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La Bible, de plus en plus tendance

© Istockphoto - DR
La Bible continue à susciter de l’intérêt... en Europe et dans le monde?
David Métreau

La Bible continue d’intéresser, malgré la sécularisation de l’Occident… et sa lecture est en hausse dans le monde, avec notamment la croissance exponentielle des versions numériques. La pandémie du covid-19 a eu un impact massif sur le nombre de bibles en papier distribuées dans le monde en 2020 - 30 millions, selon un rapport de l’Alliance biblique universelle (ABU) - soit une baisse d’un quart par rapport à l’année précédente. Cela n’a pas empêché la Bible d’être lue par un nombre croissant de lecteurs, notamment grâce à l’essor d’éditions numériques. Ainsi, rien que sur l’application Bible de YouVersion, 43,6 milliards de chapitres ont été lus en 2020 contre 35,6 milliards en 2019 et 27,2 milliards en 2018. La hausse se poursuit en 2021 avec 55,8 milliards de chapitres lus et 8,2 milliards de chapitres bibliques écoutés, tendance en hausse également. Le glissement du papier au numérique amorcé dans l’administration comme dans la presse, accéléré par la pandémie, concerne donc aussi les Ecritures.

Une société en quête spirituelle

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Ainsi, près d’un quart des bibles intégrales diffusées en 2019 par l’ABU avaient été téléchargées sur Internet, une proportion en nette hausse, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud enregistrant de loin le plus grand nombre de téléchargements. «En Europe et en Amérique, le nombre de Bibles physiques imprimées est en baisse, mais c’est parce que le nombre de bibles sous forme d’applications est exponentiel», commente le théologien et journaliste Eric Denimal, vulgarisateur de la Bible le plus lu de la francophonie. «En plus du nombre de lecteurs, on sait aujourd’hui que le temps de lecture a augmenté depuis que les gens lisent la Bible sur leur téléphone. En effet, dans les transports en commun par exemple ou dans une salle d’attente, il est plus facile de sortir son téléphone que de sortir une Bible.»
Invité à proposer une nouvelle version de sa Bible pour les nuls (éd. First) sortie en 2005, Eric Denimal a été aux premières loges de ce qui a changé autour de la Bible en une quinzaine d’années. «Je pensais que l’intérêt diminuerait, mais l’ouvrage s’est ajouté au fonds de libraire, c’est-à-dire un livre qui doit toujours être présent dans les étagères des librairies. Cela montre une curiosité toujours réelle concernant le texte biblique dans la dimension pédagogique, culturelle et non pas prosélyte.» Mais derrière tout cela, cet intérêt constant pour la Bible est aussi et surtout selon lui le signe d’une quête spirituelle qui demeure: «Aujourd’hui, nous sommes dans une société extrêmement moderne et paganiste: il y a le culte à la nature qui comporte des ersatz d’animisme. Le fait de vouloir évacuer le spirituel de nos sociétés ne le pousse qu’à revenir sous d’autres formes plus dangereuses. Il y a un gouffre spirituel qu’on va remplir avec des choses aberrantes: astrologie, chamanisme ou islamisme radical.» Et au milieu de tout ça, la lueur d’un intérêt pour les textes bibliques.

Toujours à la une

L’actualisation de sa Bible pour les Nuls a en outre permis à Eric Denimal de faire la synthèse des récentes actualités concernant la Bible et, à l’entendre, il y en a beaucoup. «En quinze ans, le dynamisme des maisons de traduction a été stupéfiant avec toujours plus de nouvelles langues traduites. Des révisions importantes des textes ont par ailleurs été réalisées en français. J’ai pu ajouter une quinzaine d’articles notamment sur des découvertes archéologiques nouvelles concernant la Bible. Ce que je note, c’est qu’il y a constamment une actualité autour de la Bible: archéologie, linguistique, culture, mission etc.» Côté traduction de la Bible, Bobby Gruenewald, fondateur de YouVersion, s’associe à la campagne IllumiNations dont le but est de traduire la Bible dans 95% des langues d’ici 2033.
Au niveau archéologique, des preuves «évidentes» de la conquête babylonienne de Jérusalem ont été mises à la lumière ces dernières années, de même qu’un anneau appartenant vraisemblablement à Ponce Pilate. De plus, des analyses ADN prouveraient l’origine crétoise (Caftor) des Philistins telle que mentionnée dans le livre d’Amos et plus récemment encore un sceau datant du roi Jéroboam II a été retrouvé.

Des clins d’œil divins

«Ces informations ne sont pas forcément diffusées au grand public. Mais c’est extrêmement stimulant d’avoir de quoi confirmer la véracité du texte biblique dans un monde où les valeurs évangéliques sont attaquées», souligne Eric Denimal. «Les chrétiens pourraient être découragés, alors qu’il y a toute une actualité qui peut être vue comme des clins d’œil de Dieu venant soutenir notre foi. On a parfois l’impression que Dieu est silencieux. Et si c’était plutôt parce que nous n’ouvrons pas les oreilles pour l’entendre?» La soif de lecture biblique entraîne, elle, le besoin croissant de faire l’école du dimanche à des adultes et donne du travail aux vulgarisateurs.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Mars 2022

Dossier: La Bible, trésor de l'humanité

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