Skip to content

ZeWatchers veillent à faire vibrer l’Evangile sur les ondes

© DR
La fondation ZeWatchers, un nouvel acteur méconnu mais important du milieu chrétien. L’un de ses fondateurs, Luc Geoffroy, explique la démarche de création. Entretien. Photo: La galaxie des différentes entreprises chrétiennes, œuvres et missions soutenues par la fondation ZeWatchers.
Nicolas Fouquet

En deux mots, qui êtes-vous et d’où venez-vous?
Je suis né dans une famille chrétienne. Mes parents étaient missionnaires en Afrique. J’ai l’habitude de dire en plaisantant que je suis né entre deux pages de la Bible. Ce qui n’empêche pas que j’aie dû faire ma propre rencontre personnelle avec Dieu. Par la suite, j’ai compris que je devais le servir dans les médias. J’ai suivi des études de cinéma et télévision et obtenu un diplôme d’ingénieur en audiovisuel.

Vous avez alors cherché à mettre vos compétences au service de l’Eglise?
A cette époque, avec ma femme, nous avons rencontré Jean-Pierre et Chantal Barry. Jean-Pierre est malheureusement décédé il y a deux ans. Ensemble, nous avons fondé la société Euro Média. Nous pensions naïvement réaliser des films et évangéliser. Seulement, notre approche a été mal accueillie par l’Eglise. Il y a un peu plus de quarante ans, faire de la télévision et du cinéma n’étaient pas forcément bien vu dans le milieu chrétien. Nous avons décidé de continuer en dehors de l’Eglise certes, mais pas sans Dieu.

Publicité

Euro Média est devenue une société florissante. Comment en êtes-vous arrivés là?
L’audio-visuel coûte cher et l’Eglise n’avait pas l’envie ni les moyens d’investir. Très vite, nous avons compris qu’il fallait que l’on fasse autre chose car nous n’aurions pas pu y arriver financièrement. Nous avons pris exemple sur l’apôtre Paul qui fabriquait des tentes. On a démarré notre société en 1983 avec l’équivalent de 3000 euros de capital. Par la grâce de Dieu, elle est devenue en 30 ans le plus grand groupe européen de prestation de service en audiovisuel.
Quand on a vendu la plupart de nos parts, l’entreprise réalisait environ 450 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous avons entre autres réalisé la retransmission de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Londres ou encore la finale de la Coupe du monde de football au Brésil.

Que retenez-vous de cette expérience?
Cette période a été un temps de formation formidable. Nous avons appris énormément, que ce soit en matière de gestion d’entreprise, de stratégie, de gestion des ressources humaines ou sur un plan plus technique. Cela n’a pas été toujours simple non plus. L’univers de la télévision est très noir, tant sur le plan de la conduite morale qu’au niveau des addictions, mais Dieu a toujours veillé sur nous durant ces quarante ans. Nous avons pu témoigner autour de nous mais ça restait limité. En termes de contenus audiovisuels, hormis quelques rares exceptions, nous n’avons plus rien fait de chrétien pendant cette période.

Comment êtes-vous revenus à votre projet initial, celui de partager la foi au moyen des médias?
Durant toute la période séculière, nous jeûnions régulièrement. C’était en 2014. Nous avions vieilli et entrepris de vendre. Il s’agit de métiers exténuants psychologiquement comme physiquement. Durant ce temps, Dieu nous a parlé de deux manières. Pour commencer, nous avons reçu le verset d’Esaïe 43, 19: «Je vais faire une chose nouvelle, qui est déjà en germe.» Ensuite, un ami, qui était venu prier avec nous nous a partagé que «la gloire de la deuxième maison serait plus grande que celle de la première». Jean-Pierre a alors suggéré de nous lancer avec foi dans l’aventure ZeWatchers avec comme mot d’ordre «amour, unité, humilité».
Pendant ce jeûne, Jean-Pierre Barry a eu la conviction qu’il fallait appeler Eric Célérier, le fondateur du Top Chrétien. Nous avions une grande expérience de l’audiovisuel dans le séculier et lui avait la compétence du domaine numérique et du milieu chrétien francophone. Nous avons mixé nos deux mondes. Eric et sa femme sont rapidement devenus des membres essentiels de ZeWatchers. En ce qui concerne l’idée du nom, avec Euro Média, nous avons eu l’occasion de voir pas mal de choses. Nous nous sommes dit que l’on pourrait être de bons veilleurs. Et le Ze, c’est parce que les Français ne savent pas prononcer le the anglais.

Nous avons voulu être l’actionnaire que nous n’avions jamais pu avoir

Luc Geoffroy

Comment fonctionnez-vous concrètement?
Avec Euro Média, nous avions construit un groupe rassemblant des acteurs différents mais complémentaires. Nous avons cherché à faire la même chose dans le domaine chrétien. Nous nous sommes aperçus que de nombreuses structures pouvaient bénéficier de notre expérience passée et d’apports financiers. Certaines faisaient des trucs sympas mais étaient en difficulté économique. Nous avons voulu être l’actionnaire que nous n’avions jamais pu avoir. Un actionnaire bienveillant qui cherche l’intérêt de la société et pas le sien.

Durant le confinement, vous avez créé une émission quotidienne sur internet…
Normalement, ZeWatchers désire aider, initier, encourager. Pendant le confinement, Dieu nous a inspiré le projet d’émission On est ensemble. Nous étions sur l’île Maurice où nous avons une petite unité de production audiovisuelle. Nous nous sommes confinés à dix-neuf personnes. Ce projet était un véritable défi mais il a eu un bon succès. Au total, nous avons dépassé les 2,3 millions de visionnements. Cette initiative ne correspond pas exactement au projet de départ mais elle répondait à un besoin dans une période exceptionnelle.

Vous êtes actifs, mais la marque ZeWatchers reste discrète. Pourquoi?
Effectivement. Nous n’avons pas de site internet par exemple. En fait, Dieu nous a mis à cœur de ne pas avoir de velléité à être quelque chose. Nous ne sommes pas un ministère identifié ou une Eglise. Nous ne souhaitons pas exister pour nous-mêmes mais pour les autres. Il faut reconnaître que c’est très favorable à la création de partenariats forts sans concurrence.

Comment votre initiative est-elle reçue?
Nous venons avec des moyens et une ambition mais nous ne nous croyons pas supérieurs. Comme le commande l’apôtre Paul, nous nous efforçons d’être en paix avec tous pour autant que ça dépende de nous. Nous ne fermons aucune porte. L’unité est au cœur de notre projet. Ainsi, nous travaillons aussi avec des catholiques. Il peut arriver que notre ouverture puisse gêner certains. Mais je n’ai pas l’impression de trahir qui que ce soit en ayant une relation riche avec quelqu’un comme Grégory Turpin… 

Propos recueillis par Nicolas Fouquet

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui septembre 2020

Thèmes liés:

Publicité