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La modernité et ses jouets

Publicité Le taux impressionnant de suicides chez les jeunes, l’augmentation dramatique des maladies sexuellement transmissibles, la vulnérabilité toujours plus grandes de nos enfants aux paradis artificiels – s’agit-il de faits divers ou de faits de société ? Peut-on parler de faits de société lorsque l’effritement du fait social et l’émergence…
Hugues Not

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Le taux impressionnant de suicides chez les jeunes, l’augmentation dramatique des maladies sexuellement transmissibles, la vulnérabilité toujours plus grandes de nos enfants aux paradis artificiels – s’agit-il de faits divers ou de faits de société ? Peut-on parler de faits de société lorsque l’effritement du fait social et l’émergence de tous les égoïsmes sont à ce point observables ? Or, ces quelques «actualités» ne font même plus les gros titres. Ils sont pourtant les éléments criants d’une catastrophe humanitaire sans précédent : la fin d’une civilisation.
L’homme, qui pense avoir progressé en s’affranchissant des valeurs anciennes et souvent chrétiennes, a troqué les références morales pour de nouveaux mythes : les divinités sont remplacées par des outils. Il a cru, l’homo modernus, qu’en mettant fin à la transcendance, il serait maître de son destin.
–CREDIT–
Mais il n’a pas vu, tout clairvoyant qu’il s’imagine, que la foi a toujours irrigué la morale individuelle et collective, fondement de l’édifice sociétal. Qu’importe ! Désormais, l’homme est fier de ses outils, comme un enfant est heureux de ses nouveaux jouets. Or, ces beaux outils transforment l’homme parce qu’ils bouleversent sa nature sociale et culturelle.
L’industrialisation, l’urbanisme et l’informatique modifient de fond en comble les comportements sociaux et les mœurs. Il serait hasardeux de n’avoir, pour l’expliquer, que des arguments sociologiques et économiques.
La trinité moderne a raison, au nom de la raison, des croyances, des mythes et des idées qui, jusqu’ici, cimentaient les collectivités. Les sciences et les techniques sont devenues l’idéologie dominante, un dieu sans âme qui transforme sans complexe le numérique en chiffre d’affaires. La mondialisation dont on nous parle souvent sans que personne ne puisse expliquer de quoi il retourne vraiment, n’est rien d’autre que la déshumanisation de l’être humain au profit de la bourse.
Et voilà l’ironie : nous sommes devenus les jouets de nos jouets ; nous sommes les utilitaires de nos machines. La boutade qui circule a valeur d’aveu : l’informatique facilite la vie et pourrit la journée !
Mais au-delà de ce triste sourire, le monde occidental est en panne d’archétype depuis qu’il s’est débranché de l’Absolu au profit de l’ADSL. Il remplace le religieux par le virtuel et le vertueux par le portefeuille, en passant par le plaisir immédiat volé au prochain qu’il n’aime que pour ses fantasmes. La confusion est totale et le sauve-qui-peut n’est même plus une fuite en avant, puisqu’il n’y a pas d’avenir, mais une fuite à l’intérieur de soi, MP3 vissé au crâne.
Nous ne sommes plus que des gosses à la dérive depuis que nous sommes orphelins de Dieu.
Hugues Not

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Mars 2008

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