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Ils font l’actualité chez Alliance Presse

© DR
Photo: Passation symbolique du bâton, entre Christian Willi (à gauche) et José Rodriguez (à droite)
Nicolas Fouquet

Christian Willi, trente ans de passion, de service et d’appel renouvelé

En trente ans à la tête d’Alliance Presse (AP), quelles ont été les évolutions de la diffusion de l’information?
Quand je suis arrivé, il y avait peu de médias d’information sur le monde évangélique. Il existait bien des journaux de prédication évangélique, des périodiques théologiques et des revues de nouvelles, souvent d’unions d’Eglises, mais l’approche journalistique a constitué la marque de fabrique d’Alliance Presse.
Alliance Presse a alors eu l’idée de développer un journalisme qui décrypte l’actualité pour un public protestant évangélique. Le deuxième changement majeur a été l’accélération de la transmission de l’information. Aujourd’hui, Evangeliques.info permet de diffuser rapidement, en continu, des articles. C’est une autre approche du métier, encore plus exigeante.

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Comment avez-vous vu Dieu agir?
Dieu est en action, c’est une certitude. On a vu, dans le monde, des chrétiens être vecteurs de changement. Chez AP, je peux dire qu’il a toujours veillé sur nous. Sur le plan humain, financier, des dons nous ont permis de lancer de nouveaux projets. Cette grâce a été une constante. Cela a été le cas le jour du lancement de Just4U, où un don de plusieurs milliers de francs a permis d’en doubler le tirage.

Vous avez œuvré pour le dialogue entre protestants évangéliques en France et en Suisse. En quoi les magazines d’AP ont-ils permis davantage d’unité?
La vision de départ était de servir le protestantisme dans sa diversité. Dans les années 1990, j’ai reçu ce genre de réaction à plusieurs reprises: «Si j’avais su que l’article me concernant figurait dans la page voisine de cette personne de sensibilité différente, je n’aurais jamais accepté de répondre à vos questions.»
Après un entretien croisé entre deux pasteurs français, l’un charismatique, l’autre membre de ce qui deviendra le réseau FEF, tous deux s’étaient exclamé: «C’est incroyable tout ce nous avons en commun!» AP et le Christianisme Aujourd’hui en particulier ont permis cet espace de dialogue.

Quelle rencontre vous a le plus marqué?
Beaucoup d’interviews ont été marquantes. J’ai toujours considéré comme un privilège de pouvoir rencontrer, interviewer des gens, en route pour mieux comprendre le sens de leur vie. J’ai un souvenir précis de Michel Rocard qui, bien qu’agnostique, avait dit: «C’est l’Evangile et ma longue éducation protestante qui ont fait de moi un homme de gauche.» Je garde un souvenir ému de ce qu’avait répondu le philosophe athée André Comte-Sponville à la question: qu’est-ce qui pourrait vous rendre croyant? «Ce serait la plus belle chose qui puisse m’arriver.» C’est une richesse de voir ces personnes en recherche de sens, de Dieu.

Pourquoi être journaliste est-ce un privilège?
Le journaliste a le privilège de pouvoir appréhender les gens avec des questions personnelles, parfois intimes. On va rapidement à l’essentiel. Mais ce n’est pas sans risque. Il y a parfois eu des menaces et des pressions, mais on reste privilégié, car on voit l’information se transformer en actes.

En trente ans, vous avez assumé de nombreuses casquettes différentes et vos engagements ont été multiples. Comment faites-vous pour vous ressourcer?
Le fait d’avoir accueilli un appel missionnaire lors d’un grand rassemblement évangélique à Utrecht m’a constamment donné la force de poursuivre cet engagement. En voyant son intervention, au fil des jours et des années, cela a renforcé la confiance que j’avais en Dieu. La voile, le vélo et les rencontres ont également favorisé le ressourcement. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas sage de poursuivre à un tel rythme et je ne voulais pas qu’Alliance Presse s’arrête, en même temps que Christian Willi. J’encourage tous les lecteurs à faire confiance à la nouvelle équipe d’Alliance Presse.
Et pour conclure, je dirais qu’il ne faut pas oublier que le plus important n’est pas le support ni le messager, mais l’information elle-même et cette information a un coût. Cette information peut changer des vies et mérite d’être développée par une équipe plus large.

Propos recueillis par David Métreau

José Rodriguez, prêt à relever le défi
José Rodriguez est, depuis le mois de mars 2020, le nouveau directeur d’Alliance Presse dont Christianisme Aujourd’hui est l’un des titres. Il succède à Christian Willi qui occupait ce poste depuis une trentaine d’années. C’est une responsabilité mais José Rodriguez aime les défis: «Ce sont des terrains sur lesquels on peut rencontrer une grâce particulière», détaille-t-il, conscient également des difficultés qu’il y a à travailler dans la presse en 2020.
Cette évolution professionnelle correspond aussi à un changement de continent pour le nouveau directeur du groupe de presse franco-suisse. Pour prendre ses fonctions actuelles, José Rodriguez a dû en effet revenir du Mexique où il vient de passer dix-huit mois. Dans quel but y était-il? «J’ai fondé un institut biblique et ai servi en tant qu’ancien et pasteur.»

Appelé à un retour aux sources
Marié et père d’un garçon de bientôt onze ans, José Rodriguez s’est senti appelé à «retourner dans le pays de sa naissance» durant un temps de méditation personnelle. «J’ai compris que cette exhortation que Dieu formule à Jacob dans le livre de la Genèse avait une résonance particulière pour moi à ce moment-là», confie-t-il. Sa priorité a alors été de trouver un endroit et une Eglise où il pourrait être spirituellement nourri. Pour José, la région de Lausanne a été une évidence.
L’étape suivante a consisté à chercher un emploi. Lorsqu’il a eu connaissance du poste à Alliance Presse, José Rodriguez a estimé qu’il y avait là une suite logique à son parcours. «C’était l’occasion pour moi d’allier ma connaissance des médias, en particulier numérique, à mon désir de travailler avec des chrétiens.»
L’univers des médias, José Rodriguez le connaît bien, puisqu’il a été pendant une dizaine d’années responsable de différents domaines dans la presse séculière en Suisse. Il a d’abord exercé au sein d’Edipresse avant que l’entreprise ne fusionne avec Tamedia pour en faire le plus grand groupe de médias privé de Suisse. «J’ai surtout occupé des fonctions aux dimensions commerciales et financières», précise-t-il. «Je n’ai pas un profil journalistique.»

Chez Alliance Presse, il construit sur du neuf
José Rodriguez souhaite désormais utiliser cette expérience au profit d’Alliance Presse, où il arrive avec un certain nombre d’idées et l’envie d’essayer de nouvelles choses. Preuve en est, lors de son recrutement, il a fourni un important business plan avec une orientation stratégique claire pour les prochaines années! «J’apprécie que le Comité d’Alliance Presse me laisse une grande latitude d’action dans mon travail.» S’il n’a pas un grand réseau dans le milieu chrétien, José Rodriguez ne s’en inquiète pas et il positive. «Le fait que les gens ne me connaissent pas est une chance car je peux construire sur du neuf.» Dès lors, il ne reste plus qu’à continuer de bâtir la maison!

Nicolas Fouquet

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui septembre 2020

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