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Lutz expose les photos censurées

© Alliance Presse
Le photographe Christian Lutz a décidé d'exposer certaines photos censurées dans l'affaire liée à l'Eglise ICF. D'un point de vue juridique, la question n'est pas encore totalement réglée.
Joëlle Misson-Tille

Christian Lutz avait accepté le 26 mars l’interdiction de son ouvrage In Jesus’ Name. Il a par contre tenu à exposer ses photographies, y compris certains clichés censurés. L’exposition Trilogie, au Musée de l’Elysée de Lausanne jusqu’au 1er septembre, présente en effet 35 photos, dont une dizaine avaient été désapprouvées. Sur les clichés concernés par des plaintes, les visages des protagonistes sont masqués par une bande noire, sur laquelle on peut lire le contenu de la doléance. Exemple d’une plainte émise : «L’image pourrait donner l’impression de pédophilie, faire croire que le demandeur 11a a mis enceinte la demanderesse 11b, âgée de 14 ans». Toutes les images exposées rendent compte des activités multiples de l’Eglise ICF et révèlent les traits reconnaissables de cette communauté : des décors bien pensés, des gens à terre, des mains levées, des prières en groupe. Mais aussi des moments de détente entre amis.
Sur le plan juridique, la procédure est toujours en cours, puisque la partie plaignante a refusé de classer le dossier, fin mars, désirant obtenir une réponse de fond dans cette affaire. Christian Lutz, lui, vient de changer d’avocat.

Joëlle Misson

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – juillet-août 2013


«La foi a un pouvoir»

Pourquoi vous être intéressé au pouvoir religieux ?
Des trois volets (ndlr : Christian Lutz s’est intéressé aux pouvoirs politique, économique et religieux), c’est peut-être le plus intéressant. Il est lié à l’inexpliqué, aux valeurs spirituelles : quelque chose qui ne peut pas être photographié. La foi a un pouvoir incroyable : elle lève des foules, remet des gens sur le droit chemin. Dans une Eglise comme ICF, dont le fonctionnement est semblable à celui d’une entreprise, je me suis interrogé sur la place qui reste à l’individu pour l’expression personnelle de sa foi.

Qu’avez-vous appris sur le monde évangélique ?
Que l’on était en train de casser les modes d’expression traditionnels de la foi. J’ai appris qu’il y avait une liberté plus grande et que l’on pouvait croiser les choses pour créer des substituts de ce que l’on trouve dans le «monde ordinaire» pour l’adapter au monde chrétien.

Les images exposées provoqueront-elles une nouvelle levée de boucliers ?
Il serait plus intéressant qu’elles suscitent le dialogue. Il faut parler du cœur de cette histoire, qui touche à l’interprétation des images. Nous devons aussi parler du rôle de photographe et de sa vision, qui n’est pas blessante, mais qui révèle des modes de fonctionnement.

Propos recueillis par Joëlle Misson

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