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Une fin de Carême et une période pascale à nulles autres pareilles

© iStockphoto
Une aide-soignante confrontée à la mort, un pasteur en quarantaine qui a dû gérer son Eglise à distance, un autre qui a développé la vie spirituelle en famille: chacun a vécu le mois dernier à sa manière. Qu’y ont-ils appris? Galerie de portraits.
David Métreau

Sarah-Tina, aide-soignante
Sarah-Tina Harchu-Muller, cinquantre-quatre ans, est aide-soignante au GHR Mulhouse Sud Alsace depuis une vingtaine d’années. Quand son service de chirurgie orthopédique-traumatologie accueille début mars les premiers cas de Covid-19, elle croit perdre pied face aux morts brutales. Elle choisit cependant de rester fidèle au poste et de faire confiance à Dieu.
Affectée au service Covid-19, elle fait face au manque de personnel à cause des arrêts maladie et à la pénurie de matériel. Une situation d’urgence qu’elle affronte non sans beaucoup d’appréhensions: «Personne n’était préparé à cette réalité. Mon service a d’abord partiellement accueilli des cas gériatriques Covid pour finalement être totalement mobilisé.»
Elle est présente lorsque le premier patient décède brutalement: «Le plus traumatisant fut de voir la famille empêchée de venir dire “adieu”. Il a très rapidement été placé dans une housse pour être évacué.»
L’épidémie croissant, Sarah-Tina Harchu-Muller voit la situation s’aggraver. Exténuée et parfois perdue, l’aide-soignante doit aussi assumer la charge des appels téléphoniques vers les familles: «Nous devions tenir au courant les proches maintenus à distance. Ils étaient paniqués et il fallait les rassurer. Il est difficile de voir les patients partir seuls sans qu’on ait le temps de leur tenir la main. Je me suis demandé où nous allions. Et j’ai prié Dieu de me donner la bonne attitude pour gérer au mieux la situation et de me garder.»
Encore sous tension début avril, Sarah-Tina se remet tout doucement du virus qu’elle a contracté à son tour après des semaines harassantes de travail. Malade durant dix jours, elle a continué de se rendre au sein de son unité.
L’aide-soignante, de nature déterminée, reconnaît avoir tenu grâce aux prières de ses proches. «Avec l’aide de Dieu, nous découvrons des ressources que l’on ne s’imagine pas dans les moments difficiles. Même en pleine tempête, entre collègues, nous essayions d’insuffler un peu de légèreté.»
Reconnaître la souveraineté de Dieu face à l’incompréhension fut aussi une ressource déterminante. «Dieu est venu me rappeler ce que j’avais momentanément oublié: c’est de m’attacher à ses promesses, de les proclamer et de le servir en comptant sur sa puissance. J’ai conscience que nous sommes en plein combat spirituel.» L’expérience de sa présence lui est offerte en pleine pandémie alors qu’elle priait de redécouvrir Jésus différemment. Ses pensées s’étendent également vers tous ceux qui se questionnent afin qu’ils puissent un jour se tourner vers l’Essentiel.
Le verset clé de Sarah-Tina Harchu-Muller est Esaïe 30,15: «C’est dans le calme et la confiance que sera votre force.» Reconnaissante, elle a pu compter tous ces derniers mois sur les forces que Dieu seul renouvelait à chacune de ses journées de travail.

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