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Le remède aux paroles toxiques

Le remède aux paroles toxiques
 
19.03.12 - Auteur de «Paroles toxiques, paroles bienfaisantes» (éd. Robert Laffont), l’auteur et conférencier Michel Lacroix parle du poids des mots et revendique une éthique du langage. Interview.
Paroles toxiques, paroles bienfaisantes: statistiquement, lesquelles prononçons-nous le plus?
Nous avons tous une propension à nous souvenir davantage des paroles toxiques qui nous ont fait du mal, qui nous ont causé de la peine, qui ont été désagréables, qui nous ont parfois désespérés, que des paroles agréables qui causent de la joie. Or il ne faut pas que les paroles toxiques oblitèrent la quantité absolument prodigieuse de paroles agréables et bienfaisantes qu’autrui nous adresse.

Vous distinguez quatre catégories de paroles...
Il y a d’abord les paroles positives, agréables, mais qui restent superficielles. Elles sont néanmoins indispensables au lien social. Ce sont celles qui relèvent de la politesse, ces petites conversations dont nous avons besoin pour nous sentir bien avec les autres: «Comment allez-vous? Merci.
Il fait beau aujourd’hui»
. En second lieu, il y a les paroles positives, mais qui vont plus profondément au cœur de la personnalité: paroles d’encouragement et de consolation, paroles bénéfiques, paroles d’admiration, toutes ces paroles profondément positives qui m’aident à m’épanouir.
Viennent les paroles désagréables, d’indifférence, mais qui ne sont pas nocives, dans le sens où elles ne m’ébranlent pas profondément. Enfin, les paroles de la quatrième catégorie présentent un degré de toxicité très grand; ce sont des paroles de découragement ou qui me stigmatisent, des paroles harcelantes ou dépréciatives, qui laminent ma confiance en moi.

Les paroles ont donc un réel impact...
Toute parole qu’on m’adresse est comme un caillou jeté à la surface de l’eau: même le plus petit, le plus banal, va provoquer une ondulation à la surface de l’eau. Les paroles nous fabriquent, nous sommes tissés de paroles. Pendant toute ma vie, je suis le réceptacle des paroles des autres: de mes parents quand je suis un nouveau-né, puis de mes éducateurs, des membres de ma famille, de mes camarades.
J’ai rencontré beaucoup de personnes qui, des années après, se souviennent de paroles négatives qu’elles ont entendues de la part de quelqu’un qui leur était cher. En effet, le processus est encore plus douloureux quand l’offenseur est une personne proche; pire encore quand on nous le redit de manière répétitive.

Il n’y aurait donc pas seulement une éthique de l’action, mais aussi une éthique du simple langage?
Je ne suis pas contre une éthique de l’action, évidemment. Mais ma conviction, c’est que la morale ne peut pas se réduire à ce que nous faisons en faveur des autres. Ce que nous disons aux autres est également important, parfois plus important. J’ai voulu réhabiliter tout ce pan de la morale en donnant une éthique du langage. D’ailleurs, les deux sont liés: si mes actions de bénévolat ou d’accompagnement d’élèves en difficulté ou de personnes handicapées par exemple, ne sont pas accompagnées d’une certaine manière de m’adresser à autrui, mes efforts sont incomplets. Je dois veiller à la qualité de mon relationnel.

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