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Cette année, c’est juré, on s’y prend à l’avance

Comme tous les ans, nous arrivons à Noël avec effarement. «Déjà ?». Bien sûr, les magasins ont adopté les couleurs de la fête depuis deux mois, mais nous sommes passés devant les rayons de jouets et de chocolats en jugeant que nous avions bien le temps d’y penser.
Hugues Not

Comme tous les ans, nous arrivons à Noël avec effarement. «Déjà ?». Bien sûr, les magasins ont adopté les couleurs de la fête depuis deux mois, mais nous sommes passés devant les rayons de jouets et de chocolats en jugeant que nous avions bien le temps d’y penser.
Puis, les rayons alimentaires se sont progressivement étoffés et enrichis des mets traditionnels. Le saumon et le foie gras ont augmenté, mais pas autant que les vins et le champagne. Nous nous sommes dit, alors, qu’il n’y avait pas d’urgence et qu’il n’était pas nécessaire de faire des stocks trop tôt.
–CREDIT–
Ensuite, les refrains de Noël ont envahi les ondes et même les allées des supermarchés. Nous avons fredonné ces airs bien connus, sans nous presser.
Et soudain est arrivée la fête de Noël à l’Église, celle qui ne se vit pas le 25 décembre mais bien avant. Avant les vacances, avant la dispersion, avant les rassemblements de familles, avant d’autres priorités ! Brusquement, il a fallu changer de vitesse, se dépêcher, courir, accélérer, sprinter et régler des préparatifs au moment où il aurait fallu conclure et finaliser. Pourtant, nous avions tout un trimestre avant cette échéance, comme l’an dernier.
Et la fête de l’Église se passe : finalement tout le monde a été content après avoir stressé jusqu’à l’affolement. Tout le monde a aimé. Les enfants ont été charmants, adorables, attendrissants. De vrais anges, pour le coup ! Les parents ont passé tout le temps de la fête à photographier et à filmer leur bienheureuse progéniture. Mandarines et papillotes englouties, il faut déjà penser au 25. Oui, parce que le 25, il y a l’autre Noël, le vrai !
Pour cela, il y a encore des cadeaux à acheter et des casse-têtes à résoudre, des prix à comparer, des présents à doser en fonction des liens, des amitiés, des années précédentes et du budget. Naturellement, on ne risque pas d’oublier le menu à prévoir. Et de nouvelles courses à faire. Des courses contre la montre, surtout. Embouteillages de caddies et impatiences aux caisses en perspective, le tout sur fond rouge et vert, dans l’odeur du sapin et des bougies où l’on se jette des «Joyeux Noël?!» avec des sourires crispés.
Il faut encore jongler avec les derniers jours de l’année, les visites à faire et celles à recevoir, les vacances de neige, incontournables et prometteuses ; quoique la météo, l’état des pistes et les menaces de grève des trains fassent encore monter l’inquiétude… Pourtant, l’an dernier, on s’était dit qu’il fallait prévoir à l’avance. Le pléonasme ne sert même pas à retenir l’attention. Le temps passe si vite !
Et déjà, après quelques lourdeurs d’estomac et autant de migraines, après les énervements en famille, eux aussi inéluctables et la déception des enfants devant leurs cadeaux (qui a dit que c’étaient des anges ?), Noël est passé. Les Noëls sont passés, celui du 17 et celui du 25.
Avec tout ça, a-t-on eu le temps de penser à Jésus ? Oui, juste une petite carte
d’anniversaire !

Hugues Not

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Décembre 2007

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