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«En bannissant l’école à la maison, il perdra la République»

Un garçon
© iStock
Etienne Omnès est membre du blog collectif Parlafoi.fr. Il écrit notamment sur des sujets de philosophie et théologie politique. Père de famille, il réagit à l’annonce de l’interdiction de l’école à la maison (sauf raisons médicales) dès la rentrée prochaine. Parti pris.
Etienne Omnès
Etienne Omnès

Dans son discours (Emmanuel Macron ndlr) contre le séparatisme, une des annonces en particulier a fait écho: dès la rentrée 2021, l’instruction à l’école sera rendue obligatoire. Autrement dit: l’instruction en famille (IEF) qui est permise par notre Constitution sera interdite.

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Retour aux sources

La question n’est pas marginale: ce qui est en jeu, c’est le droit des familles à éduquer leurs enfants. Ce que l’on veut attaquer, c’est le droit naturel des parents à être des parents, à faire des choix éducatifs pour leurs enfants. En effet, même si vous ne voulez pas faire l’école à la maison, ce sont aussi vos libertés naturelles de parent qui sont atteintes par le fait que l’Etat impose dès le départ les alternatives possibles.

Sous prétexte de lutter contre les écoles islamiques clandestines, qui n’ont rien à voir avec l’IEF, on impose aux parents de mettre les enfants à l’école
tout comme les hommes politiques de Sparte exigeaient aux spartiates de
donner leurs enfants à l’Etat pour en faire des soldats. Retour aux sources républicaines: rien ne doit se dresser entre l’Etat et les individus, pas même leurs parents. Seul l’Etat est habilité à être le Père et seule l’Education nationale a le droit d’être la Mère. Tant pis si le premier a l’air confus, et que la deuxième est une castratrice bien renommée. Le projet républicain est à ce prix.

Valeurs de la République

Il y a déjà beaucoup d’arguments qui ont été émis, très bons pour la plupart: l’expérience commune des familles, pour lesquelles la religion n’est même pas une motivation. Les doutes sur la constitutionnalité du projet. La tonalité anti-libérale d’une telle interdiction. Dans cet article, je vais développer un autre argument. En menant à bien ce projet, Emmanuel Macron ne va pas sauver la République, au contraire il va changer le débat de telle manière qu’il va le perdre, et la République avec.

Pour s’en rendre compte, il faut lire son statut Facebook du 2 octobre. Il écrit: «Parce que l’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République, non celle d’une religion, nous allons mettre fin aux ELCO, les Enseignements Langues et Cultures d’Origine.» Il admet donc que l’école fournit un modèle d’enseignement concurrent à la religion, sur le même plan qu’elles. Et il agit en fonction.

Il parle également de la «bataille républicaine contre le séparatisme islamique». Mais qu’on ne s’y méprenne pas: le champ de la bataille est religieux, c’est la religion républicaine contre la religion islamique, comme en témoigne le fait que sa réponse est la promotion et l’organisation d’une théologie républicaine en langage islamique!

Il perdra, en tous les cas

Problème: qui va gagner? Un système philosophique de 230 ans à bout de souffle, divisé et réduit à un paquet de slogans? Ou une religion vieille de 1400 ans, dotée d’une tradition vivante et multiple, et qui engendre un zèle indéniable chez ses fidèles? La réponse est évidente.

Si Emmanuel Macron gagne la bataille de l’IEF, il perdra à terme celle de la République. Il y a une alternative cependant: contre une religion, il faut une religion. Le christianisme a prouvé sa valeur par le passé pour bâtir une civilisation. Et l’Evangile est encore aujourd’hui le message de paix le plus efficace qui soit. Mais l’Evangile, c’est aussi respecter le droit naturel des parents à éduquer leurs enfants. Que le Président choisisse.

Le champ de bataille est religieux

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