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Kamala Harris: «J’ai toujours cru en un Dieu d’amour»

La sénatrice américaine Kamala Harris en 2019
© Gage Skidmore / Flickr / cc-by-sa-2.0
La sénatrice Kamala Harris secondera dès janvier Joe Biden à la Maison Blanche. La future vice-présidente se confie sur sa foi personnelle et l’impact de celle-ci sur une administration Biden-Harris. Interview.
Protestinfo

L’interview a été réalisée par Maina Mwaura de Religion News Service à la veille des élections présidentielles.

Lors du débat vice-présidentiel, vous avez déclaré: «Joe Biden et moi sommes tous deux des gens de foi». Parlez-nous de votre propre parcours de foi.

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Mon cheminement spirituel a commencé quand j’étais petite fille. Le dimanche, ma mère nous habillait, ma sœur Maya et moi, avec nos habits du dimanche et nous envoyait à l’église, où Maya et moi chantions dans la chorale d’enfants. C’est de là que datent mes premiers souvenirs des enseignements de la Bible. C’est là que j’ai appris qu’«avoir la foi» est une action, et que nous devons la vivre et l’incarner en actes.

Ma mère, une immigrante de l’Inde, m’a inculqué la même idée lors de voyages dans des temples hindous. Et je l’ai également vue se refléter dans les traditions et les célébrations juives que je partage maintenant avec mon mari, Doug. De toutes ces traditions et de tous ces enseignements, j’ai appris que la foi n’est pas seulement quelque chose que nous exprimons dans l’Eglise et dans la prière, mais aussi dans notre façon de vivre, de travailler et la manière dont nous poursuivons nos appels respectifs.

Vous avez été procureure de San Francisco, procureure général de Californie et maintenant sénatrice des États-Unis. Comment votre foi influence-t-elle votre approche du leadership ?

Le Dieu en lequel j’ai toujours cru est un Dieu d’amour, un Dieu qui nous demande de servir les autres et de parler pour eux, en particulier ceux qui ne sont pas riches ou puissants et ne peuvent pas parler pour eux-mêmes. Je peux faire remonter ma croyance en l’importance du service public à la parabole du bon samaritain et à d’autres enseignements bibliques sur le souci du prochain, et à la compréhension que nos voisins ne sont pas seulement ceux qui vivent au sein du même code postal, mais qu’ils incluent aussi l’étranger.

L’Eglise est un lieu où l’on se sent enraciné dans un monde complexe

Kamala Harris

Tout au long de ma carrière, j’ai toujours essayé de me faire l’avocate des sans-voix et des personnes vulnérables, qu’il s’agisse de survivants d’agressions sexuelles ou de propriétaires californiens escroqués par les grandes banques.

Quel rôle voyez-vous pour les organisations religieuses et les lieux de culte au sein d’une administration Biden-Harris?

Joe et moi ,nous sommes engagés à travailler en partenariat avec les chefs religieux, les congrégations et les organisations confessionnelles pour renforcer et développer le travail essentiel qu’ils font pour soutenir leurs communautés au lendemain de cette pandémie.

Tout au long de nos carrières, nous avons tous deux travaillé avec des organisations confessionnelles pour accroître la justice et la paix, et nous continuerons à le faire dans une administration fédérale.

Nous ne nous contenterons pas de nous associer aux organisations et aux communautés religieuses, nous les protégerons. Au cours des quatre dernières années, nous avons assisté à une augmentation des incidents antisémites alors même que les communautés chrétiennes, musulmanes et sikhes ont également été visées par des actes de terrorisme interne. Lorsque Joe et moi serons à la Maison Blanche, nous contribuerons à protéger ces communautés en augmentant les subventions pour la sécurité de ces communautés religieuses, en établissant un programme d’application de la loi basé sur la foi au sein du Ministère de la justice et en renforçant les poursuites contre les crimes de haine.

La liberté et la tolérance religieuses sont des principes fondamentaux de ce pays depuis sa fondation, et Joe et moi les maintiendrons et les protégerons – tout en protégeant les croyants de toutes les confessions.

Vous avez dit que vous fréquentiez régulièrement l’Eglise. Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait d’aller à l’Eglise?

Depuis que je suis petite, l’Eglise n’est pas seulement un lieu où je puise des forces, c’est aussi un lieu de réflexion, un lieu où l’on étudie les enseignements du Seigneur et où l’on se sent enraciné dans un monde complexe. L’Eglise joue toujours ce rôle pour moi. Et j’en tire également quelque chose d’autre: un sentiment de communauté et d’appartenance où nous pouvons établir des relations durables et être là les uns pour les autres en cas de besoin.

Quel est votre verset biblique préféré?

«Nous marchons par la foi et non par la vue», de la deuxième Épître aux Corinthiens. C’est un rappel que Dieu nous aidera à relever les défis auxquels nous sommes confrontés, tant que nous faisons le travail et que nous gardons notre foi. Comme beaucoup de personnes croyantes, j’ai des conversations privées avec Dieu, où je lui demande généralement la force et la protection pour prendre de bonnes décisions et faire ce qui est juste.

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