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Face au bébé, jalousie ou inquiétude?

La chronique familiale de Josepha Faber Boitel.
Lopolo – Depositphotos

Depuis l’arrivée de sa petite sœur, Sofia a changé. Elle qui, surtout, jouait paisiblement dans sa chambre, réclame sans cesse de l’attention. Elle coupe la parole, colle sa maman, refuse d’aider. Quand le bébé est dans les bras de sa mère, Sofia s’éloigne, boude, croise les bras.

À cinq ans, un enfant construit encore son identité à travers le regard des adultes qui l’entourent. L’arrivée d’un bébé vient bousculer ce repère fondamental: Sofia ne sait plus très bien quelle est sa place, ni si elle est encore unique aux yeux de ses parents. Les liens affectifs précoces participent activement à la structuration du sentiment de soi. Ce n’est pas tant le nouvel enfant lui-même qui dérange, mais ce qu’il vient remettre en question: l’équilibre affectif, les rituels familiers, les certitudes rassurantes. Faute de mots pour exprimer ce trouble, Sofia réagit avec son corps, son humeur, ses gestes brusques.

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L’objectif n’est pas de «corriger» la jalousie, mais de l’accueillir. Dire: «Tu aurais aimé que je sois avec toi?» suffit parfois à la calmer. Ensuite, lui offrir un moment rien qu’à elle, même court, renforce le lien. Enfin, l’impliquer dans les soins du bébé peut la rendre fière et utile.

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