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Un mur à rêves érigé à Lausanne

Quel rêve voulez-vous concrétiser avant de mourir? Des tableaux noirs géants fleurissent aux quatre coins du monde. La SNCF en a installé un à la gare de Lyon. Et trois jeunes de Lausanne au bord du lac. Tendance.
Christian Willi

Qu’est-ce qui peut bien pousser trois jeunes lausannois et la SNCF à installer, à quelques semaines d’intervalle, un panneau noir avec l’inscription «Avant de mourir je veux…», avec une place permettant aux passants de compléter la phrase? Une fois de plus, l’idée est née aux Etats-Unis, en 2011. Après la perte d’un proche et une profonde dépression, Candy Chang, artiste de La Nouvelle-Orléans, imagine cette installation éphémère sur les murs d’une maison de son quartier laissée à l’abandon. Le lendemain, le tableau était déjà rempli de rêves et d’engagements écrits à la craie par des passants anonymes.
Le concept n’étant pas protégé, il a été reproduit avec le même succès dans un millier de villes aux quatre coins du monde. L’artiste a même décidé d’expliquer comment mettre en place l’installation, avec les coûts approximatifs, etc., sur son site internet.

Même succès en Suisse
A Lausanne, c’est après avoir discuté de leurs objectifs de vie il y a quelques mois et après avoir vu un Ted Talk de l’artiste à l’origine de Before I die que Camille, Raphaël et Hugo ont rebondi sur l’idée. «Qu’est-ce qui m’importe réellement? Qu’est-ce que je veux absolument découvrir, tester, accomplir? Nous avons réalisé à quel point on oublie d’y penser», raconte Hugo, l’un des trois jeunes Lausannois.
L’idée de permettre à des centaines de personnes d’être confrontées à la question «Avant de mourir je veux…», et à beaucoup d’être inspiré par les réponses inscrites, eux y compris, a suffi à les séduire. Au point de se décider à mettre sur pied ce projet pour Lausanne! Aussitôt dit, aussitôt fait… 200 heures de travail et 2000 francs de frais plus tard, l’installation a été déployée au bord du lac, le 4 juin dernier et ce pour tout un mois.
Comme ailleurs dans le monde, l’engouement a été immédiat. «Dès le premier jour de vie du mur, les 30m2 d’ardoise étaient quasi saturés de rêves de craies de toutes les couleurs. Par dizaines, de tous horizons et de tous âges, ils s’étaient arrêtés pour rêver, discuter, sourire, partager. De nombreux passants se sont mis à parler ensemble de ce qu’ils voulaient accomplir avant leur mort», raconte Hugo. Avec ses acolytes, ils ont dû effacer le mur tous les deux jours pour laisser la place à de nouveaux rêves. Pour les trois Lausannois, le bilan est très positif. «Il n’y a pas d’âge pour rêver et se projeter dans l’avenir», précise Hugo, des souvenirs plein les yeux. «Une jeune femme en voyage en Suisse est restée cinq minutes devant le mur, avant de nous dire: “Je reviens dans un moment, je dois y réfléchir.” Après une courte balade, elle a pris une craie et a écrit: avant de mourir je veux… arrêter de m’en vouloir.»
Hugo, Camille et Raphaël ainsi qu’une quinzaine d’amis ont assuré une présence régulière. Ils ont eu de très bons contacts. «Nous n’avons pas la prétention d’avoir changé la vie des gens. Mais à l’instar de la jeune voyageuse, ce mur a certainement été utile». Leur but n’était pas de pousser les passants à s’interroger sur leur croyance, «même si cette dernière n’est jamais très loin, avec la question posée», précise Hugo.
La plupart des rêves concernaient des projets de voyage, le développement personnel et relationnel. «Les gens nourrissent des aspirations positives, bien intentionnées et souvent tournées vers l’autre. Bien sûr, il a fallu effacer quelques messages grossiers et haineux.»
En France, l’installation de la SNCF a en revanche suscité des critiques, sur fond de crise terroriste. Sur les réseaux sociaux, plusieurs ont jugé que celle-ci pouvait pousser certains au geste héroïque avant de se suicider. La SNCF y voit plutôt un encouragement à vivre, a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Hugo et ses amis aimeraient partager leur projet. Leur structure a été prévue pour être installée dans d’autres régions. Avis aux amateurs.
Christian Willi

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Christianisme Aujourd'hui

Article tiré du numéro Christianisme Aujourd’hui septembre 2016

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