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Portraits d’amoureux de la Bible

© iStockphoto
Quatre spécialistes de la Bible partagent leur amour pour le livre le plus diffusé au monde. Animatrice, pasteur, enseignante et écrivain livrent les raisons de leur passion pour la Parole de Dieu.
La rédaction

Le vulgarisateur
Spécialisé dans la vulgarisation biblique, mon travail intéresse aujourd’hui le milieu séculier. En témoignent La Bible pour les nuls aux éditions First et mon dernier ouvrage, Le Zapping de la Bible aux éditions Larousse. Je perçois cela comme un honneur, un privilège et une mission. Je vais atteindre des personnes qui ne sont pas habituellement atteintes dans les Eglises. C’est un privilège de ne faire rien d’autre que de l’évangélisation pure, mais avec le souci d’informer et non de convertir.
Dans mon travail et ma lecture personnelle, je cherche à sortir d’une lecture parfois formatée par la culture d’Eglise. On creuse toujours le même sillon et on ne se permet pas d’aller au-delà de ce qu’on a toujours entendu du texte. Je m’impose l’audace du journaliste qui interroge le texte au-delà de lui-même. J’ose ne pas être d’accord avec le texte pour être interpellé, provoqué et ensuite aller plus loin dans la compréhension du texte et du plan de Dieu. Pour avoir ce pas de côté qui permet un éclairage différent, je m’autorise à chercher des intelligences autres et notamment lire des commentaires bibliques écrits par des théologiens avec qui je ne suis pas forcément d’accord; même des théologiens qui vont mettre en doute la parole de Dieu.
C’est important de lire la Bible avec son intelligence mais aussi avec son imagination. Je ne me suis jamais imposé une heure de lecture par jour car je savais que je ne pouvais pas tenir. Je me vois comme un inspecteur Colombo en quête d’indices, avec un côté emprunté, maladroit et passionné, préférant une lecture interrogative de la Bible plus qu’une lecture ennuyante, par devoir. Que dit la Bible de la politique, du mariage, de la maladie, etc.? Dans cette recherche là, il est rare qu’il n’y ait pas de réponses. Je trouve des choses absolument géniales, et j’ai besoin de les partager, non pas comme le savoir d’un professeur mais comme un disciple qui s’enthousiasme!

Eric Denimal, ancien pasteur, est conférencier, journaliste et auteur de nombreux livres

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Le pasteur qui a demandé en cadeau de baptême un amour pour la Parole
J’ai découvert pleinement la Bible lorsque j’ai choisi de suivre le Seigneur en 2007. Par la grâce de Dieu, j’ai rapidement compris l’importance du trésor qu’elle est pour ma vie. Je me souviens avoir demandé au Seigneur, quelques temps avant mon baptême, d’être rempli d’une passion et d’un amour débordant pour sa Parole, afin que soit gravé sur mon cœur chacun des mots que je lisais.
Ce qui m’a vraiment motivé a été la sagesse et les réponses que j’y ai trouvées. J’étais frappé de voir combien elle est actuelle pour les temps d’aujourd’hui et surtout nécessaire pour ne pas s’éloigner de la volonté du Seigneur, lui qui ne change pas.
Ma manière de lire la Bible a évolué au fur et à mesure de mes besoins et au rythme de ma maturité spirituelle. Les besoins d’un bébé ne sont pas les mêmes que ceux d’un adulte; cela se traduit dans ma manière d’approfondir, chercher et persévérer dans l’étude de la Parole de Dieu.
J’étudie actuellement le livre de la Genèse et je lis l’évangile de Luc. Dans le cas de l’étude, je vais prendre le temps de réfléchir sur chaque verset, regarder les originaux en hébreu ou grec quand je suis dans l’interrogation, comprendre le contexte et pour «qui et quoi» la parole est adressée. Dans le cas de la lecture, je vais simplement m’imprégner de la Parole et demander au Saint-Esprit de m’encourager, m’exhorter et me construire par elle.
Des difficultés à se mettre à la lire? Cela m’arrive comme tout le monde et, dans ce cas, il n’y a qu’une seule solution: la discipline.

Nathan Fereyre est responsable d’Eglise dans la Drôme

L’enseignante
Mon père est pasteur, j’ai toujours vu des Bibles partout dans la maison et surtout au cœur de nos conversations à table. J’aimais l’Histoire, les grandes civilisations du Proche-Orient ancien, je voulais être archéologue et ces textes nourrissaient cette fascination; je voyageais dans le temps et l’espace rien qu’en ouvrant ce livre! J’aimais aussi la rencontre avec des personnages fascinants, toutes les aventures qu’il leur arrivait me passionnaient.
Je connaissais la Bible par bribes. A dix-sept ans, j’ai pris un crayon, un carnet et un Evangile en lecture suivie, et j’ai noté tout ce que cela suscitait comme commentaire, réflexion, questions. A vingt ans, j’ai fait pareil avec la Bible entière. Ce fut très nourrissant! Puis l’apprentissage des langues bibliques (grec, hébreu, araméen), le fait de traduire soi-même ces textes a été une étape forte vers une meilleure intelligence du texte. La Bible est devenue mon métier mais reste ma passion.
Lorsque j’ai du mal à la lire, je lis des témoignages de personnes qui ont été portées par des textes bibliques. Leur foi, leurs engagements nourris de la Bible, m’encouragent à y puiser à mon tour. Récemment, j’ai lu ou relu celui d’Asia Bibi et de huguenots persécutés au 16e siècle et qui trouvaient dans les Psaumes du réconfort.
La Bible me guide car elle est lumière sur mon sentier. Elle me propose des repères quand je me pose des questions, mais elle est aussi aiguillon qui vient susciter de nouvelles questions. C’est cette lettre d’amour de Dieu pour l’humanité et donc pour moi aussi.

Valérie Duval-Poujol est bibliste et enseigne en faculté de théologie

L’animatrice
Je suis née dans une famille chrétienne, la lecture de la Bible y occupait une place importante. Le soir, nous lisions souvent une histoire de la Bible en famille. C’est avec beaucoup de curiosité et d’intérêt que je découvrais les récits de la Bible.
Mes études de théologie m’ont permis de réaliser la structure globale de la Bible, ou encore les connexions entre l’Ancien et le Nouveau Testaments. Cela a rendu ma lecture de la Bible plus profonde.
Cette approche «intellectuelle» de la Bible n’efface pourtant pas une lecture plus personnelle et spirituelle, où le texte s’impose parfois à moi en dehors des critères d’analyse classiques. Ces lectures, qui dépassent parfois l’entendement naturel, sont toujours des moments délicieux dans la présence de Dieu.
En cas de passage à vide avec la Parole, il m’arrive de ne pas lire la Bible durant toute une période. Ce qui me motive en général, c’est de commencer un nouveau livre de la Bible et de le lire en continu au fil du temps, en variant entre l’Ancien et le Nouveau Testament.
Mes parents m’ont transmis l’importance de baser mes choix sur la Bible et, devenue adulte, j’ai gardé cette conviction que Dieu me guide par sa Parole. Je découvre avec mon petit garçon de deux ans le plaisir de lire de courtes histoires de la Bible dans les ouvrages pour enfants, et essaie à mon tour de lui partager une passion pour la Parole de Dieu!

Nathalie Perrot travaille à la Ligue pour la lecture de la Bible en Suisse et s’occupe avec son mari d’une Eglise de la FREE.

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui juin 2020

Dossier: Bible 2020
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