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Jonathan Roumie, le visage du Christ dans «The Chosen»

© Youtube - DR
Catholique engagé, Jonathan Roumie incarne Jésus dans la série «The Chosen» du réalisateur évangélique Dallas Jenkins. Nous avons rencontré l’acteur américain en décembre 2021, alors qu’il était présent à Paris pour faire la promotion du lancement de la série en voix française sur C8. Entretien.
Nicolas Fouquet

Avez-vous hésité avant d’accepter ce rôle?

Non. J’avais besoin d’un boulot (rires). Il faut vivre. C’est un job avant tout. Les acteurs ont besoin de travailler et les occasions sont irrégulières. Cela étant dit, j’avais déjà tourné trois courts-métrages auparavant avec Dallas Jenkins. Quand il m’a appelé pour refaire le rôle de Jésus pour la série, je n’ai pas eu trop besoin de réfléchir. Il faut dire ensuite que la série est très bien écrite. C’était une source de motivation. De plus, c’est un projet qui a une signification profonde pour moi en raison de mon amour pour Jésus.

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Une particularité de cette série est qu’elle accorde autant d’importance aux disciples qu’à Jésus. Etait-ce étrange?

Non, car Jésus devient la figure centrale pour ces personnages secondaires. Même si vous ne le voyez pas dans tous les épisodes ou à chaque minute de chaque scène, la vie de tout le monde est influencée par sa présence, qu’il soit là ou non. En ce qui me concerne, l’élément central n’est pas le temps que je passe sur scène en tant que Jésus. Ce qui est important, c’est l’impact que le personnage que j’incarne a sur la vie des autres personnages et sur la vie des spectateurs dans la réalité. Les gens sont attirés vers Jésus grâce à la série, quand bien même il n’est pas le héros traditionnel de l’histoire.

Est-ce que jouer le rôle de Jésus a changé votre relation avec Dieu?

Oui, tout à fait. Ce n’est pas possible autrement. Plus on pense à Jésus et plus on est plongé dans les Ecritures, plus Dieu travaille notre cœur. Ce qui a été le plus intéressant dans mon rôle, c’est d’avoir cherché à montrer les différentes facettes de l’humanité de Jésus.
En méditant les différents aspects de sa personnalité, on est immédiatement emmené vers une rencontre plus profonde avec lui. N’était-il pas comme nous en tous points, à l’exception du péché? Il y a beaucoup de réconfort, de courage et d’encouragement quand on réfléchit à tout ça.

Vous êtes-vous inspiré des précédents films sur Jésus pour travailler votre rôle et trouver l’inspiration?

Je n’ai pas cherché activement à regarder le jeu d’autres acteurs qui avaient joué Jésus. En tant qu’acteur, nous tentons d’avoir notre propre version et interprétation. Je me suis surtout plongé dans les Evangiles, les écrits portant sur la vie de Jésus, ce qu’il a dit et fait.

Dans la version originale en anglais, vous parlez avec un accent particulier?

Oui. C’est un choix du réalisateur qui n’a pas été reproduit dans le doublage en français. Les Romains ont un accent américain classique, mais ceux qui incarnent des Juifs ont un accent de type oriental.
Pour mon rôle de Jésus, j’avais développé une approche personnelle de sa voix il y a de nombreuses années avant même de rencontrer Dallas Jenkins. Je me suis inspiré de membres de ma famille pour la travailler, en particulier de mon père qui est originaire d’Egypte et de ma tante qui est palestinienne. Lui a un accent plus léger, elle un accent plus lourd. J’ai visé entre les deux.

Vous parlez aussi un peu le français. Où l’avez-vous appris?

J’ai un peu étudié le français à New York. Puis j’ai rencontré une fille française, ce qui m’a fait faire des allers-retours entre les deux pays. Je suis resté plusieurs mois ici sur une durée de trois ans. L’immersion en France m’a fait progresser.

Que représente la sortie en voix française de la série?

C’est géant. Tout autant pour la série que pour moi-même! «The Chosen» est passée sur une chaîne nationale en France. Ce qui n’a même pas été le cas aux Etats-Unis. C’est incroyable! Je suis très honoré et reconnaissant.

Quels retours avez-vous eu de la diffusion des deux premières saisons aux Etats-Unis?

Beaucoup de gens, d’arrière-plans ou de dénominations différents, viennent nous voir parce qu’ils ont aimé la série. Il peut s’agir de pasteurs, de prêtres, de théologiens, de rock stars ou d’activistes sociaux. Des personnes qui n’étaient rattachées à aucune Eglise ont été bouleversées en regardant la série. L’Esprit touche les cœurs.
Certaines des personnes avec qui nous avons parlé se trouvent également en chemin avec Christ. Si le bouleversement est possible pour une ou deux personnes aux Etats-Unis, je suis convaincu qu’il l’est également pour d’autres partout à travers le monde.
Quand nous sommes allés montrer «The Chosen» au Congrès, il y a des démocrates comme des républicains - des cravates bleues commes des cravates rouges - qui ont pleuré car ils étaient touchés. C’est une belle indication que Dieu nous permet de faire quelque chose de bon pour le monde. 

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Indigne de jouer Jésus

Quand Jonathan Roumie a commencé à jouer le rôle de Jésus, il a déclaré avoir été confronté à ce qu’il a ressenti comme un combat spirituel. Il se sentait «indigne» de dire les paroles que Jésus avait prononcées, rapporte Christianity Today. Ainsi, dans l’épisode 6 de la première saison de «The Chosen», où Jésus guérit le paralytique chez Zébédée, c’était la première fois que Jonathan Roumie prêchait directement à partir des Ecritures sur un plateau de tournage. «Je me suis dit: “Qu’est-ce que je fais ici? Je ne devrais pas faire ça. C’est un sacrilège”, et j’ai commencé à paniquer», a relaté l’acteur. Cinq jours ont été nécessaires pour tourner la scène. Dallas Jenkins, le réalisateur lui a alors dit: «Aucun de nous n’est digne de faire ça, mais nous racontons cette histoire pour que les gens sachent qui est Jésus et pourquoi il est venu.»

David Métreau

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Février 2022

Dossier: Jésus à l'écran

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