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Pour une permaculture évangélique

Un jardin cultivé en permaculture
© iStock
Frédéric Baudin est pasteur des Eglises évangéliques libres en France, conférencier et auteur de plusieurs ouvrages dont La Bible et l’écologie (éd. Excelsis). Il encourage les chrétiens à s’intéresser à une permaculture alliant approche prophétique et action pragmatique. Parti pris.
Frédéric Baudin
Fréderic Baudin
© Le pasteur Fréderic Baudin

A de rares exceptions près, les chrétiens n’ont pas toujours été les plus prompts à réagir pour privilégier les moyens de production et de distribution les moins néfastes sur les plans écologique et social. Aujourd’hui leur intérêt pour la «permaculture» et leurs motivations restent partagés entre une approche «prophétique», tendue vers l’avenir eschatologique, parfois avec des accents catastrophistes et une action simplement «pragmatique», aux prises avec la réalité actuelle. Faut-il privilégier l’une des deux options au détriment de l’autre?

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Cultive et garde ton jardin

L’écologie d’inspiration chrétienne se réfère au mandat donné par Dieu à l’humanité de peupler la terre, ce qui suppose une certaine croissance, d’ailleurs bénie par Dieu au commencement. Pour accompagner ce développement - durable! - l’homme et la femme sont invités à «dominer et soumettre» les ressources confiées à leur bonne gestion, en tant que représentants de Dieu, «à son image». Cette domination est donc empreinte, en principe, d’amour, de sagesse et de justice. Il s’agit de «cultiver et garder» cette terre pour le bien du plus grand nombre, sans cesse croissant, et d’en assurer la durabilité. Cette culture est aussi le moyen d’honorer Dieu à qui on rend un culte par amour et reconnaissance.

La chute abolit-elle notre mandat originel?

Bel idéal, entaché presque aussitôt, dans le récit des origines, par la «chute»: l’être humain prétend désormais fixer lui-même les bornes du bien et du mal, afin de remplir la mission culturelle au sens large. De là viennent la croissance anarchique, la mauvaise gestion des ressources et la domination tyrannique des êtres sur leurs semblables et sur leur environnement…

On parle beaucoup aujourd’hui de la pollution physique qui perturbe et détruit les écosystèmes, mais très peu de la pollution morale qui provient du «cœur» (Mat. 15, 17-20). Une «permaculture évangélique» (qui se rapporte à l’Evangile) pourrait donc se concentrer en premier lieu sur l’Evangile, qui ouvre la porte de la réconciliation avec Dieu, avec nos semblables et avec la Création dans son ensemble.

Mais le mandat «culturel» des origines n’est pas aboli. Au contraire, il est remis à l’honneur comme une conséquence du changement produit dans notre vie par ce même Evangile. Cela se traduit, entre autres, par le respect et le soin que nous apportons à la Création, comme un fruit de cette réconciliation.

Une écologie de la réconciliation

Cette «écologie évangélique» est prophétique, car elle annonce la plénitude de la réconciliation, encore à venir, accomplie par le Messie lors de son retour triomphal; elle est un signe de notre foi et de notre espérance (Romains 8). Elle est également pragmatique, car elle s’incarne dans la société dans laquelle nous vivons et pour laquelle nous recherchons ce qui est le meilleur pour favoriser la vie et l’épanouissement de nos concitoyens, chrétiens ou non.

Notre «culture» visant à restaurer les écosystèmes et à en favoriser la biodiversité est l’un des fruits de notre conversion à Dieu, de notre réconciliation avec «notre Père»; elle vise aussi à modérer nos activités et nos échanges pour réduire les nuisances écologiques, afin d’assurer une certaine «permanence» de notre «culture» (au sens agricole, pour le moins!), sans doute relative, mais autant que possible effective. Elle est enfin le signe d’un changement authentique, d’un «nouveau cœur», «purifié» par grâce, pour aimer Dieu et notre prochain. 

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Juin 2021

Dossier: Pour une permaculture évangélique

Les chrétiens sont de plus en plus nombreux à s’initier à la permaculture et à en faire un style de vie. Allier mandat originel, alimentation de qualité, justice sociale et connexion au Créateur, c’est ce qu’offre cette nouvelle tendance écologique. Dossier.

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