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Arménie: un nouveau génocide se profile

Des fleurs disposées un rang face à la flamme perpétuelle au Mémorial du génocide arménien à Erevan en Arménie
© Joel Carillet - iStock - Mémorial du génocide arménien à Erevan en Arménie
Alors que l’Azerbaïdjan s’acharne sur le Haut- Karabakh, les Arméniens sont sans soutien. Un nouveau génocide est-il à craindre? Le point.
David Métreau

«Ils cherchent à nous éliminer de la planète», s’alarme Matt Bartelsian, pasteur de la Yerevan International Church, située au cœur de la capitale arménienne.

L’Azerbaïdjan a lancé le 27 sep- tembre une attaque majeure sur la région autonome du Haut-Kara- bakh, peuplée d’Arméniens. Depuis, l’Arménie et l’Azerbaïdjan -soutenu par la Turquie- s’affrontent pour le contrôle de ce territoire de mon- tagne, peuplé de 150000 habitants.

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Matt Bartelsian, comme beaucoup d’Arméniens, craint un nouveau génocide, à peine plus d’un siècle après celui de 1915 perpétré par les Jeunes-Turcs dans un Empire ottoman finissant. 1,2 millions d’Arméniens avaient été tués jusqu’à la signature du traité de Lausanne en 1923. Ce traité avait mis fin aux massacres et établi les frontières de la région. La Turquie n’a toujours pas reconnu ce génocide et remet en cause les conditions du traité.

Il n’y aura plus d’Arméniens

«Ce n’est pas seulement une question de territoire», pressent Matt Bartelsian, «le problème n’est pas seulement dans le Haut-Karabakh mais aussi ici, en république d’Arménie». Il évoque un peuple en sous-nombre à qui personne ne vient en aide. «Si nous ne sommes pas soutenus, il n’y aura plus d’Arméniens. Le monde ne se rend pas compte.» Il déplore le silence des Etats-Unis et l’immobilisme de la Russie alors que l’Azerbaïdjan est soutenu par la Turquie de Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier a même envoyé des milices islamistes ayant combattu en Syrie et en Libye.

Joël Mikaelian, pasteur à Issy-les-Moulineaux et président de l’union des Eglises évangéliques arméniennes de France s’inquiète particulièrement du sort des Arméniens de Turquie. «J’ai peur pour eux. Ils pourraient être entièrement massacrés du jour au lendemain sans que personne ne dise rien.»

Leur nombre est estimé à environ 60 000 personnes, dont les trois quarts vivent à Istanbul. «Des nationalistes turcs ont défilé avec des drapeaux dans des quartiers à forte proportion arménienne. Certains reçoivent des menaces de mort sur les réseaux sociaux. A cause de ce soutien affirmé et assumé de la Turquie à l’Azerbaïdjan, ils sont en grand danger», déclare Joël Mikaelian.

Une solidarité nationale

Matt Bartelsian, sur place, et Joël Mikaelian, informé par ses contacts dans les Eglises sœurs en Arménie, se réjouissent de l’élan de solidarité national pour accueillir les dizaines de milliers de réfugiés fuyant le Haut-Karabakh. «On ne voit pas de réfugiés dans la rue. Les Eglises, les institutions et les particuliers font tout pour les loger et les nourrir dans les meilleures conditions. Je suis fier de la manière dont tout le monde se mobilise dans la prière», indique Matt Bartelsian. Le pasteur francilien Joël Mikaelian souligne de son côté une cohésion exemplaire qui dépasse les appartenances ecclésiales.

Matt Bartelsian renchérit: «Si tu aimes Jésus, tu pries, et tu aides. Se demander si tu es évangélique, catholique ou apostolique n’est pas pertinent à l’heure actuelle.»

Le monde ne se rend pas compte

Matt Bartelsian, pasteur de la Yerevan International Church,

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui novembre 2020

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