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Yohann Tourne, le nouveau visage des GBU

Yohann Tourne
© Youtube
Après vingt années passées à différentes responsabilités au sein des Groupes Bibliques Universitaires (GBU), Yohann Tourne vient d’en être nommé secrétaire général au 1er septembre 2020. Entretien.
Nicolas Fouquet

Quel a été votre parcours avant d’arriver à ce poste?

J’ai suivi un parcours-type aux GBU. J’ai commencé comme simple «GBUssien» lors de ma première année en fac d’histoire. J’ai ensuite été responsable d’un groupe local la deuxième, puis délégué régional la troisième. L’année suivante, je suis devenu équipier. Ça fait tout juste vingt ans! Quand David Brown a quitté son rôle de secrétaire général en 2012, nous avons créé un poste de responsable du ministère universitaire que j’ai occupé en parallèle de ma fonction de coordinateur régional centre-ouest. Il y a trois ans, j’ai abandonné ma charge régionale pour devenir coordinateur des réseaux professionnels. J’avais alors une responsabilité 100% nationale. Cette année, je deviens secrétaire général et garde la responsabilité des réseaux.

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C’est la première fois que les GBU font le choix d’une nomination en interne?

Oui. C’est une première et, comme souvent, j’essuie les plâtres (rires). J’ai fait partie des premiers salariés français, hors objecteurs de conscience. J’ai aussi été le premier à ouvrir la voie pour montrer que l’on pouvait faire carrière aux GBU. Désormais, je suis le premier équipier à accéder au poste de secrétaire général.

Comment expliquez-vous ce changement de fonctionnement?

D’habitude, le poste était réservé à des pasteurs. Puisque nous avons désormais beaucoup d’équipiers français, le président de l’aumônerie GBU a souhaité rendre possibles des candidatures internes. On m’a demandé si je voulais postuler mais j’ai refusé. Ce n’est qu’après réflexion que je me suis dit qu’il pourrait être intéressant d’avoir au poste de secrétaire général une personne qui connaît déjà très bien le mouvement. J’ai alors rejoint le processus normal de sélection, même si ça n’est jamais vraiment normal quand on connaît déjà une personne. On connaît ses qualités et ses défauts. Il y a plus de dialogue. On approfondit davantage.

Vous ne craignez pas que vos relations avec les autres équipiers en soient influencées?

Nous nous sommes posé cette question durant le recrutement. Mais en fait nous aurions dû l’aborder plus tôt. Car c’est quand je suis devenu responsable du ministère universitaire en 2012 que je suis devenu le chef des équipiers. C’est à cette époque que mon rapport avec eux a changé. C’était d’ailleurs un peu bizarre au début. Du coup, si c’est différent d’être secrétaire général, j’ai quand même l’impression d’avoir passé cette étape depuis longtemps.

Comment fait-on pour durer dans un ministère jeunesse?

A mes yeux, c’est une question de personnalité. Quelqu’un qui s’adapte bien à son interlocuteur s’adaptera à n’importe qui, un jeune comme une personne âgée. Après, la relation avec les étudiants évolue au fil du temps. Au début, on est un peu copains avec eux. Ensuite, on devient grand frère. Le problème est sûrement davantage au niveau de l’usure. Quand on fait toujours les mêmes tâches, on peut avoir envie de voir autre chose au bout d’un moment. Mais ce qui est bien aux GBU, c’est que l’on peut faire différentes choses et que l’on peut être créatifs. C’est d’ailleurs parfois un de nos problèmes. On n’exploite pas toujours suffisamment nos nouveaux outils.

Est-ce que vous venez avec un projet particulier pour votre mandat de cinq ans?

Je vais consacrer ma première année à établir un plan stratégique pour les quatre suivantes. Il va falloir travailler ça avec les étudiants, les équipiers et le conseil national. Je ne peux rien dire du coup.
Néanmoins, il y a un élément sur lequel on est à peu près tous d’accord, je pense: il faut que l’on travaille notre communication! Notre mouvement s’est bien développé ces dernières années. Je suis épaté par ce que Dieu a réalisé. Seulement, si l’association est bien connue, les personnes se rappellent surtout leurs années aux GBU, mais elles ne sont pas toujours bien au courant de ce qui se passe aujourd’hui. GBU ne veut plus dire uniquement étudiants. Il faut vraiment que le message passe. Nous ciblons plus large: les lycéens avec les GBL ou encore les professionnels avec les réseaux.

Comment appréhendez-vous la dimension de représentation du mouvement en France et à l’étranger?

Pour ce qui est de l’international, je suis en train de perfectionner mon anglais. Ça risque d’être éprouvant dans un premier temps. Sinon, tout ce qui est relationnel me plaît beaucoup. Après, il faut que je sente que les réunions servent à quelque chose. Il faudra aussi que je me discipline pour ne pas m’éparpiller sous l’effet de l’enthousiasme.

Comment vivez-vous la période actuelle du Covid-19 aux GBU?

La crise étant arrivée en milieu d’année, ça n’a pas été catastrophique. Les groupes étaient déjà constitués et la plupart sont directement passés en mode numérique. Quelques-uns, plus fragiles, se sont arrêtés mais c’est minime. D’autres se sont même créés à cette occasion.
La dimension «en ligne» a pu favoriser la présence de personnes qui n’auraient pas forcément osé venir physiquement à des discussions autour de la Bible. La grande question sera la rentrée, qui a encore de nombreuses inconnues. Il faut que l’on soit vigilants et que l’on continue de remettre ces enjeux dans la prière.

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