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Se tenir sur la brèche, l’art de combattre par la prière

© Istockphoto
L’intercession demande du temps, de l’énergie et la capacité de se décentrer de soi. Combattre par la prière s’apprend et s’entraîne, avec l’aide du Saint-Esprit. Et si nous développions les qualités nécessaires à cette forme de prière spécifique?
La rédaction

Pendant des années, Nathalie a intercédé pour sa famille. Elle affirme aimer ses cinq enfants et prendre soin d’eux au mieux, mais un jour, Dieu lui a dit: «Occupe-toi de mes enfants et je m’occuperai des tiens.»

Confiante que sa progéniture était en sécurité sous le regard de Dieu, la quinquagénaire s’est rendue disponible pour intercéder pour ce qui la tiraillait dans ses entrailles: l’Eglise, le monde, sa voisine de palier, le réveil de la France, d’autres nations, sa fratrie, etc.: «Je sais que ce que Dieu met sur mon cœur produit du fruit, même s’il n’est pas encore visible.»

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Un cœur touché

Myriam, une autre femme interpellée par l’intercession se sent aussi poussée à parler à Dieu des autres depuis sa conversion. Elle a par exemple intercédé pendant un an pour le problème de distribution d’eau du secteur où habitent ses parents en Guadeloupe. Non seulement la situation s’est améliorée dans le quartier, mais aussi sur toute l’île! «La véritable intercession commence toujours par un cœur touché par le fardeau d’une personne ou d’une cause, une détresse qui n’est pas notre détresse, une souffrance qui n’est pas la nôtre», explicite Walter Zanzen, pasteur à l’Eglise évangélique de Réveil à Genève et orateur pour différents médias chrétiens.

Où sont les intercesseurs?

«Intercéder signifie tenir une position, se placer entre deux personnes pour secourir, travailler à un rapprochement ou encore fermer une brèche en se tenant dedans», détaille Walter Zanzen. «L’intercession implique d’arrêter son activité pour prendre à cœur une autre cause que soi. Il semble que peu le fassent», relève-il, en mentionnant Ezéchiel 22, 30 où Dieu dit: «Je cherche un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays afin qu’il ne soit pas détruit; mais je n’en trouve pas.»

Se décentrer de soi

Pour être un intercesseur, deux conditions sont nécessaires: se libérer de tout égocentrisme et se rendre disponible. Car en effet, «la prière pour les autres sous-entend l’effort de s’oublier pour se charger d’une cause extérieure», développe le pasteur Zanzen. «Parfois», partage Myriam, «des personnes me confient des sujets de prière et je prie pour elles parce que je me sens concernée. Il arrive aussi que leurs paroles me reviennent et là, je sais qu’il est temps de prier pour elles. C’est le Saint-Esprit qui m’interpelle.»

Jésus notre intercesseur

Lorsqu’il était sur terre, Jésus intercédait pour son entourage. En Luc 22, 32, il affirme notamment à Pierre: «J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas.» Mais le ministère de Jésus ne s’est pas terminé avec sa mission sur terre. Plusieurs textes précisent la portée de son intercession après son départ: «Christ est mort, bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous» (Rom. 8, 34). «C’est inspirant pour tout croyant car le même Esprit qui habite Jésus m’est donné pour que je suive ses traces. Les victoires s’obtiennent d’abord dans la prière et l’intercession, puis se répercutent sur la terre», souligne le pasteur.

Quelles qualités?

Pour Walter Zanzen, l’intercession de Moïse lors de l’épisode du veau d’or est un bel exemple. Le patriarche plaide en faveur du peuple face à la colère de Dieu: «Et il parla de les exterminer; mais Moïse, son élu, se tint à la brèche devant lui, pour détourner sa fureur et l’empêcher de les détruire» (Ps. 106, 23).

Le pasteur relève alors quatre qualités de Moïse. La première concerne ses ressources. Moïse vient de passer quarante jours dans la présence de Dieu et il est chargé de foi, de puissance, d’assurance et d’amour pour le peuple, même si celui-ci ne le mérite pas. «Avant d’intercéder», conseille le pasteur Zanzen, «il faut prendre le temps nécessaire pour se décharger de nos propres besoins et affaires». Ensuite, Moïse prie avec une attitude juste, il élève des mains pures: «En voyant certaines brèches, il y a de quoi se mettre en colère, s’irriter ou avoir de mauvaises pensées. Mais l’homme spirituel garde son cœur plus que tout.»

Par ailleurs, le patriarche s’identifie avec le besoin: la cause du peuple est sa cause, le fardeau de Dieu devient son fardeau, la peine de Dieu sa peine. Pour développer cette qualité, le Saint-Esprit vient à notre secours et intercède à travers nous (Rom. 8, 26-27). Dernière qualité: Moïse est rempli des promesses de Dieu et connaît ses plans. Il ne veut pas que l’ennemi triomphe! Comme Moïse, chaque intercesseur est appelé à s’appuyer sur la Parole de Dieu, rappelle Walter Zanzen, ajoutant que «Dieu peut donner une parole pour une situation spécifique, pour poursuivre le combat».

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