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Des vocations aux frontières mobiles

© DR - Getty Images
Orateur au Centre évangélique qui aura lieu fin novembre à Paris, Henri Blocher (photo en médaillon) porte un regard à la fois critique et bienveillant sur la question des vocations. Entretien exclusif.
Maude Burkhalter

Le prochain Centre évangélique aura pour thème «Les vocations: crises ou opportunités?». Existe-t-il une crise des vocations chez les évangéliques?

Lorsqu’on considère le mot «vocation» dans son sens le plus courant et dans les discours de nos Eglises évangéliques, je pense que le problème est d’abord celui du déficit dans la plupart des unions d’Eglises, qui s’explique par des obstacles difficiles – et nouveaux – à surmonter.
Premièrement, une perte importante du prestige social qui était associé à la fonction pastorale dans les générations précédentes. Deuxièmement, cette perte est aussi liée à des prétentions de niveau de vie qui ressemblent beaucoup plus à celles d’un salarié ordinaire. Pourtant, l’idée d’un renoncement est nécessaire… Troisièmement, on s’est aussi rendu compte que le sacrifice n’est plus aussi admirable qu’autrefois, puisqu’il était parfois une stratégie cachée pour obtenir précisément ce prestige social.

D’un autre côté, il n’est pas malsain qu’il y ait une pluralisation du rôle pastoral et que la tâche soit davantage partagée avec des chrétiens mûrs et instruits. Parfois, ceux-ci sont dotés d’un charisme que Dieu leur donne sans instruction, ou alors ils ont un travail séculier et ne perdent ainsi pas le contact avec le monde. Il y a aussi des choses à saisir dans cette évolution; j’ai vu des Eglises sans pasteur en titre se porter très bien.

J’ai en tête un point que je pense souligner d’emblée au Centre évangélique: le mot «vocation», dans le Nouveau Testament, est employé pour tous les chrétiens. Là où nous parlons de «conversion» dans notre tradition évangélique, le Nouveau Testament et en particulier l’apôtre Paul utilisent les termes de «vocation» ou «d’appel». 

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