Déjeuner en paix de Stephan Eicher
Ecrit par le romancier Philippe Djian, cette chanson est le plus grand tube du Suisse Stephan Eicher, artiste pop connu pour la profondeur et la sensibilité de ses textes. Souvent drôle sur scène, parfois mordant, il évoque avec humour les grands thèmes de la vie comme le couple, l’amitié ou encore la violence de l’actualité.
Déjeuner en paix contient tout ce que les fans du Suisse aiment chez lui: un regard qui sait être tour à tour caustique ou tendre. Entre la remarque sombre de l’homme «Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent» et la question désarçonnante de la femme «Me feras-tu un bébé pour Noël?», nous entendons une multitude d’interrogations implicites. Comment supporter le malheur du monde? Suffit-il de détourner les yeux pour ne plus voir la souffrance? Et puis surtout: comment donner un avenir à un enfant dans un tel monde? N’est-ce pas de l’insouciance coupable que de faire un bébé quand «tout va si mal» ?
«Où trouver l’espoir?» est la question qui sous-tend toutes les autres. Sans répondre explicitement (qui oserait?), Stephan Eicher et Philippe Djian suggèrent au moins de commencer la journée avec du café et du rire, afin de «déjeuner en paix». Boire du café et rire avec ceux que l’on aime n’est pas ici une esquive superficielle. La femme qui ne veut pas entendre les mauvaises nouvelles a déjà perdu ses illusions sur le monde: «L’homme est un animal», dit-elle. Il s’agit plutôt de se concentrer sur d’autres vérités, plus proches, sur lesquelles nous avons plus de prise: l’amour de ceux que nous côtoyons, le besoin de souffler «sur les braises» de la vie «pour qu’elles prennent».
Vous prenez un café le matin? Alors prenez-le avec celui qui vous aime plus que tous les autres. Avant d’ouvrir Facebook ou vos e-mails, ça fait du bien de se retrouver autour d’une tasse et d’une Bible ouverte avec celui qui a inventé l’espoir. Ça donne une chance à la paix, du moins celle du cœur. Dieu non plus n’a pas d’illusion sur les êtres humains, ce qui ne l’empêche pas de nous aimer!
Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui octobre 2016
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