Quand je juge la vie spirituelle de mon conjoint
Qui connaît mieux mon époux, mon épouse que moi-même? Probablement personne. Dans le couple, nous connaissons nos forces et nos défauts respectifs. Si nous pouvons être les plus grands supporters de nos conjoints ou conjointes, nous sommes parfois aussi leurs plus grands juges. Et le domaine de la foi n’échappe pas à notre inspection. Qui n’a pas, une fois ou l’autre, examiné la vie spirituelle de son mari ou de sa femme, du moins ce qui s’en voit, pour poser un jugement? Si cette attitude est rare et passagère, elle affecte probablement peu notre couple. Mais si cette position perdure, elle a un effet négatif sur notre relation. Il faut dès lors faire face à cette envie de remettre en cause sa spiritualité —la sienne.
Par nature, la vie de foi est d’abord intérieure et personnelle et il est assez difficile de juger celle d’autrui. Il se pourrait même que nos critères d’évaluation soient complètement faussés. Prenons un exemple précis dans la Bible: la vie de Samson a été marquée par l’immoralité, la violence et un manque de sagesse (Juges 13 à 16). En lisant ces chapitres, il est facile de s’en faire une idée plus que négative. Toutefois, l’auteur de l’épître aux Hébreux déclare que Samson fait partie des héros de la foi au même titre que Gédéon, David ou Samuel (Hébreux 11:32). Nos critères d’évaluation ne sont donc pas forcément les bons. Ainsi, il s’agit d’être prudent lorsque nous considérons la spiritualité de notre partenaire.
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L’occasion d’une introspection
Dans le couple, la façon dont chacun des partenaires vit sa foi a une influence sur la relation. Mais la relation que chacun des deux entretient avec Dieu est personnelle. Paul nous interpelle à ce propos: «Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui?» (Rom. 14:4). En d’autres mots: «Qui es-tu pour évaluer ce qui se passe entre ton prochain et Dieu?»
Qui es-tu, toi? La question est pertinente. Puis-je me permettre de juger? Jésus nous met en garde dans l’Évangile: si nous voulons «enlever la paille» qui est dans l’œil de notre vis-à-vis, nous ferions bien de vérifier d’abord si nous n’avons pas une «poutre» dans le nôtre. Est-ce que ma tendance à évaluer la vie spirituelle de mon mari, de ma femme, est un symptôme de ma propre vie spirituelle étiolée? Est-ce que je vois chez l’autre ce qui aurait besoin de changer chez moi? Avant de remettre en cause la vie de foi de mon conjoint, je ferais bien d’examiner la mienne.
Lâcher prise
Ceci étant dit, il peut nous arriver de nous en préoccuper à juste titre. Certes, nous ne devons pas juger, mais nous devons faire preuve de discernement. S’il nous semble qu’il y a un problème, que faire? Les seules personnes qui peuvent réellement agir sur sa vie spirituelle sont lui-même et Dieu. Faut-il chercher à l’influencer? Si nous en étions capables, nous l’aurions déjà fait! C’est donc du côté de Dieu que nous devons nous tourner. À dire vrai, il connaît notre conjoint mieux que nous. Il sait ce dont il a besoin. Nous pouvons donc lui confier, dans la prière, tout ce qui nous préoccupe dans ce domaine.
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