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Nous ne sommes pas les copains de nos enfants

La relation verticale parent-enfant peut parfois nous déranger, et l’envie d’une relation plus horizontale peut être forte. Fausse bonne idée?
evgenyataman – Depositphotos

Un «copain» est – étymologiquement – «celui qui partage le même pain». Or, si les parents partagent leur pain avec leurs enfants, ils font bien plus: ils pourvoient à ce pain. Ils font pour leurs enfants ce que ceux-ci ne sont pas encore capables de faire. Pour une croissance saine, les enfants ont besoin de nourriture. Ils ont également besoin d’affection, de jeu, de découverte, de relations, etc. Un enfant ne peut pas combler seul ses besoins. Il se tourne vers les personnes de son entourage. Le rôle de compagnon de jeu peut être rempli par des copains, ou les parents. Mais si les parents se contentaient d’être des copains de jeu, il y aurait vite des problèmes.

Un rapport de force bienveillant

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Si une petite fille est timide face aux garçons du quartier qui aiment la taquiner et que papa et maman ne sont que des copains pour jouer à la Barbie, il lui serait difficile de s’aventurer dans la rue. Mais quand un parent est là pour tenir sa main et parler aux voisins, tout va mieux. C’est justement parce que le parent n’est pas au même niveau que l’enfant que celui-ci se sent rassuré. Celui qui est fort protège celui qui est faible.

La Bible parle souvent d’une inégalité saine dans les relations familiales. Le commandement qui régit en premier la relation parent-enfant est: «Honore ton père et ta mère» (Ex. 20:12). Le concept d’honneur sous-entend qu’il y a une différence entre un enfant et ses parents, mais le texte original va plus loin. En hébreu, «être honoré» signifie aussi «avoir du poids». Si l’idée du «poids» des parents peut paraître oppressante, elle peut surtout représenter une présence rassurante, une stabilité, un ancrage, une relation qui dure et qui ne sera pas ébranlée facilement. Et si le commandement s’adresse d’abord aux enfants, il peut aussi donner à réfléchir aux parents. Laissons-nous interpeller: quel poids ai-je dans la vie de mes enfants? Est-ce équilibré? Suis-je trop «léger» ou au contraire suis-je trop «lourd» (comme savent si bien le suggérer nos adolescents ironiquement)?

Dieu: un copain?

Les copains peuvent se permettre d’avoir des relations assez légères entre eux, mais «vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur» (Éph. 6:2). En tant que parents, nous essayons de guider nos enfants, tout comme Dieu lui-même nous instruit.

Il ne nous viendrait pas plus à l’idée de traiter Dieu comme notre «copain», notre égal: il nous aime bien plus que nous l’aimons nous-mêmes. La relation entre Dieu et nous est certes inégale, mais c’est une relation d’amour. Tout comme la relation qui nous unit à nos enfants. Et nous le leur montrons en assumant notre rôle, qui n’est pas d’être un «co-pain», mais un pourvoyeur de pain – de toute nature. C’est plus que ce que ferait n’importe quel copain.

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