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Oron : L’Eglise se transforme en banque alimentaire

Henri-Louis Doge
© DR
Henri-Louis Doge et une équipe de bénévoles distribuent des invendus alimentaires tous les lundis à Oron. Pour eux, aider leur prochain prend une dimension concrète. Portrait.
David Métreau

Tous les lundi après-midis, l’Eglise Gospel Center d’Oron, en Suisse, devient un centre de distribution de denrées alimentaires. Plus de cinquante bénévoles, dont la moitié issus de l’Eglise se relaient au sein de l’association «Al Oron t’aide» pour venir en aide aux personnes démunies de la petite ville vaudoise. L’initiative est née d’un appel reçu par Henri-Louis Doge, 65 ans, de se mettre au service et d’obéir à un travail diaconal, désintéressé, en Eglise. «Au départ, des gens m’ont dit: “On n’a pas de besoins, on habite Oron et il n’y a pas les mêmes problématiques sociales que dans les grandes villes comme Genève ou Lausanne”. Pourtant environ 125 personnes viennent plus ou moins régulièrement récupérer des aliments», souligne le professeur de mathématiques à la retraite.

Un service désintéressé

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L’association dont le nom est inspiré de la chanson de Stromae «Alors on danse», reçoit des invendus récupérés par la fondation Table Suisse dans les supermarchés Manor, Coop et Migros. Elle les distribue ensuite aux personnes possédant une carte remise par les services sociaux. «La distribution se passe dans une église, mais le but n’est pas l’annonce de l’Evangile. C’est un service complètement désintéressé», déclare Henri-Louis Doge. «On doit aimer les gens tout simplement et vouloir le bien de ceux qui nous entourent.» Mais quand les bénéficiaires – dont un bon nombre de musulmans – entrent dans l’église, ils posent beaucoup de questions.

Au service des plus petits des frères

«On n’a jamais arrêté à cause du Covid», se félicite le père de quatre grands enfants et grand-père de trois petits-enfants. «Lors du confinement nous avons fonctionné avec les cinq mêmes bénévoles pour des raisons de sécurité.» Atteint d’un cancer en 2010, Henri-Louis Doge a alors réfléchi aux priorités de sa vie, lui qui est toujours suivi en oncologie et fait des PET-scan régulièrement. «Certains disent que je suis un miraculé, mais je crois en la grâce de Dieu et que mon temps ici n’était pas terminé.» Un temps que le sexagénaire souhaite consacrer au développement d’une diaconie forte, comme dans la Bible au temps d’Etienne. «C’est comme ça que je vois l’Eglise aussi. Engagée au service de la société, tout en croyant à la force de l’Esprit!»

Il souhaite voir d’autres lieux avec des activités similaires se développer en Suisse romande et «susciter chez beau- coup la foi». Le logisticien bénévole se déclare prêt à ai- der d’autres Eglises ou associations qui souhaiteraient se lancer dans la distribution de colis alimentaires.

Henri-Louis Doge est particulièrement touché par le passage biblique en Matthieu 25, 39-46: «Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.» Il commente: «C’est un texte assez difficile mais qui est plein d’espérance si on essaie d’y obéir.»

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Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Avril 2021

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