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Les enseignants chrétiens entre foi et loi

© IStock
A l’heure de la rentrée des classes, instituteurs et professeurs de confession chrétienne témoignent de leurs défis au quotidien.
Marine Muller

«Je souhaite que ma foi imprègne mon travail»
Victor, bientôt la trentaine, aime son métier, et son enthousiasme se ressent chaque fois qu’il en parle. Il n’est pas du genre à grogner lorsque le réveil sonne le matin. Enseignant au degré secondaire, il apprécie tant l’aspect relationnel de cette profession que la joie de voir les élèves réaliser des progrès dans leur apprentissage.
Victor ne cache pas que vivre sa foi dans le monde de l’école n’est cependant pas facile tous les jours: «Vivre le décalage entre les valeurs chrétiennes et les valeurs de notre société apostate et anti-chrétienne, c’est un défi.» Même s’il n’a jamais connu de tensions sur la question religieuse, et même s’il n’a encore jamais dû enseigner des matières à contrecoeur, il a par contre la boule au ventre lorsqu’il apprend ce que ses élèves doivent «subir» parfois à l’école: «Ils sont régulièrement soumis à des idéologies que je ne cautionne aucunement, en lien par exemple avec les questions de l’homosexualité ou du genre.»
Dans un tel contexte, et de manière générale à l’école, le positionnement de l’enseignant chrétien n’est pas toujours évident. «Il faut veiller à ne pas tomber dans le piège d’une double vie», exprime-t-il. Autrement dit, laisser sa foi à la maison, histoire de ne pas choquer les élèves. «Ce ne serait pas honnête, ni pour soi, ni pour les autres, et encore moins envers Dieu. Il est préférable que la foi imprègne tout notre travail et que les valeurs de l’Evangile soient manifestées par lui.» Dans les faits, Victor profite par exemple des fêtes chrétiennes pour en rappeler le sens aux élèves. «Tant que ces fêtes sont au calendrier, je ne suis pas un hors-la-loi, mais simplement un historien qui rappelle des faits historiques.»
Sa foi se répercute aussi dans ses relations avec ses élèves: reconnaissant de trouver en Dieu «une source inépuisable d’amour», il a bien l’intention de transmettre cet amour aux élèves, «même quand, humainement, cela ne semble pas possible». Et avec l’aide de Dieu, Victor a bien l’intention d’être un modèle, que ses élèves et collègues connaissent sa foi ou non. «Je devrai rendre des comptes à Dieu seul, et lui me voit à tout moment.»

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