ne devons pas nous soumettre à une volonté spécifique de Dieu pour chaque situation mais à sa volonté morale – qui est clairement décrite dans la Bible et qui s’applique en toute circonstance – a représenté une véritable délivrance de ma conscience! Cela signifie que Dieu veut nous responsabiliser en nous laissant la possibilité de faire nos propres choix, dans le cadre et le respect de sa volonté morale.

J’ai particulièrement apprécié de revenir aux fondamentaux de la vie chrétienne dans le cadre des cours de Vie chrétienne et de Sotériologie (doctrine du salut). J’ai pu redécouvrir plus complètement encore la signification, la mesure et les implications du sacrifice de Christ à notre place: la justification, le fait que Dieu nous déclare justes, nous lavant de nos fautes et nous couvrant de la justice de Christ, choisissant de nous regarder dorénavant comme étant en Jésus-Christ et possédant le statut parfait de notre Seigneur devant Dieu.

Comment envisagez-vous l’avenir?
J’ai choisi d’effectuer cette année de théologie alors que je n’ai que dix-neuf ans, que je n’ai pas fait d’études supérieures et ne possède pas d’expérience dans le milieu professionnel… Mais j’ai voulu commencer par cette année avant toute autre chose, pour pouvoir servir dès mon retour dans mon Eglise, là où il y aura besoin: au sein du groupe de jeunes, dans la présidence du culte ou peut-être la prédication, avec les compétences et les outils que j’aurai pu recevoir au cours de cette année, et qui auront encore tellement besoin d’être perfectionnés.

Je ne pense pas poursuivre tout de suite les études à l’Institut biblique de Genève. J’aimerais étudier à l’université et pratiquer quelque temps un métier, avant de songer à poursuivre ces études de théologie dans quelques années.

En ce qui concerne cette année à l’IBG, les étudiants mènent encore tout au long de l’année ce qu’on appelle des projets pratiques: en partenariat avec une Eglise ou une association, ou dans un autre cadre, les étudiants s’engagent de manière pratique auprès de personnes en difficultés, à travers du discipulat, de l’aumônerie en prison ou en hôpital, des stands d’évangélisation et encore bien d’autres projets parmi lesquels nous pouvons en choisir deux ou trois. Personnellement, je peux prendre part avec d’autres à un stand d’évangélisation dans la ville de Genève et l’expérience que nous y vivons ainsi que les échanges que nous pouvons avoir avec les passants se révèlent tellement enrichissants! J’espère et je crois vraiment que l’expérience que j’aurai pu tirer des études tout autant que de ces expériences sur le terrain, me seront utiles pour pouvoir témoigner avec zèle et efficacité là où je me trouverai dans les années qui suivront.

Thomas (prénom d’emprunt) Institut biblique baptiste d’Algrange

Le Saint-Esprit m’a poussé à étudier la théologie; Jésus est la personne qui me défie le plus à essayer de faire au mieux. La formation étant très intense, nous devons être très sensibles, à son écoute, pour alterner travail, repos, évangélisation, service à l’Eglise et vie de famille. Ce qui encourage ma foi, c’est de toujours regarder à la croix, c’est de savoir que Jésus est toujours là et sans limite.
Avec mon épouse, nous souhaiterions être conduits, poussés par le Saint-Esprit pour accomplir toutes les bonnes œuvres que Dieu a prévues d’avance pour nous. Ce que Jésus nous apprend, nous souhaitons le partager à un maximum de personnes: son amour inconditionnel, son sacrifice et le fait qu’aux cieux, nous ferons la fête.

Lucie, Institut biblique de Nogent

Qu’est-ce qui vous a poussée à étudier la théologie?
Dans mon Eglise locale, j’étais monitrice avec les préados et j’étais souvent décontenancée face aux questions des enfants. Très vite, j’ai remarqué que je manquais de connaissances bibliques pour bien enseigner aux enfants sous ma responsabilité. Un jour, le Saint-Esprit m’a fait comprendre que «pour arroser, il faut d’abord être soi-même arrosé».

Qu’est-ce qui vous défie le plus dans ces études?
Faire un institut biblique et suivre Dieu demande de sortir de sa zone de confort. Doucement et avec pédagogie, j’ai vu Dieu renouveler mon intelligence sur beaucoup de sujets. Nous apprenons à dépendre et à compter uniquement sur lui. Il faut véritablement lâcher prise.

