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Ces excuses fabriquées pour ne pas raviver sa foi

© Istockphoto, DR
Comment raviver sa foi quand le travail, la famille ou l’Eglise aspirent toute notre énergie? Pierre Teixeira (photo en médaillon), pasteur et étudiant en théologie, propose un regard frais sur les priorités d’une vie de foi vivifiée. Parti pris.
Pierre Teixeira

Al’aube d’une nouvelle année, joie, zèle et espérance sont souvent les maîtres mots que proclame le cœur du disciple. Pour Christ, il est prêt à prendre les plus grandes résolutions pour l’édification de sa foi. En effet, entretenir sa confiance en Dieu est une exigence fondamentale parce que «sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu» (Héb. 1, 6). Cependant cette volonté et cet enthousiasme pour les choses de Dieu finissent vite par voler en éclats lorsqu’ils se confrontent aux dures réalités existentielles.
Pour passer inaperçu, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes, on brandit de fausses excuses pour ne pas «rebooster» sa foi.

Les raisons pour servir Dieu

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Notons que toutes les fausses excuses que nous donnons à Dieu pour ne pas «rebooster» notre foi sont les raisons que Dieu utilise pour nous convaincre de le servir. Moïse donna à Dieu plusieurs prétextes pour ne pas aller en mission: «Qui-suis-je pour aller vers Pharaon et pour faire sortir d’Egypte les enfants d’Israël?» (Ex. 3, 11). «Mais s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je?» ou encore «Seigneur je ne suis pas un homme à la parole facile» (Ex. 4, 10). Position sociale, manque de connaissance et d’éloquence sont les raisons que Moïse évoque pour ne pas se rendre sur le terrain miné de l’Egypte. Dans sa souveraineté, Dieu va se servir de chacune d’elles pour «rebooster» la foi de Moïse et le convaincre de retourner libérer son peuple. Ainsi, aucune fausse excuse n’est valable devant Dieu pour ne pas prendre soin de sa foi.

Le travail

La première excuse, c’est le travail. Autrefois, on ne faisait jamais l’économie de la prière et du jeûne pour obtenir un travail ou une promotion. Le jour où Dieu dans sa grâce donne un emploi, ce dernier est utilisé comme une raison légitime pour ne plus aller aux activités de l’Eglise, par exemple.
Pourtant, le lieu de travail doit aussi être un chantier de témoignage de la foi qui anime le croyant. Travail et foi doivent ainsi être de fidèles compagnons. Comme Adam, Dieu place l’être humain dans le jardin de son travail pour cultiver et garder sa foi (Gen. 2, 15).

La famille

La deuxième fausse excuse est celle des responsabilités familiales. Certains vont même jusqu’à commettre un abus herméneutique en se justifiant et en citant 1 Tim. 3, 4: «Car si quelqu’un ne sait pas bien diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Eglise de Dieu?» Le théologien et écrivain Emmanuel de Armand donne un diagnostic spirituel de ce type de chrétiens comme étant victime du «covid de Marthe». Dans son Evangile, Luc relate ainsi: «Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds de Jésus, écoutait sa parole. Marthe occupée à divers soins domestiques, survint et dit: “Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir?”» (Luc 10, 38-40).
Plutôt que de représenter une barrière spirituelle, la famille devrait être le premier centre d’éducation et de formation de la foi. L’Eternel enjoint ainsi Israël en ces termes: «Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras» (Deut. 6, 5-7).

L’Eglise

Une troisième fausse excuse souvent brandie est celle des responsabilités que l’on prend dans le cadre de l’Eglise locale. Le lieu par excellence de transformation de la foi devient un département d’activisme de la foi. Cet état de fait existait déjà parmi les membres de l’Eglise d’Ephèse. Elle est malheureusement devenue une assemblée perdue dans le tourbillon de ses activités. Elle a sombré dans une maladie spirituelle qui a eu pour conséquence néfaste une défection sentimentale à l’endroit de Jésus-Christ, qui lui fit ce reproche: «Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance, mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour» (Apoc. 2, 2-4). Comme les Ephésiens autrefois, servir le Seigneur sans aucun sentiment pour lui mais avec un sentiment pour soi-même peut devenir une habitude de la vie chrétienne.

Le péché

Tout aussi sournoise, la quatrième fausse excuse pour ne pas se préoccuper de sa foi, de sa relation avec Dieu, est celle de la culpabilité. «Cela ne va pas très bien entre Dieu et moi, c’est comme ça!» Mais si on gratte un peu, la véritable raison est la suivante: «Je ne suis pas à la hauteur, je suis pécheur, je préfère rester à distance de Dieu parce que je ne le mérite pas.»
La nature pécheresse n’est pas une excuse suffisante pour négliger sa santé spirituelle. C’est la même honte qu’ont éprouvé Adam et Eve en Eden après avoir désobéi, ou le fils prodigue dans la parabole du même nom. Pourtant Dieu n’attend pas que nous soyons parfaits pour venir à lui, bien au contraire, nous avons besoin de sa présence pour davantage lui ressembler.

Pierre Teixeira pasteur, étudiant en théologie et écrivain

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Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Janvier 2022

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