Du ramadan de la soif aux fleuves d’eau vive
Du 17 février au 19 mars, 1,9 milliards de musulmans dans le monde observent au moins partiellement le jeûne du ramadan. Au-delà du rite, cette période de quête spirituelle intense est aussi une invitation, pour les chrétiens, à redécouvrir la force du témoignage personnel et de l’amitié sincère.
Le ramadan n’est pas seulement l’un des cinq piliers de l’islam; c’est aussi une tradition suivie par de nombreux musulmans qui, le reste de l’année, ne sont pas forcément pratiquants. Quelle que soit la pression sociale, cette période traduit une soif palpable de plaire à Dieu. Pour Emil Saleem Shehadeh, médecin retraité, spécialiste de l’évangélisation en milieu musulman et collaborateur du Mouvement de Lausanne, ce mois ne doit pas être vu avec distance, mais comme une occasion privilégiée de témoignages imprégnés de l’Evangile.
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Pourquoi le ramadan est une occasion de témoignage et non une barrière
Une étude menée par Emil Saleem Shehadeh auprès de plus de 4800 chrétiens auparavant musulmans rappelle une vérité fondamentale: le véritable moteur du changement de vie passe par une relation humaine de proximité. Contrairement aux idées reçues, si Jésus se révèle parfois par des visions ou des rêves, cela ne concerne que 3% des personnes interrogées. La réalité est ailleurs: 52% de ces nouveaux croyants ont rencontré le Christ grâce à des échanges personnels avec des chrétiens. Viennent ensuite l’impact des réunions de maison (29%) et des cultes (29%). Ces chiffres soulignent l’importance vitale de la sécurité qu’offre une amitié véritable. Parallèlement, le rôle des médias chrétiens (télévision, YouTube et internet respectivement à 22%) permet une quête de vérité aussi discrète qu’efficace.
Comment, dès lors, se comporter durant ce mois? Emil Saleem Shehadeh, fort de son expérience de chrétien palestinien en Israël, propose d’engager la conversation sur le sens du sacrifice. Alors que le désir de plaire au «Très Saint» par des œuvres anime nos voisins musulmans, nous pouvons témoigner de la grâce, gratuite par essence.
Comment témoigner pendant le ramadan avec respect
Nous pouvons expliquer pourquoi nous ne sommes pas tenus aux mêmes rites. Parce que le voile est déchiré. Le sacrifice de Jésus, une fois pour toutes, a ouvert la voie. Nous ne jeûnons pas pour mériter le salut, mais pour nous approcher d’un Dieu qui nous a déjà aimés. L’hospitalité reste la clé. Accepter une invitation à partager l’iftar (la rupture du jeûne) ou offrir de la nourriture à ses voisins – et offrir un traité ou un Evangile – est un pont vers l’autre. Le ramadan est une épreuve physique accentuée par la fatigue. S’enquérir du bien-être de son prochain, c’est aussi simplement incarner l’amour du Christ.
Cette année, ne voyons pas le ramadan comme une barrière, malgré les enjeux spirituels associés, mais comme un rendez-vous. Pour celui qui cherche Dieu sincèrement, la paix de Jésus – qui fut mis à l’épreuve au désert – est une réponse qui dépasse tous les rituels. Pendant ce mois de soif, sachons être, pour ces prochains musulmans, des amis qui conduisent vers la source intarissable qui jaillira jusque dans la vie éternelle (Jn. 4, 14).
Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Mars 2026
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