Quels sont vos plans pour le futur?
Je reconnais le privilège immense que Dieu m’a fait: pouvoir mettre quatre ans de ma vie pour étudier sa Parole, pour apprendre à servir dans son Eglise. J’aime dire que la bénédiction vient avec la responsabilité. J’avoue que l’avenir n’est pas très clair pour moi actuellement, beaucoup de questions se posent pour «l’après IBN». Mais j’ai la conviction de devoir mettre à profit tout ce que le Seigneur a déposé en moi au travers de cette école. J’avoue que l’avenir n’est pas très clair pour moi actuellement, beaucoup de questions se posent, mais maintenant que Dieu m’a soigneusement arrosée, il est de ma responsabilité, à l’aide de son Esprit, d’arroser son Eglise, pour sa gloire.

Joël, Institut biblique de Nogent

Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier la théologie?
La soif d’apprendre, la volonté de me réorienter professionnellement, quitte à entreprendre des études: pourquoi pas la théologie? C’est forcément un bon investissement! La nécessité d’être formé pour prendre des responsabilités dans l’Eglise locale. Entrer dans une nouvelle dimension de la consécration: après tout, les disciples ont mis quelques mois à part à la suite de Jésus et ça a réorienté leur vie.

Qu’est-ce qui vous défie le plus dans ces études?
Trouver un équilibre entre le travail étudiant et la vie de famille, pour que mon épouse et nos trois enfants vivent toujours cette opportunité comme une grâce.

Qu’est-ce qui encourage votre foi?
Constater la fidélité et la providence de Dieu pour les besoins du quotidien: les portes qui s’ouvrent de manière incroyable pour l’école des enfants, l’appartement, l’équilibre financier grâce à la générosité des personnes qui nous soutiennent (particuliers, Eglise, union d’Eglises), le soutien spirituel et matériel de la «famille IBN». La cohérence du texte biblique de la Genèse à l’Apocalypse, révélant le Dieu tout-puissant qui nous fait participer à son plan de salut. L’étude du contexte social, historique, géographique, politique qui éclaire la compréhension du texte biblique.

Comment envisagez-vous l’avenir?
Un an après l’autre, jusqu’à finaliser les trois années de formation à l’Institut. Pour les années à venir, je compte poursuivre le parcours «langues bibliques» (grec et hébreu) afin de pouvoir appréhender le texte dans les langues de rédaction originales. Je crois que Dieu oriente en temps utile, afin de pouvoir bénir et servir avec joie.

Céline, Institut biblique de Bruxelles

Qu’est-ce qui vous a poussée à étudier la théologie?
J’ai grandi dans une famille chrétienne et ai entendu le message de l’Evangile très jeune. Dans mon enfance, j’avais pourtant tendance à adapter mon comportement à l’endroit où je me trouvais. Être chrétienne était plus une part de ma culture familiale qu’un choix. C’est à dix-sept ans que j’ai compris que j’avais besoin de «choisir mon camp» en prenant conscience de l’enjeu éternel que cela représentait.

Une autre étape importante dans mon parcours spirituel a eu lieu quelques années plus tard. En observant le ministère de l’apôtre Paul, Dieu a suscité le désir en moi de mettre la foi en pratique en m’investissant à temps plein dans un ministère à son service. Même en ayant grandi dans une famille chrétienne et en ayant une foi vivante depuis quelques années, je me suis rendu compte que je n’étais pas toujours capable d’exprimer ma foi de façon claire. Mon objectif était donc de mieux comprendre ce en quoi je crois pour ensuite être capable de le transmettre. C’est également le moyen pour moi de me préparer à un ministère parmi un peuple non atteint par l’Evangile.

A quoi ressemblent les études à l’IBB?
Je dirais que la vie à l’institut est familiale. Le fait que nous ne soyons pas trop nombreux et que les professeurs et les étudiants se mélangent facilement au quotidien permet d’y trouver facilement sa place. En ce qui concerne les cours, c’est leur profondeur qui me vient à l’esprit. Chaque professeur met en relief de façon différente les caractéristiques de la Parole de Dieu et cela fait ressortir leur richesse.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Mai 2024

Dossier: Des formations bibliques à géométrie variable

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