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L’Eglise doit s’engager contre le harcèlement sexuel

© iStockphoto
Alors que les nombreuses accusations de harcèlement sexuel ébranlent le monde entier, deux personnalités évangéliques, une femme et un homme, s’expriment sur ce fléau qui vient progressivement à la lumière. Partis pris.

Le harcèlement sexuel concerne de (trop) nombreuses personnes et interpelle la société dans son ensemble sur la base relationnelle nécessaire entre hommes et femmes. Tous deux doivent être les gardiens de cette rencontre précieuse d’où découle la vie.
Les problèmes de domination de l’homme sur la femme sont présents dans toutes les sphères et depuis bien longtemps. La Bible l’explique comme une conséquence désastreuse du péché d’Adam et Eve et cela se vérifie dès la Genèse où les violences faites aux femmes vont en s’amplifiant jusqu’à culminer en Juges 19.
Le même constat massif de violences contre les femmes peut être fait sur les plans historique et social. Comme le dit le docteur Denis Mukwege: «Dans les zones de conflit, les batailles se passent sur le corps des femmes.» Certains sociologues vont jusqu’à dire que nous vivons aujourd’hui dans une «culture du viol»: les violences sexuelles sont trop fréquemment banalisées voire justifiées.
Les personnes qui en sont victimes portent bien souvent la honte et la culpabilité qui devraient revenir à leurs agresseurs. Le silence couvre cela d’une chape de plomb, on décide de fermer les yeux et il y a impunité. Si le problème est culturel, je crois que la solution l’est aussi. A une culture de domination et de destruction, Jésus propose la culture du royaume de Dieu qui réconcilie, restaure et redresse. En travaillant aux relations entre les hommes et les femmes, nous devenons artisans de paix dans un monde divisé par le péché.
Aujourd’hui, la culture est favorable à la construction d’un nouveau vivre ensemble basé sur le respect et la dignité des hommes et des femmes. L’un et l’autre peuvent apprendre à se considérer comme des vis-à-vis de même valeur dès leur plus jeune âge. Les enfants et les adolescents ont besoin de modèles vrais et solides qui savent gérer leurs désirs sainement. Ils ont besoin d’être encouragés à dénoncer les gestes et les mots déplacés qu’ils en soient victimes ou spectateurs dans l’Eglise ou dans la société. Ils ont besoin d’apprendre à redresser les situations qu’ils ont tordues. Il est temps d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans toutes les sphères de la vie: écouter et prendre au sérieux les témoignages de victimes et développer des mesures de justice restaurative. La Bible ne tait pas le drame qui peut se jouer dans la relation homme-femme. Quand avons-nous prêché dernièrement sur l’un de ces textes?
Quand une personne est exploitée et asservie par une autre, l’Eglise doit s’exprimer et prendre position. Elle ne peut se taire, sous peine d’être considérée comme complice. Face à la dévastation de l’abus sexuel sous toutes ses formes, la parole peut redresser, relever et remettre en marche pour qu’hommes et femmes reflètent ensemble l’image de Dieu.

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