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«Dans chaque cœur», de Cabrel

© DR
Ces Hits entrés dans l'histoire.
Jonathan Hanley

Ce titre n’est pas un tube à vrai dire, mais son évocation de la crucifixion interpelle et intrigue. Il représente un excellent exemple de la fascination qu’exerce la figure christique sur de très nombreux artistes. Ce n’est pas la première fois que Francis Cabrel fait allusion à Jésus, mais dans cette chanson, il s’intéresse explicitement au récit de Pâques.

Il ne faut pas prêter des intentions théologiques à un texte qui est avant tout poétique.

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Les paroles manifestent une belle compréhension de la matérialité de la crucifixion. Cet événement a été tellement chargé de symbolique religieuse au fil des siècles que nous en perdons parfois de vue la réalité matérielle: «Une colline comme il y en a partout. Une croix et des clous.» Les blessures, les larmes, la soif: les paroles de Cabrel sont un rappel d’un événement enraciné dans notre espace-temps.
Bien sûr, il y est question du message principal de Jésus: «C’est de l’amour que j’ai voulu vous laisser. Y en aura jamais assez.» Mais Francis Cabrel a le mérite de ne pas le limiter à la seule interprétation superficielle d’un exemple à imiter. Avec poésie, il évoque également les profondeurs mystérieuses de la crucifixion, un mystère qui ne cesse de hanter l’histoire humaine: «Je vous laisse à ces quelques larmes versées, et des siècles des siècles pour y penser.»

Finalement, comme tout bon poète et artiste, Francis Cabrel nous lance plutôt des questions que des affirmations. La phrase «Voilà celui qui prétend parler pour nous» est-elle une évocation de l’œuvre médiatrice de Jésus? Et ce «printemps caché» dans chaque cœur, est-ce une allusion à l’espérance de la résurrection enracinée dans les profondeurs de tout être humain? Au printemps, la nature revit; pouvons-nous espérer revivre un jour?

Interrogé par un journaliste concernant ce titre, Francis Cabrel évoquait en 2015 la place de la religion dans sa vie: «J’ai eu une longue période où cela m’intéressait moins. Maintenant, je m’en rapproche un peu plus en vieillissant.»

Dans cette chanson, il décrit les profondeurs du Vendredi Saint. Son rapprochement de la religion lui permettra-t-il d’entrevoir les sommets du dimanche de Pâques et du tombeau vide?

Jonathan Hanley

Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui avril 2020


Francis Cabrel: Dans chaque cœur

Une colline comme il y en a partout
Quelqu’un a porté une croix et des clous
Les gens se pressent et restent là, debout
«Voilà celui qui prétend parler pour nous»
On rit de voir les marques à ses genoux
Dans chaque cœur, il peut faire un froid d’igloo

On se bouscule pour voir l’homme blessé
Ce qu’il murmure avec son regard baissé
«C’est de l’amour que j’ai voulu vous laisser
L’amour, l’amour, y en aura jamais assez
Il est partout sous chaque étoffe froissée
Dans chaque épine de ma couronne tressée»

Les hommes soudain se sont montrés pressés
On l’a fait marcher vers cette croix dressée
Ces mains qui n’avaient jamais fait qu’embrasser
Ca n’a pris qu’un instant pour les traverser
«Je vous laisse à ces quelques larmes versées
Et des siècles et des siècles pour y penser»

Les mots glissaient de son visage penché
Dans chaque cœur, il y a un printemps caché
C’est le trésor qu’il vous faudra rechercher
Entre les pierres et sous les herbes séchées
Pour le faire boire, un homme s’est approché
Voilà l’espoir auquel il faut s’accrocher

Une colline comme il y en a partout
Quelqu’un a porté une croix et des clous
Pour le faire boire, un homme s’est approché
Dans chaque cœur, il y a un printemps caché

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