Skip to content

«Je me couche et m’endors en paix»… malgré la pandémie?

© Istockphoto
La crise pandémique a passé le cap des douze mois et elle fait apparaître de premiers stigmates durables: le dérèglement des rythmes de sommeil au sein d’une population fragilisée. Mais de récentes études estiment que la foi serait une des clés d’amélioration de la qualité de nos nuits. Explications.

Al’occasion de la 21e journée du sommeil le 19 mars dernier, l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) portait à l’attention du public le rôle du sommeil essentiel à la santé et qualité de vie. Or depuis les confinements, certains médecins et unités de sommeil enregistrent deux fois plus de cas de troubles anxieux, dépressifs et états de fatigue plus importants, selon une enquête menée avec la mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN) début janvier. 64% des Français atteints par le Coronavirus présenteraient un trouble du sommeil. Certains publics ont été particulièrement touchés comme les 18-24 ans. Les couchers tardifs et l’utilisation massive des écrans au lit pour 58% de cette génération en sont une des causes.

Toutefois, Isabelle Arnulf, neurologue et cheffe de service des pathologies du sommeil à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris observait encore début avril un nombre constant de patients atteints de troubles graves du sommeil dans son service (hypersomnies, hypoventilation, violences nocturnes) comparé à la période avant Covid: «Mais certains d’entre eux se lassent du télétravail et des longs meetings sur Zoom. Je leur conseille de pédaler en même temps, sur un vélo d’appartement, pour maintenir leur attention. On commence aussi à nous adresser des “Covid longs” qui dorment beaucoup, mais il faut attendre un peu de temps et des examens pour que nous arrivions à distinguer ce qui relève réellement d’une hypersomnie centrale ou d’une dépression.»

Publicité

Trop de sommeil, l’autre problématique

A Rolle en Suisse, la docteure Adeline Yamnahakki-Bossy, pédopsychiatre FMH, affronte quant à elle une réalité différente. «Les chiffres commencent seulement à poindre et font peur: augmentation des suicides, dépressions et anxiété, perte d’espoir en l’avenir du monde chez les jeunes. Le stress prolongé aboutit à un burn-out avec sa kyrielle de troubles somatiques. Il est possible que le besoin de se réfugier dans le sommeil augmente, pour tenter de gérer le stress. » La neurologue Isabelle Arnulf nuance: «Depuis qu’il y a les cours à distance, les jeunes sont moins décalés. On a eu affaire à quelques cauchemars ou mauvais rêves en lien avec le contexte sanitaire chez nos patients et il y a, bien sûr, des dépressions.» Les étudiants, les travailleurs ainsi que les mères de familles comptent parmi les plus touchés.

Le besoin de se réfugier dans le sommeil augmente

L’avantage de la foi

Une étude américaine livre des conclusions étonnantes et pour le moins rassurantes quant au lien étroit entre la pratique d’une vie spirituelle et la qualité de nos nuitées. En matière de sommeil, il semblerait que les chrétiens ont un avantage. Selon les résultats publiés dans le Journal for the Scientific Study of Religion en 2019, une foi ferme en Dieu faciliterait une bonne qualité de sommeil.

Les bénéfices permettraient d’abaisser le taux de stress, les inquiétudes et les frustrations provoqués par les situations inédites à répétition liées au contexte pandémique. Plus précisément, ce serait la certitude du salut et la qualité de la relation avec Dieu qui auraient tendance à agir plus rapidement sur l’endormissement des croyants, leur permettant de dormir aussi plus longtemps et de se lever plus reposés. La notion d’espérance prend tout son sens. Bilan: réduction et prévention des troubles nerveux et de symptômes dépressifs. Le sommeil devient meilleur.

Remettre ses fardeaux à Dieu soulage

Les études permettent aussi de réaliser l’impact de la foi lorsqu’elle est vécue et partagée entre plusieurs personnes réunies autour de mêmes valeurs spirituelles. La solidarité et le partage aident à mettre en place des mécanismes d’adaptation positifs, selon les résultats de l’étude du Journal for the Scientific Study of Religion. Mais l’Eglise n’est pas la seule source de résilience. La pratique d’une vie spirituelle individuelle par la lecture régulière de la Bible et la prière peuvent aider à un endormissement et sommeil profonds. Le sentiment de sécurité qui accompagne l’attachement à Dieu du croyant et sa confiance dans l’au-delà sont quelques-unes des raisons avancées par l’étude.

Les croyants s’endorment malgré l’incertitude, avec l’assurance que Dieu reste préoccupé par leurs situation et bien-être, selon les chercheurs américains. «Le fait de remettre dans la prière ses journées, ses nuits, ses soucis et fardeaux à Dieu est évidemment une grande source de paix intérieure favorable à un bon sommeil», souligne Anne-Catherine Piguet, ergothérapeute et théologienne. «Mais cela n’empêche pas d’avoir des débordements émotionnels et des douleurs physiques qui viennent perturber plus ou moins gravement et durablement le sommeil, en dehors de toute maladie insomniaque.»

Remplacer ses habitudes

Si le numérique n’est de loin pas le seul facteur perturbateur, il peut en revanche devenir une valeur refuge: «Dormez! L’utilisation excessive des outils numériques entraîne souvent un manque de sommeil et donc une moins grande disponibilité pour la réflexion, la méditation et la délectation de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ», soulignait Dominique Angers, professeur à la Faculté de théologie évangélique à Montréal à l’occasion d’une conférence sur le thème «Vivre l’Evangile dans une société connectée» au Centre Evangelique en 2019. Alors pourquoi ne pas remplacer une mauvaise habitude numérique par une bonne habitude, «une étape à la fois»? La nuit porte conseil.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Mai 2021

Thèmes liés:

Pour poursuivre la lecture, choisissez une des options suivantes:

Créer un compte gratuitement

Et profitez de 14 jours de consultation gratuite de nos contenus

Publicité