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Pourquoi elles, mais pas les autres?

Un article du quotidien Le Monde racontant l'attentat manqué du 19 juin 2017, sur l’avenue des Champs-Elysées
© DM
Le procès historique des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis s’est ouvert le 8 septembre pour une durée de neuf mois. David Métreau se souvient de cette période troublée qui endeuillé la capitale française. L'édito de la rédaction.
David Métreau

Le procès historique des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis s’est ouvert le 8 septembre pour une durée de neuf mois. Une fois n’est pas coutume, je vous propose un récit plus personnel dans cet éditorial. J’ai vécu à Paris entre février 2014 et septembre 2017 et j’ai donc été aux premières loges de la vague d’attentats qui a endeuillé la capitale française. Comme les nuages noirs annoncent une tempête, le concert des sirènes à deux tons et la frénésie autour de l’Hôtel de police m’alertaient quand quelque chose de grave se passait à Paris, que ce soit pour les attentats de Charlie Hebdo ou d’autres attaques terroristes. 

Le soir du 13 novembre, sortant d’un concert où nous avions été confinés dans les coulisses, mon épouse et moi avions traversé des rues vides de Paris, comme en temps de guerre. Nous logions cette nuit-là à un jet de pierre de terrasses fraîchement décimées par les assassins de l’Etat islamique. Bilan de la soirée: 130 morts et plus de 1300 blessés. Des vies volées, d’autres traumatisées à jamais. La sinistre banalité de Kaboul ou de Bagdad au cœur de la Ville Lumière. L’horreur, celle à laquelle on ne s’habitue jamais. Pourquoi Seigneur?

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Les mois passent. En juin 2017, à moins de deux semaines d’intervalle, mon épouse et moi sommes respectivement témoins majeurs de deux attentats. Nos photos amateurs font la Une de la presse internationale. Quel message Dieu veut-il nous faire passer? «Ne craignez pas, je suis là. Avec vous.»

Le terroriste le plus débile du monde?

Le 19 juin 2017, sur l’avenue des Champs-Elysées, j’aurais pourtant pu perdre ma femme et ma fille de six mois si le terroriste n’avait pas «oublié» l’opercule de sécurité des bouteilles de gaz dans sa voiture piégée. Le terroriste surarmé, comme foudroyé par un jet de soufre, fut grâce à Dieu - et ce n’est ici pas une expression - la seule victime de sa folie. Un humoriste ironisera sur cet attentat raté en gratifiant le soldat de Daesh du titre de «terroriste le plus débile du monde». Je suis persuadé qu’il a tort. L’opercule, le soufre et la fumée blanche, c’était l’action directe de Dieu. Il venait miraculeusement de sauver des vies, dont celles de ma femme et de ma fille. Infiniment reconnaissant, je m’interroge néanmoins encore souvent, pourquoi elles, Seigneur, et pas les autres?

David Métreau, rédacteur en chef

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Octobre 2021

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