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Eglises : Un album fait maison, pour une louange pertinente

Equipe de lounage de l'Eglise Momentum à Bordeaux
© Momentum
Nombreuses sont les Eglises francophones produisant leur propre album de louange: la Porte Ouverte à Mulhouse, Momentum à Bordeaux, le Temple du Marais à Paris, et d’autres encore. Avec quel objectif? Enquête.
Sandrine Roulet

Les chants de Dan Luiten inspirent les chrétiens francophones depuis des années. Mais pour le premier album de son Eglise Momentum (photo), l’artiste s’est fait le chef d’orchestre d’une équipe élargie. «Amour parfait» est un album d’Eglise avant tout: «Avant de démarrer le projet, nous ne voulions pas que ce soit l’album de deux ou trois personnes de l’équipe de louange. Nous voulions qu’il ressemble à notre Eglise, telle qu’elle est aujourd’hui», détaille le dossier de presse.

Autre aspiration du projet, que les fidèles retrouvent le son qui porte l’assemblée chaque dimanche et puissent s’approprier les chants pour s’approcher un peu plus de Dieu.

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La louange appartient à tous les chrétiens

De même, l’album «Epiclèse» (dans la liturgie chrétienne, l’épiclèse est la prière qui appelle le Saint-Esprit avant la communion) est un projet par et pour l’Eglise: «Depuis quelques années au Marais, nous n’abordons pas la louange seulement comme un temps musical et spirituel mais comme un mode de vie. Nous insistons sur le fait que la louange n’appartient pas aux musiciens mais à tous les chrétiens», expliquent Tanya Monnier, responsable de la louange et Estienne Rylle, artiste et producteur, à l’origine du projet. Pour cette raison, leur clip «Magnifique est le Seigneur» montre les visages des membres de la communauté et non les musiciens. Par ailleurs, chaque chant a été pensé pour sa fonction liturgique: consécration, repentance, annonce du pardon, reconnaissance, confession de foi, etc.

Du côté de Mulhouse, «Un moment avec toi» de la Porte Ouverte fait suite à une série d’albums enregistrés en live lors des soirées de louange de l’Eglise. «L’idée est née à la fois du désir de l’équipe des conducteurs de louange de porter un tel projet ensemble, de bénir le milieu chrétien francophone et à la demande de ceux qui ont acheté dents», confie Johanna Moulin, l’une des conductrices de louange de l’Eglise. A la différence des autres, ce nouvel opus est un projet réellement collectif, car il porte toutes les couleurs de l’Eglise: l’équipe des conducteurs de louange et tous les intervenants du domaine musical ont été impliqués.

Compositions originales de l’Eglise

Johanna Moulin complète encore: «Un second objectif était d’encourager les auteurs-compositeurs et de produire non seulement des reprises mais également des titres composés par des gens de la maison.»

Effectivement, quatre titres sur les neuf de l’album sont des compositions de membres de l’Eglise. Même tendance pour l’album «Amour parfait», qui compte aussi parmi ses auteurs des membres de Momentum, «qui ne sont pas des musiciens mais ont un cœur d’adorateur et de belles choses à dire», écrit Dan Luiten.

Tout en expliquant que l’Eglise a mis sur pied des week-ends de composition, réunissant des personnes avec des styles et arrière- plans différents. Certains chants, comme «Caché dans ta lumière», ont été composés en groupe: «Une personne apportait des idées théologiques percutantes, l’autre les enrobait de poésie, une autre ajoutait un rythme, une envolée mélodique, etc. Chacun a apporté une touche différente», confie Dan Luiten.

Des chants qui ont un objectif

Sur l’album «Epiclèse», les chants mettent à l’honneur le vaste répertoire musical de la communauté, qui s’étend du 16e au 21e siècle: «Certaines compositions du pasteur Gilles Boucomont faisaient déjà partie du répertoire, d’autres ont été composées par Tanya Monnier et Estienne Rylle au cours de la production pour répondre à des besoins spécifiques», développent les initiateurs.

«Par exemple, nous souhaitions un chant de repentance écrit en “nous” afin de demander pardon à Dieu ensemble, en Eglise. Ou encore un chant de Sainte-Cène que nous pourrions entonner pendant la communion.»

La touche des professionnels

Pour produire leur album, ces différentes Eglises ont pu compter sur des chanteurs, musiciens ou arrangeurs professionnels. «Le fait d’être bien entourés et conseillés est, il est vrai, un atout majeur pour ne pas se “perdre” dans de bonnes idées qui sont parfois irréalistes», remarque Johanna Moulin, «mais cela permet également d’assurer une certaine qualité».

Réalisé avec les directeurs de louange et musiciens de Momentum, «Amour parfait» a été enregistré dans un studio ayant produit nombre d’artistes chrétiens francophones. Pour «Epiclèse», le chanteur-compositeur bien connu Samuel Olivier a eu l’amitié de se joindre à l’équipe pour le chant «L’Eternel me sauve et il m’éclaire».

Si un certain nombre des musiciens impliqués sont des professionnels, «il s’agit d’un projet collectif où la performance musicale n’a jamais été une fin en soi», précisent Tanya Monnier et Estienne Rylle. En 2008, l’Eglise C3 à Lausanne avait produit un album avec ses propres compositions et en 2012, un album live. Des projets appréciés par l’Eglise, mais qui nécessitent du temps et des frais.

Co-responsable de la louange et chanteuse, Natacha Horton constate qu’il faut de bons musiciens et un environnement professionnel pour se lancer dans un album et avoir un produit de qualité. «Par contre, on peut composer des chants et les introduire avec notre Eglise sans avoir besoin d’enregistrer quoi que ce soit, et ça peut être super et constructif aussi.»

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui Janvier 2021

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