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Israël: attentat contre une famille messianique

Une ligne rouge a été franchie en Israël où un attentat à l’explosif a failli coûter la vie au fils d’un pasteur messianique. Le 20 mars, dans la ville d’Ariel (au cœur de la Cisjordanie), la famille de David Ortiz (photo) a reçu sur son palier un traditionnel panier de…
Joël Reymond

Une ligne rouge a été franchie en Israël où un attentat à l’explosif a failli coûter la vie au fils d’un pasteur messianique. Le 20 mars, dans la ville d’Ariel (au cœur de la Cisjordanie), la famille de David Ortiz (photo) a reçu sur son palier un traditionnel panier de friandises pour le fête du Pourim. C’est son fils Ami qui a ouvert le colis piégé. La survie de l’adolescent, grièvement blessé, tient du miracle alors que tous les meubles ont volé en éclat et que des vitres de voitures ont été brisées trois étages plus bas.
David Ortiz, un latino-américain lui-même non-juif mais dont l’épouse et les enfants le sont, a publiquement pardonné aux agresseurs. De même le frère aîné d’Ami, appelé aussi Ariel, dans un long interview du journal Ma’ariv. À Ariel, les témoignages de sympathie ont été nombreux.
–CREDIT–
Les principaux médias israéliens ont thématisé l’événement, plus encore certains médias et leaders évangéliques, surtout en Amérique du Nord. Mais il n’est pas sûr que cette attaque créera un vent de sympathie pour les Juifs messianiques d’Israël discriminés (entre 10000 et 15000 personnes). C’est du moins ce que pense Ruben Ross, un autre pasteur messianique : «Les médias israéliens auraient pu faire plus.»

Orthodoxes soupçonnés
Même si le Hamas avait mis la tête de David Ortiz à prix et n’a d’ailleurs pas manqué de revendiquer l’attentat (à cause des activités missionnaires), la police israélienne penche sérieusement pour la thèse des ultraorthodoxes. «C’est pour ça qu’on ne retrouvera pas les responsables», estime, pessimiste, Ruben Ross. «Ils exercent une puissante influence à tous les niveaux de notre société israélienne.»
L’activisme anti-missionnaire en Israël était jusque-là non violent, quoique efficace. Le groupe Yad l’Ahim, par exemple, a fait par le passé circuler des tracts avec les photos portraits de responsables messianiques (dont David Ortiz) et ils ont réussi, toujours à Ariel, à ramener des messianiques dans le giron du judaïsme traditionnel par la persuasion.
Ailleurs, Joseph Shulam, directeur de l’organisation Netivia, dit avoir reçu des cocktails Molotov contre ses locaux. Le centre messianique qu’il tente d’installer dans le quartier de Réhavia, à l’Ouest de la vieille ville de Jérusalem, suscite une levée de bouclier. Commentant l’attentat d’Ariel, Avi, un Juif messianique de la région de Tel Aviv, a confié au magazine Un écho d’Israël: «Nous savions tous que ce genre d’attentat arriverait un jour. Nous l’attendions avec angoisse.»
Jacques Elbaz, pasteur franco-israélien et directeur du nouvel Institut de théologie francophone de Jérusalem, subit ces attaques depuis plusieurs années. À la délégation évangélique française qui visitait Israël en mars dernier, il confiait, acerbe : «Les Juifs ne sont intéressés qu’à une chose: votre argent.»
Joël Reymond

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui – Juin 2008

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