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Pour vivre Noël malgré la pandémie, osons innover

Noël confiné : discussion en visioconférence avec Mamie restée chez elle
© iStock
Dans le sillage des restrictions imposées en raison de la crise du Covid, les fêtes de Noël se vivront sous une forme revisitée cette année. Formule en ligne, colis déposés devant la porte, rendez- vous en tête-à-tête... comment cultiver l’essence de Noël?
David Métreau

«Globalement tout le programme de fin d’année est chamboulé. D’habitude nous faisons un grand spectacle de Noël qui engage énormément de personnes. Tout est tombé à l’eau. », déclare Walter Zanzen, pasteur principal de l’Eglise Evangélique de Réveil de Genève, avec une pointe de déception dans sa voix.

De nouvelles initiatives

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Face à l’incertitude, aucun programme de Noël n’a encore été organisé, souligne-t-il. Pas question pour autant de mettre de côté la célébration de la naissance de Jésus. «Nous souhaitons marquer l’occasion. Cette fête est très importante, et davantage encore en cette période de liens distendus. Il faut que cela se ressente.» Des courriers personnalisés seront envoyés aux nombreux enfants de l’Eglise. Si les activités tournées vers l’évangélisation et l’aide envers les plus démunis comme la chorale des enfants ou Frater Noël sont suspendues, Walter Zanzen et son équipe pastorale ne désespèrent pas de trouver une initiative qui pourra permettre de «prendre soin des gens».

Les colis de Noël continuent

Le virus n’a pas eu raison de la solidarité. «On a quand même réalisé les colis pour la Mission chrétienne pour les pays de l’Est.» Un tas de paquets était visible devant l’estrade de l’Eglise, lors d’un culte filmé en direct dans une salle vide.

Si le pasteur genevois redoute un culte de Noël réduit à une prédication sur YouTube, il se dit très encouragé par les jeunes de son Eglise. «Ils ont été volontaires pour former des groupes de trois et se stimuler au niveau de la lecture biblique, de la vie de prière et de la motivation», se réjouit Walter Zanzen.

Les quatre pasteurs, formés en relation d’aide, se partagent les plus de 1000 noms – enfants compris – inscrits dans le répertoire de l’Eglise pour un appel en direct ou un message vocal, «plus chaleureux qu’un simple message écrit, même personnel». Walter Zanzen observe de nombreuses personnes en situation de fragilité et en voie de dépression. «C’est une souffrance pour tous.»

Célébrations probablement repoussées

Etienne Grosrenaud partage son ministère pastoral entre deux Eglises baptistes en France, à Mulhouse et à Illkirch, et une en Suisse, à Tramelan. Si la législation n’est pas tout à fait la même d’un côté ou de l’autre du massif du Jura, le pasteur a le même ressenti pour les célébrations de la naissance de Jésus. «On ne peut que peu prévoir. On a la volonté de marquer le coup, mais ce sera probablement un peu repoussé. Mais cela se fera; c’est nécessaire.» Les Eglises qu’il accompagne ou côtoie via ses responsabilités au sein du CNEF68 s’équipent encore davantage en abonnements pour des visioconférences ou des conférences téléphoniques. «Grâce à des outils comme OVH, les personnes plus âgées qui n’ont qu’un simple téléphone fixe peuvent participer à nos réunions. Tout le monde est enchanté!»

La douleur est là

Comme Walter Zanzen, Etienne Grosrenaud voit beaucoup de découragement parmi les chrétiens, en particulier dans les communautés endeuillées. «Une partie n’arrive pas bien à vivre autre chose que dans l’immédiat et la douleur. Mais généralement on accepte que ce ne soit pas comme d’habitude.» La forme évolue mais le fond de Noël reste.

Le pasteur alsacien encourage à relire les textes de la Nativité, à en envoyer des extraits par cartes postales et prier par téléphone avec d’autres membres de l’Eglise ou amis. «Le téléphone est très adapté pour la prière, mais moins pour les chants», concède-t-il. Pour cela, l’écoute et le chant seul ou en famille «en réel» peuvent remplacer les grands chœurs des assemblées.

Une Eglise encore plus visible

Malgré l’interdiction ou la stricte limitation des cultes, Walter Zanzen reste convaincu que l’Eglise va être plus visible encore qu’elle ne l’est déjà. Et cela peut-être davantage en cette période de Noël. Lui-même revient beaucoup au contact en tête-à-tête. «Rien ne peut remplacer la chaleur humaine et le contact de proximité. Laissons place à la spontanéité, saluons les gens avec un peu plus d’enthousiasme: “Bonne journée, joyeux Noël!” Rien que la gentillesse, qui est aussi le fruit de l’Esprit d’une certaine manière, est un témoignage et une marque des disciples», assure le pasteur, «le monde en a besoin.»

Optimiste, il voit les chrétiens en train de «veiller sur les gens». L’enfermement n’a pas empêché de nombreuses ouvertures. «Il y a plein de personnes en recherche, des inconnus qui ont vu le culte sur Internet et se sont convertis.» Le dynamique groupe de jeunes de l’Eglise évangélique de Réveil de Genève a compté soixante nouveaux membres ou contacts. Onze jeunes se sont fait baptiser en août et onze autres personnes le mois suivant.

On prie pour que ce qui se passe derrière l’écran soit profond


Walter Zanzen, pasteur principal de l’Eglise Evangélique de Réveil de Genève

«Beaucoup se posent des questions et sont touchés. On prie pour que ce qui se passe derrière l’écran soit profond. Que le vrai message de Noël, la venue de Jésus, fils de Dieu, par amour pour les hommes, puisse rejoindre profondément les gens.» Un message d’amour incarné qui, en cette période de distance, de peur et de défiance, prend plus que jamais tout son sens.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui décembre 2020

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