Skip to content

Leçon de communion

Certains sont allés en vacances à l’étranger, peut-être même dans une Église protestante du coin. De quoi découvrir d’autres formes de culte, d’autres manières de célébrer, d’autres habitudes, d’apprendre de nouveaux cantiques sur des rythmes exotiques. Il est alors sympathique de vérifier la communion fraternelle et universelle entre enfants de…
Hugues Not

Certains sont allés en vacances à l’étranger, peut-être même dans une Église protestante du coin. De quoi découvrir d’autres formes de culte, d’autres manières de célébrer, d’autres habitudes, d’apprendre de nouveaux cantiques sur des rythmes exotiques. Il est alors sympathique de vérifier la communion fraternelle et universelle entre enfants de Dieu qui, même sans se connaître, peuvent évoquer des convictions communes, partager en toute confiance des sujets de prière, participer à la même table de Sainte Cène. Nous avons alors un aperçu du Royaume de Dieu, parce qu’au-delà des frontières et parfois malgré l’obstacle de la langue, nous sommes frères et soeurs. La culture est différente et certaines pratiques peuvent surprendre, mais l’ensemble se comprend parce que le pays n’est pas le nôtre, l’histoire est tout autre et les gens ont des coutumes qui leur sont propres.
–CREDIT–
Ce qui est anecdotique, surprenant voire amusant fait l’objet d’une simple constatation, ne provoque pas de dérangement profond. On ne va pas en faire un fromage si la musique ne nous convient pas ou si le comportement nous agace un tantinet. On ne va pas non plus faire un scandale si on trouve le culte dépassé, les croyants trop ceci ou pas assez cela, le message inadapté. On ne va pas se mettre à donner des leçons en fonction de nos propres habitudes, de nos pratiques et de nos liturgies. Nous ne sommes que de passage et en plus, nous ne sommes pas chez nous. Sans oublier que nous nous heurterions sans tact à des choses secondaires, voire insignifiantes. Or, le reste de l’année, dans nos circuits et dans nos espaces domestiques, nous ne cessons de nous arrêter sur des détails de la vie chrétienne de notre prochain, sur des peccadilles touchant l’organisation de telle ou telle Église, sur des principes accessoires de telle ou telle assemblée. Nous faisons alors une montagne d’un pli, un Himalaya d’une boursouflure, un drame d’une légère différence, un scandale d’une dissimilitude. Nous achoppons avec une assiduité infernale sur des détails ridicules, comme si nous voulions décidément nous éloigner de l’essentiel trop simple et trop clair.Nous savons pourtant que la vraie communion est possible avec ce qui n’est pas exactement, parfaitement, totalement et exclusivement comme nous avons décidé que cela devait être. Or, il est évident que le Seigneur constitue son peuple avec des personnes toutes différentes, dans des cultures multiples, avec des histoires uniques et des comportements disparates. L’Église ne sera jamais homogène et c’est une perte de temps que de vouloir la formater à sa ressemblance. C’est décidé. À la rentrée, je cesse de perdre mon temps et mon énergie à des futilités qui transforment le spirituel en rituel.

Hugues Not

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Septembre 2008

Thèmes liés:

Pour poursuivre la lecture, choisissez une des options suivantes:

Créer un compte gratuitement

Et profitez gratuitement de l'accès aux articles web réservés aux abonnés pendant 14 jours.

L’Église, une et indivisible?

L’Entente des Communautés et assemblées évangéliques de France a tenu un congrès à la Pentecôte sur «l’ADN» de l’Église. Retour avec Jacques Nussbaumer, pasteur et professeur en faculté de théologie.

Publicité