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Meak: l’image de Dieu au bout de sa plume

Artiste chanteur, parolier et conférencier, Meak vient de diffuser le dernier volet d’une trilogie de podcasts musicaux inspirés par la lecture de Dietrich Bonhoeffer. Entretien.
David Métreau

Comment vous définiriez-vous? Chanteur, rappeur ou musicien?

Aujourd’hui je dis que je suis artiste parolier et conférencier, ce qui correspond davantage à mon travail. Au départ, j’ai commencé dans le rap uniquement, jusqu’à pouvoir vivre de la musique et de l’écriture depuis fin 2017. J’écris mes propres textes, mais aussi pour d’autres artistes. On fait également appel à moi pour des conférences.

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En tant que parolier, quel est votre genre de musique de prédilection?

Je m’adapte à tous les styles de musique: pop rock, folk, et pas forcément uniquement dans le milieu chrétien. Je fais aussi beaucoup de coaching. Certains artistes chrétiens vont faire appel à moi pour être accompagnés dans l’écriture de leurs chansons.
C’est moins vrai dans le rap, où en règle générale, les interprètes sont aussi auteurs. Pour moi, l’écriture reste très personnelle: j’ai besoin d’écrire uniquement ce que je ressens. Quand je me mets à écrire pour les autres, je trouve les formes mais je tiens à ce que ce soit un contenu qui vienne vraiment des artistes, qui soit inspiré de leur vécu.

Comment êtes-vous devenu conférencier?

Grâce à l’album «Mon Critérium et un Carnet» sorti en 2019 et notamment grâce à la chanson «Post scriptum» qui met en garde contre les risques de l’Evangile de prospérité et de la bienpensance.
Etienne Lhermenault, directeur de l’Institut biblique de Nogent (IBN) a proposé que je me forme davantage dans le but de donner un cours d’écriture artistique, ce qui me passionne beaucoup. En parallèle, je donne des cours aux étudiants en master à la Faculté de musicologie de Tours, pour sensibiliser de futurs professeurs de musique aux dimensions sociale, sociétale, poétique et musicale du rap.

Que ce soit dans la musique ou l’écriture, quelles sont vos influences?

Pour ce qui est musical, avec un père professeur de musique et arrangeur jazz, j’ai baigné dans le jazz mais aussi la soul, neo soul, le RNB. Pour l’écriture, l’influence du stand up va modeler l’expérience artistique, de même que d’autres types d’expression d’art comme la cuisine. Étonnamment, les chefs cuisiniers m’inspirent beaucoup quand j’écris des chansons. Ils sélectionnent des ingrédients et font de bons plats; j’essaie de faire des textes bons pour la foi, qui tiennent la route d’un point de vue théologique.

En prélude de mon cours à l’IBN, je parle du food design qui consiste en la présentation d’aliments bons pour la santé sous forme d’art avec une esthétique poussée. Je me place donc comme un petit chef cuistot. Si je dis «souverain sacrificateur», «agneau immolé», l’audience ne va pas suivre. Alors je prépare le terrain. Je propose un «Thé au rap» (l’un des titres de l’album «Fuel Fresh» de 2020, ndlr) si nous poursuivons la métaphore filée sur la nourriture.

Vous avez sorti, avec Imago Dei, une série de trois podcasts musicaux autour du livre «Création et chute» de Dietrich Bonhoeffer. Quelle est la genèse du projet?

J’ai rencontré Raphaël Anzenberger, de Imago Dei, qui m’a encouragé à lire des livres du théologien allemand Dietrich Bonhoeffer. Cette rencontre a donné lieu à trois podcasts dont le dernier vient de sortir. Dans un premier temps, nous avons réalisé un court métrage de sept minutes avec le musicien et réalisateur Estienne Rylle sur le thème abordé dans ce fameux livre, mais je trouvais qu’il y avait matière à faire plus. Un album aurait été trop dense, alors nous avons lancé une trilogie de podcasts. Ils contiennent des conversations avec l’apologète Léa Rychen, rythmées et ponctuées de cinq chansons, sur nous-mêmes, sur l’autre, sur l’environnement et sur l’ensemble de notre société contemporaine.

Quel effet cette lecture et ce projet ont-ils eu sur votre foi?

Tout d’abord, les ruptures liées à la Chute, telles que décrites dans la Genèse et reprises par Dietrich Bonhoeffer, nous les voyons au quotidien: dans nos relations aux autres, à Dieu, à sa Création.
Depuis cette lecture je me rends compte qu’être à l’image de Dieu, c’est aussi le mandat de l’être humain. Depuis la rupture, il se prend pour un dieu. La nature est sans maître, car l’être humain a démissionné. Pour la petite histoire, il y a quelques jours dans un parc, il y avait un oiseau à côté de moi. Avant, j’aurais eu le réflexe de lui faire peur. Avec la lecture du livre, je me rends compte que cette peur de l’oiseau et cet acte gratuit de vouloir le terroriser vient de la Chute. Dans le programme originel Imago dei (à l’image de Dieu), je devais en prendre soin. Reconnaissant à Dieu, je souhaite changer mon rapport à la nature, mon rapport à l’autre, je souhaite revisiter l’Evangile et ses différentes implications.

Avez-vous une anecdote sur un retour de la part d’auditeurs de ce podcast?

Un ami de mon Eglise a un voisin athée à qui il a fait écouter le premier podcast, dans lequel nous disons que les hommes sont comme des petits dieux. Il a dit qu’il n’était pas d’accord, parce que l’homme détruit la planète. Nous avons pu en discuter lors d’un repas et j’ai pu lui dire que je préférais la suite: la Chute et enfin, la rédemption. Plusieurs échanges fructueux sur le sens de la vie et sur Jésus-Christ se sont noués après la diffusion des podcasts.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Juin 2022

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